‹ Préliminaires de la session de 1817;Chapitre 3 sur 5 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

Nous avons publié quelques observations sur les préliminaires de la session qui vient de s'ouvrir. Ce travail nous à conduit naturelle-, ment à nous occuper des actes qui la remplissent, sous le rapport de leur conformité avec le gouvernement qui s'établit parmi nous. Sa marche et ses progrès offrent à l'observateur l'intérêt que présente l'enfance dans ses développemens successifs, lorsque les espérances et les craintes attachées au' jeune âge tiennent l'esprit suspendu et. comme partagé

entre elles, lorsque l'œil , suivant les progrès que chaque jour porte avec lui, voit le tendre bourgeon percer son enveloppe, les fruits suc-, céder au feuillage, et "l'œuvre- de la nature s'accomplir en parcourant tous les degrés marqués par elle pour arriver à la maturité. Ainsi, en est- il parmi nous du gouvernement représentatif. Il ne fait que de naître. En lui tout est neuf, hommes el> choses (i). C'est pour la première fois qu il apparaît en France, depuis la fondation de la monarchie : c'est pour la troisième, depuis la charte , qu'il est mis en jeu

(1) Nous n'avons* pas l'honneur d'être du petit nombre de ces écrivains hâtifs qui, à l'aurore de chaque institution, à chaque mouvement du gouvernement, crient, depuis vingt-cinq ans, ou miracle et à l' immortalité! Cette clameur dure encore. Toute nouvelle institution a été saluée, dans son berceau, des mêmes salves d'admiration et pourvue des mêmes brevets d'éternité : c'est une maladie véritable , une épidémie sur la. populace de nos écrivains. Eh! messieurs, attendez! qui vous presse ? Le grand-juge est là qui s'avance, le Temps. . . • il soldera tous les comptes, et, seul, il prononcera en dernier ressort. . . . .

et à l'épreuve. On pourrait même dire que c'est pour la première , en prenant , comme la raison autorise à le faire, pour Tannée normale de son établissement véritable , celle qui a vu les élections réglées d'après un ordre vraiment constitutionnel j car, jusqu'ici, il n'avait encore été que conventionnel , sans dépendant en être moins obligatoire. Dans le début, il est donc bien essentiel d'observer et de faire connaître en quoi les actes des trois branches qui concourent à la formation deé lois se rapprochent ou s'éloignent des prindhpes du gouvernement représentatif, en quoi ils y sont conformes ou contraires. Car , dans le premier cas, on atira le gouvernement que Ton veut avoir; dans le second, on en aura un autre, maïs indéfinissable, composé de parties hétérogènes , semblables à ces statues célèbres qui., dépourvues d'adhérence dans leurs parties , restaient fragiles avec des pieds cPargile sous une tête d'or. Telle serait notre position, é'il ne' se trouvait pas une harmonie continue entre le principe et les actes de notre gouvernement : il s'apprête a agir : le vaisseau

va prendre la mer : suivons sa marche ; relevons soigneusement son estime, et assurons- 'nous que , dans une course toujours directe , malgré le vent et les écueils, il tend vers le port qu'il cherche, au lieu d'aborder dans celui qu'il ne doit pas chercher.

Le principe de presque tous les maux parmi les hommes est qu'en voulant faire , ou qu'en ayant l'air de faire une chose , ils en fbnt réellement une autre. L'erreur provient ou de l'ignorance ou de l'inobservation des principes de cette chose même.... Lorqu'on bâtit sans base , l'édifice écrouhf bientôt. Lorsque y agissant avec inattention, on bâtit. sans proportions, sans régularité, la frêle construction croule de même.

H faut donc, en tout, commencer par bien constater les principes , les faire ensuite servir de règle r et, pour ainsi dire, de patron à tous les actes qui en dérivent. Une confrontation continuelle entre eux est le plus sûr moyen de prévenir la dérive : il faut , comme le pilote ; prepdre hauteur à chaque instant ? pour bien connaître où Ton est et où Ton va.

