‹ PrédestinéeChapitre 13 sur 18 · ROME · texte numérisé non relu

ROME

14 avril. — Je l'ai vue enfin cette grande Rome qui régnait autrefois sur tant d'esclaves et qui est aujourd'hui la reine de tant de cœurs généreux !... Et je ne sais que dire sur les émotions de joie, d'admiration, de ferveur et de foi qui

ont bouleversé mon âme pendant ces huit jours.

Rien ne peut exprimer la séduction que Rome exerce sur l'âme et sur l'intelligence, la magie de ses grands souvenirs, le charme de cette campagne déserte et sans bornes, semée de ruines, parsemée de pins solitaires, où la rêverie s'égare et a comme un pressentiment de l'infini. Mais, heureux encore une fois celui qui, au delà de la ville des ruines et des morts , salue la Ville éternelle, la Rome vivante et à jamais féconde qui nous ouvre la vie de l'éternité ! Oh ! comme ces grands temples du christianisme émeuvent le cœur à côté de ces débris des siècles écoulés ! Voilà tout ce qui reste de cette redoutable puissance, la plus grande qui ait été donnée aux hommes et qui, après avoir couvert la terre de sang et de corruption, est devenue maintenant comme le marchepied du tombeau d'un obscur pêcheur !

J'avais peur de rencontrer à Rome les abus dont on m'avait tant parlé : je n'y ai rien vu qui ne m'ait édifiée, qui ne m'ait remplie d'un sentiment profond de respect et de vénération, et, en voyant les attributs sacrés de l'Épouse de Jésus-Christ, je disais comme saint Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu !... »

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