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Tant de soins, tant de maladies, tant de craintes pèsent sur les vieillards. La mort elle-même, ils l'appellent si souvent qu'il n'y a pas à cet âge de désir plus fréquent; les membres affaiblis, les sens engourdis, la vue, l'ouïe, la marche, tout est mort avant eux. Leurs dents ellesmêmes, ces instruments avec lesquels ils mangent, leur manquent. Et on croit que c'est là vivre I Oui, tout à l'heure il y en avait un ici ; il retourne chez lui, et il désire vivre plus longtemps. Il ne sent ni sa goutte ni sa paralysie; il feint de se croire plus jeune de quelques vingtaines d'années, il se fait illusion sur son âge; avec une menteuse confiance, il espère, comme Éson, prouvoir recouvrer sa jeunesse par des charmes, et il se nourrit de ses pensées, comme si la destinée était aussi facile à tromper que lui-même. Tout cela n'est que du vent.
(On frappe,)
Qui est là maintenant?... Un troisième aspirant.
MOSCA
Attention! remettez-vous 'sur votre couche. J'entends sa voix ; c'est Corvino, notre beau maYç\\;jAi^.
VOLPONE {s^étendant comme auparavant).
Je fais le mort.
MOSCA
Encore un petit coup, monsieur, à donner à vos yeux I
{Il les frotte de quelque onguent,) Qui est là?