Tel est le but de ce travail. Il n'en a pas, et n'en peut avoir d'autre.

La malicp du temps , celle qui se compose à la fois du venin que distille, pour tout esprit, la plume d'une classe d'écrivains uniquement occupés de personnalités et d'inculpations,, et de la doctrine de certains légistes, qui, au sein du gouvernement représentatif , ne craignent point de dire aux citoyens qu'il est dangereux de s'occuper de politique, qu'ils doivent en détourner leurs études et se métamorphoser en prédicateurs de je ne sais quelles fadaises ou fadeurs, qu'ils ont de plus la simplicité de leur indiquer ; cette malicç, disons - nous , nous force à rappeler nos droits, à nous occuper de ce travail (i).

En Angleterre y la mention de pareils droits couvrirait un homme de ridicule.... Quel an-

(i) Voyez les discours de M. de Vatimesnil , dans les affaires Rioust, Chevalier, Comte et Dtmoyer > voyez les invitations adressées par lui à ces derniers.

Voyez les complimens adressés par M. Biffé aux auteurs des Débats et de la Quotidienne r dans le cours

glais supporterait qu'on lui démontrât qu'il a

le droit de s'occuper des affaires de son pays !..:

,En France , c'est tout le contraire j on ne

même du procès en calomnie intenté contre eux et M. le marquis de Blosseville , par un condamné à mort.

Vbyez ce que Montesquieu dit des crimes, de lèse-' majesté , et de leur poursuite.

Il est bien à remarquer que les conclusions de MM. les gens du roi ont été repoussées plusieurs fois par le tribunal.

Où ces messieurs prétendent-ils nous conduire ?

Ce qui s'est passé dans ces affaires achève de démontrer l'urgente nécessité du jury en toute affaire où il entre de la politique. Si le jury n'existait pas dans le monde , il faudrait Vinventer.

M. le marquis de Blosseville serait-il le même qui , dans la session de i8i5,où il siégeait, prit occasion d'un service éminent rendu par M. Lafitte,pour le dénoncer? • Où la rage de la dénonciation pousse -t- elle les hommes ?

Depuis 1814, le démon de la dénonciation , de la calomnie, de l'espionnage , est déchaîné parmi ppus : ce* que l'on a vu dans ce genre de bassesses d'esprit et de V cœur est monstrueux , et , presque toujours , a été commis par des hommes dont ces turpitudes ne devaient point être le métier.

(7) cesse de disputer sur ce droit. Une partie de la nation ne peut encore s'accoutumer à l'idée qu'il lui appartient; beaucoup le repoussent comme si c'était un tort ou une injure dont ils seraient menacés, et il nous faut une réforme complète dans une grande partie de notre législation, dans une partie de nos habitudes et de nos idées, dans le langage de nos écrivains et de nos juges, pour retracer parmi nous la franchise du langage et de la* marche qui est dans les habitudes de tout Anglais...

Nous dirons donc que nous nous occuperons de cette matière , tant délicate qu'elle puisse être, i°. pour obéir aux invitations du gouvernement représentatif qui appelle tous les citoyens à exprimer leur opinion sur les objets d'intérêt public 5 a°. parce que, soutenant par des tributs k société dont nous faisons partie, nous avons le droit de savoir ce qui s'y passe (1). On a été chercher bien loin

(1) C'est d'après le même principe qu'il faut apprécier l'espèce de ridicule que certains écrivains cherchent à jeté? sur les personnes qui s'ooeupent des ii*

