‹ Prédécesseurs et contemporains de ShakespeareChapitre 43 sur 89 · The Alchemist · texte numérisé non relu

The Alchemist

2. Aujourd'hui encore, un gentleman qui soulève le marteau d'une porte en Angleterre doit frapper plus fort qu'un domestique ou un fournisseur. C'est au bruit qu'ils font qu'on reconnaît les visiteurs de marque.

avaient déjà mis en scène et qui reparaissaient alors en Angleterre sous d'autres noms i.

Le poète comique n'oublie pas, dans sa revue des curiosités de Londres, les danseurs moresques qui, malgré les changements qu'on avait apportés à leurs jeux, faisaient encore les délices du peuple. Ils' ne représentaient plus, comme autrefois, les danses des Maures, mais ils reproduisaient à la ville tous les exercices qui étaient en usage dans les fêtes de campagne. Les vieux dramaturges regrettent souvent, avec une tristesse plaisante, la suppression d'un des personnages les plus gais de ces anciennes danses, du cheval de bois qui avait été longtemps le favori du peuple et dont la gloire s'était éclipsée. C'était simplement une tête de carton, attachée à une charpente en osier recouverte d'une housse, sous laquelle se glissait un acteur qui ne laissait pas voir ses pieds. Dans ce travestissement, dont nous avons conservé la tradition en France, sur la scène de l'opéra, le bouffon de la troupe exécutait des cavalcades burlesques qui excitaient infailliblement le rire.

En quittant les danseurs, Jonson rencontre sur sa route un membre de la redoutable confrérie des Enfants terribles^ jeunes gens bruyants, organisés en corporation et qui parcouraient les rues de Londres en cherchant querelle aux passants. Le poète esquisse rapidement son portrait et nous entraîne

, 1. Voir surtout le capitaine Bobadill dans Ëvei^ man out of his humour^ et Tucca dans le Poetaster, Ces deux personnages, très braves en paroles, battent en retraite dès qu'on les menace '/^ coups de bâton. ^

bientôt, avec lui, dans une des maisons du Strand, près de rExchange, où sont exposés les objets en laque, les vases et les plats de porcelaine que des marchands apportent de la Chine *. L'exposition est publique, comme dans les bazars de nos jours, et les femmes y viennent en foule, attirées par la curiosité. Plus tard, elles trouveront une complaisance commode chez les propriétaires des magasins chinois et y donneront des rendez- vous à leurs amants, si Ton en croit les moralistes du siècle de la reine Anne.

Jonson nous montre de loin, mais sans y entrer, Finfâme quartier des White-Friars , où se réunissaient les débiteurs frauduleux, les voleurs, les assassins et les prostituées qui se liguaient contre les agents de la loi. C'était la Cour des Miracles de Londres. Il existe encore, sur les bords de la Tamise, des repaires dangereux, où les passants courent le risque d'être assassinés en plein jour, et quelques-unes des maisons, à onze étages, qui bordent, à Edimbourg^ un des côtés de High-Street, servent de refuge à une populace immonde, cachée dans les passages souterrains par lesquels ces vieilles forteresses du moyen âge communiquent entre elles.

La comédie, qui doit tout connaître, jette un coup d'œil sur ces bas-fonds de la société anglaise. Mais elle s'en détourne bientôt avec dégoût. Elle aime mieux pénétrer dans les maisons de l'honnête bourgeoisie et nous en raconter fidèlement les usages. Nous entrons avec elle dans des chambres dont les

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