(8) l'origine de la liberté de la presse , elle est dans l'impôt : celui qui alimente la société, a le droit d'y regarder et de dire ce qu'il y voit

faires publiques : ils appellent cela faire de la politique. On parlait ainsi , dans les petites villes , il y a vingtcinq ans. Il faut voir toutes les niaiseries qu'ils entassent à l'envie les uns des autres. Ils croient avoir fait montre d'esprit, et se félicitent de la finesse de leurs plaisanteries , lorsqu'ils ont appelé les écrivains poutiques , les publicistes , conseillers d'état, conseillers x du public. Ces messieurs, d'ailleurs, grands ennemis de Napoléon , sont ici ses copistes ; car , de son temps, tout écrit , tout discours sur les affaires publiques , valait inévitablement un brevet de gobe-mouche enregistré au Moniteur* Ses continuateurs font de même; et ce qu'il y a de plus plaisant dans tout ceci, c'est que les auteurs de ces pauvretés sont presque toujours des journalistes , c'est-à-dire , des hommes dont la politique est le pain quotjdien , et qui ne s'aperçoivent pas de leur ingratitude à l'égard de ceux qui leur fournissent le texte de leurs gloses , et , avec eux , les soutiens de leur vie. Autant Vaudrait entendre les ouvriers se plaindre du fabricant d'étoffes. Il serait temps de s'entendre.

Dans le gouvernement d'un seul, absolu , arbitraire,

(9) Le^not de société dit tout : il n'assujettit les sociétaires qu'à l'observation des régies qu'ils ont faites et consenties pour leur plus grand avan-

et les trois ne font qu'un , faire de la politique est une absurdité , parce que c'est un danger en pure perte. Là , de quel droit ? à qui parler , et par qui se faire écouter?

Saint-Evremont a fait une assez bonne comédie sur cette manie. Le choix du personnage et du lieu de la scène sont parfaits j c'est un Anglais qui vient parler à Venise comme il faisait à Londres. Le contraste de Facteur et celui du lieu , des habitudes de l'un et de celles de l'autre , est très-propre à amener de fort belles scènes. *

Montesquieu a répandu le sel de plaisanteries fort vives sur les alarmes de gens qui ne dormaient pas à Paris, parce que quelques troupes ennemies voltigeaient sur. les Pyrénées , sous les ordres d'un prince dont le nom prêtait aussi à la plaisanterie. Il s'est moqué de même des personnes qui , du milieu des promenades publiques de Paris , prétendaient diriger des armées à deux cents lieues d'elles.

Tout cela est fort ridicule en soi-même , et , dans tous les cas, la plaisanterie trouve une application fort légitime; car d'un coté , on a peur de ce qui n'a rien

(io)

tage réciproque. Voilà tout le secret des^o-

ciétés....

. Mais, comme dans toute société, à côté d'ua

d'effrayant , et , de l'autre , on se mêle de ce dont on n'est pas chargé, et de ce qui ne peut pas être l'objet d'une influence directe.

Mais, dans le gouvernement représentatif, c'est toute autre chose: S'occuper d'affaires publiques, de poli* tique, c'est s'occuper île. ses propres affaires, de sa chose propre ; c'est répondre à l'appel du gouvernement , conformer ses droits à sa nature ; c'est chercher à user d'une influence créée par la loi même , et dont l'effet tôt ou tard est inévitable. Voilà ce qu'il faut sa* voir bien distinguer, et qui sûrement n'a rien de ridicule. S'il y a à se plaindre des écrivains politiques, c'est qu'il y en ait si peu , et de si mauvais.

Les mêmes écrivains s'évertuent aussi à dire : MM.

N sont infatigables. Que veulent-ils dire ?

Est-ce de la fatigue du public ou de celle de l'auteur dont ils entendent parler ? Qu'importe que l'auteur soit ou ne soit pas fatigué, si le public ne l'est pas ? Qu'il ne soit pas fatigant , cela suffit , le public ne lui demande pas autre chose ; et dès qu'il le deviendra , il saura bien l'en avertir. D'ailleurs , malheur à l'écri- ■yain qui n'est pas le premier dans le secret de sa propre

( u ) droit se trouve toujours un devoir , c'est d'à* près celui-ci que» doit être réglé l'exercice de celui-là.

Critiquer en vue de dépréciations , ne peut appartenir à personne ; examiner en vue d'intérêt commun, appartient à tous, et c'est de la part qui nous revient dans ce droit, que nous usons ici;... Mais , .pour cela , liberté , vérité , impartialité sur toutes choses , décence et mesure dans l'expression , fuite ou plutôt horreur de toute personnalité , abandon à Dieu

fatigue ! c'est alors qu'il court risque de devenir fatigant.

An reste, ces choses-là ne s'apprennent point chez es journalistes , mais chez les libraires.

Nous invitons l'auteur d'un article du Journal de Paris , à la date du i4 septembre dernier, à méditer ces réflexions. On a voulu nous persuader qu'il appartenait à un magistrat de Paris , connu par des succès littéraires, dont cet article ne serait ni la preuve ni la suite. Nous n'avons pu nous décider à croire qu'un magistrat de Paris aille se cacher dans le Journal de Paris* ..

seul du jugement sur le for intérieur , interdiction de tout regard sur les intentions, persuasion entière qu'il n'en existe pas une seule qui n'ait le plus grand bien pouf çbjet, telle serti notre règle, et ce n'est pas d'aujourd'hui que nous nous la sommes imposée (i)..« U faut bien être ennemi de soi-même pour en suivre une autre. Car enfin , quel est le but dès sociétés, en adoptant des institutions?

D'affermir ou de renverser. Quel est-il encore en se donnant des chefs? D'avoir des guides ou des caricatures. Si les institutions et ceux qui, en différens grades, sont chargés de leur maintien, pouvaient être considérés comme des sujets d'attaque ou de dérision publiques, il serait plus raisonnable de commencer par s'en passer.... On ne conçoit pas comment, au milieu d'un peuple nombreux, vif et eri^ joifè,un gouvernement tour-à-tour assailli ou

— — — ^>— — ■ Il I I I I ■■! Il — — — — ■— — — — — fc— — — — ■

(i)Nous n'insistons sur cela que parce qu'aujourd'hui on est forcé , pour sa sûreté*, de se préparer à écrire, comme les marins y pour la leur , 'se préparent à combattre en se bastingant. .

( *3 ) baffoué , pourrait se soutenir j on en a vu deux grands exemples ed France. Jamais la presse et l'opinion ne furent plus libres que pendant l'assemblée constituante et sous le directoire. Â ces deux époques , tout fut accusations ou caricatures, bouffonneries ou fureurs... Voyez aussi quel désordre en résulta . , et ce que tous les deux devinrent.... Alors , le désordre était tellement dans là disposition générale , que les meilleurs esprits ne purent se défendre tout-à-fait de ses atteintes.... Le sage Malletdu-Pan, l'ingénieux Rivarol (i) , se servaient souvent d'armes trop pesantes ou trop perçantes pour notre temps, et quel qu'ait été, dans deux genres fort opposés, le mérite d'ailleurs, trèsgrand de ces deux écrivains , leur talent pour

(0 /Voyez le Journal 4e Genève, par Malle t-du-Pan, et le Journal politique national, par Rivarol , ouvrage trop tôt arrêté par Fauteur lui-même ; étincelant d'esprit, quoique l'auteur en'ait fait abus quelquefois; rempli de plaisanteries excellentes, et de vues très-profondes «ur la nature de la souveraineté, et la division des Chambres. Cet ouvrage laisse trè*?loin de lui tout ce qui, en France , a été écrit pendant la révolution.

être de mise dans l'ordre actuel devrait se prêter à de grands ménagemens et ïnême à de fortes soustractions , et le dernier surtout ne pourrait plus être reçu à consumer tout vivans, dans Feau forte de ses plaisanteries, Ceux sur lesquels ses mains déchirantes la répandaient si largement. Parmi nous, il faut désormais une autre méthode. Ce ne sont plus des combats, des provocations , des bouffonneries qui conviennent sous aucun rapport à notre nouvel état. Au contraire-, il appelle , d'un côté, la raison, la décence, la gravité', la* justice, pour, ce qui est bon, de quelque part qu'il vienne; l'éloignemeiit pour tout ce qui est nuisible , par quelque mains qu'il soif présenté.. Que tout ce qui a été grand' soit reconnu et reste tel: que ce qui a été petir, garde aussi ses proportions ^ que Fon n'exclut 1 j>as le mélange iJé l'un avec l'autre, car souvent il est fait des mains même de la, nature j mais aussi que, d'un autre cote, on ne prenne pas facilement des ombrages: f qu'on ne s'irrite pas de regrets légitimes chez; qui perd on descend beaucoup; qu'on rfimpôse pa$ aux homtaes lu

loi de l'oubli ou du mépris pctar ce qui a dû les frapper vivement et long - temps ; qu'on ne commande pas à l'histoire d'arracher tous les feuillets dont on n'est pas soi-même le sujet; car quelle est la puissance en état de détruire une seule feuille de l'histoire , et qui, dans ses efforts pour y parvenir, ne s'exposât pas à lui en fournir une nouvelle ? Ce calme de l'esprit, qui est la preuve véritable de sa force, est la seule ; source de l'appréciation de la valeur réelle des choses, hors de laquelle il n'y a de sécurité ni de repos pour personne, et ce calme est aujourd'hui notre premier besoin et notre premier devoir.

De fréquens rapprochemens entre les institutions et les usages législatifs de l'Angleterre et de la France, se présenteront dans ce travail. Gela était inévitable : d'ailleurs il est curieux de voir comment, sur ces deux terres opposées , mais classiques de tant de manières pour le monde entier , les mêmes choses sont envisagées et manœuvrées, ainsi que d'examiner quel est le côté où l'on entend mieux la nature de son gouvernement , et où l'on

( rô)

serre de plus près ses principes. Une pareille recherche n'a rien d'oiseux; si quelqu'un objectait ce que l'on est trop souvent condamné à entendre , qu'autre est le gouvernement représentatif en Angleterre, et qu'autre il est en France , nous répondrons que nous ne connaissons pas plus deux gouvernemens représentatifs, que deux géomé tries, et qu'à moins qu'il n'y ait une géométrie anglaise et une géométrie française, il ne peut y avoir un gouvernement représentatif français et un gouvernement représentatif anglais. Autant vaudrait dire qu'il existe des gouvernemens représentatifs, à une branche, à deux, à quatre branches : cela serait tout aussi lumineux. Il faut le dire, dans presque tous les états, on se borne à produire des actes conformes ou contraires, tout comme on peut, aux principes du gouvernement que l'on dit avoir; on presse % on pousse , la machine marche ou ca- . hotte ; et lorsqu'elle est arrêtée , on la remet en mouvement £ force de bras, en écrasant qui de droit; on recommence ensuite cette savante manœuvre en se félicitant de ce glo-

(«7> rieux Succès , et dans ce cas on appelle cela gouverner. ...

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Retour périodique des Sessions législatives.

Qu'il y a loin entre un peuple qui n'est rassemblé que lorsque le gouvernement,auxabois, fait des signaux de détresse, et vient pour ainsi dire jeter son ancre de miséricorde dans les bras d'une nation négligée aux jours de^es prospérités, et celui qui, semblable à une famille bien unie, prend chaque année un cours régulier vers le lieu, où d'accord avec son chef, il va reconnaître son état , pourvoir à ses besoins , remédier à ses maux , préparer son avenir , et , dans le concert de leurs lumières et de leurs vœux, assurer le bonheur commun.

Douce image, pourquoi, depuis tant de siècles, n'as-tu été parmi nous qu'un rêve chargé d'horreurs, et n'es-tu devenue une réalité que depuis quelques printemps ! L'histoire des assemblées en France .est retracée tout entière

( i8 ) dais ce tableau (i). Les rois, gouvernant à part de la nation , tenant leur conseil dans leur cour, et n'en sortant, pour se rapprocher d'elle, que comme contraints (a) , arrivaient à ces assemblées atténués de force et de considération , comme on est toujours après des malheurs et avec des besoins. Leurs nécessités connues fournissaient à l'avance des sujets de spécula- < • ■ « ■ ■

(i) Moins les petits états de Tours, sous Louis XII.

(2) Ce fut une des causes principales de la perle des Stuart. Ils ne rassemblaient les parlement que par intervalles irréguliers , lorsque l'extrême nécessité les y forçait, et avec l'intention connue et avouée de s'en passer dès qu'ils le pourraient. Quelles peuvent être, à l'égard les uns des autres, les dispositions d'hommes qui se rapprochent sous de pareils auspices ? Si la destinée de cette maison des Stuart fut cruelle , ses fautes furent aussi bien opiniâtres et bien lourdes .... Sous trois générations et quatre règnes, il n'y eut pas moyen de lui' faire entendre raison un seul jour, Elle débute par ia« pédant sophiste, entiché des principes du droit divin sur son autorité ; elle continue par deux princes prodigues sans argent, heurtant à chaque instant l'esprit ou les intérêts de la nation; elle s'abîme sous un prince despote déclaré, et qui, n'ayant que la nation pour faire

( *9 ) 'lions aux factions; des hommes réunis au milieu des orages , ne pouvaient qu'ajouter aux tempêtes et à leur fracas; aussi toutes les assemblées en France furent-elles des époques d'agitations. Filles du désordre , elles ne pouvaient à leur tour que devenir les causes.de nouveaux désordres , et lorsqu'on cherchait à dissuader les rois d'y recourir , on aurait dû commencer par les dissuader de se livrer aux désordres qui faisaient ensuite invoquer le secours de ce dangereux remède. Quand on veut éviter les maladies , et se passer des médecins, il faut commencer par fuir l'intempérance.

Le long intervalle de temps qui séparait

valoir son despotisme , commença par s'établir en opposition directe avec ce qu'elle a le plus à cœur. N

Ainsi Charles second se tient en alliance , et presque sous la protection de Louis XIV.

Jacques II se déclare catholique , appelle le légat du pape , s'entoure de jésuites , exerce d'affreuses barbaries contre ses ennemis. Il périt, et fait périr sa maison avec lui. On se demande ensuite comment cela est arrivé , et comment les nations finissent par se fâcher, et songer à elles-mêmes.

ces assemblées Tune de l'autre, rendait leurs* résolutions illusoires : car à qui appartenaitil d'en poursuivre l'exécution ? cette même ditance rendait encore très-impropres à s'occuper des intérêts qu'ils avaient à régler, les membres qui les formaient : où auraient-ils appris l'administration d'un état dont on n'entendait point parler une fois par siècle. Ils arrivaient donc dans ces réunions comme des voyageurs dans une terre étrangère, sans connaissance du. passé, sans attache pour une chose passagère, et qui ne devait plus se remontrer. Quel intérêt peut exister entre le néant du patsé et le néant de l'avenir.

Mais combien les choses sont changées en noire faveur ! Ce ne sont plus les siècles qui séparent les unes des autres les générations de la grande famille , et qui les condamnent à s'ignorer mutuellement et toujours, ce n'est plus l'extrémité des besoins qui les rapproche, ce n'est plus le monarque a bout de voies, qui vient rabaisser sa dignité en dévoilant ses fautes et sa détresse, ce n'est plus un vain étalage de requêtes d'usage, destinées par un autre usager

À s'ensevelir dans le même abîme qui avait également englouti toutes celles q|ii les avaient précédées ; non, ce n'est plus sous ces auspices mèriaçans ou vains, terribles ou fan-t tastiques , que la France se. réunit aujourd'hui : mais elle entend , elle, suit la voix de la loi qui, à des époques certaines et rapprochées , rappelle toutes les branches qui forment la législation, pour reprendre entt e elles l'œuvre dont elles ont à «s'occuper. L'heure sonne et les trouve toutes à leur place ; le travail n'a été interrompu qu'autant de temps que l'exige la nature des choses : car , si celle de la puissance executive veut une action de tous lesânstans, celle de la puissance législative la borne à des occupations de peu de durée ; il faut faire des lois peu et rarement , mais il faut les faire exécuter chaque jour. Le retour rapproché , périodique et prévu des assemblées législatives, prévient Tes troubles : ce n'est point dans leur présence ou dans leur Voisinage que l'on machine, fet leurs réunions sont trop rapprochées pour qu'il arrive entre elles de ces événemens qui suscitent les grands

troubles ; il faut du temps pour les former.

Ce même rapprochement est encore très-propre à entretenir la suite si nécessaire dans les affaires; des hommes qui savent qu'ils doivent les reprendre dans six mois, cherchent à n'en point perdre la liaison ; ils n'ont pas le temps de s'en déshabituer ; s'ils se reposent, ils ne s'endorment point , ils oublient encore moins. Que l'on compare les degrés d'aptitude aux affaires qui devaient jadis«appartenir à des hommes surpris , pour ainsi dire , par elles , et celui qui ne peut manquer d'appartenir aujourd'hui à des hommes qui en ont l'habitude journalière, qui passant la moitié de l'année en séance, et l'autre moitié en attente de ces me* mes séances, ne lâchent jamais le fil qu'ils ont saisi une première fois, et qui rentrent sur leurs sièges, fortifiés par tous les genres d'accroissemens que portent avec elles les discussions continuelles et publiques qui forment le fond des moeurs modernes, et la lecture des écrits que ces mœurs et nos arts font éclore tous les jours.

Que pouvaient entendre et répondre la

(a3) la nation et ses représentans , lorsque Ton venait leur exposer des affairés dont le principe, les détails , la conduite étaient autant de choses nouvelles pour eux, lorsqu'on leur parlait d'objets dont eux ni leurs aïeux n'avaient jamais entendu dire un seul mot; quel intérêt pouvaient-ils prendre à des choses qui , une fois sorties de leurs mains , étaient destinées à n'y plus revenir ; mais, p^raii nous , c'est toute autre chose. De courtes séparation^ éloi* gnent les autorités les unes des autres» Un court silence interrompt leurs discussions :

aucun des faits qui ont rempli cet intervalle» n'a pu échapper à leur connaissance, ni s'échapper (}e leur mémoire \ la nation comme ses représentans se présente^ aux délibérations avec pleine connaissance de cause : là, il ne peut se trouver ni lacune > ni secret , ni ou* bli ; le prince , soit par lui,, soit par ses mi* nistres, fait connaître la situation présente , les causes qui l'ont amenée^ les besoins , les moyens, les maux et les remèdes. Tout est à découvert et un grand peuple reprend la conduite de ses affaires, comme deux amis re+

prendraient une conversation interrompue par une séparation de quelques instans. Admirable institution , apanage glorieux des modernes, tu manquas aux codes des anciens, nos maîtres sous tant d'autres rapports; tu fais notre honneur, tu veilles à notre sûreté; tu réalises ce que les utopies lés plus exaltées en faveur de l'humanité renferment de plus touchant, le spectacle d'un monarque environné de son peuple , pour se communiquer réciproquement leur lumière , et dans un épancheraient mutuel de confiance et de tendresse s'entendre entre eux sur tout ce qui importe à leur bonheur ! C'est par le spectacle de ce rapprochement et par toutes les idées qui s'y rattachent , que nous répondrons à ces détracteurs du temps présent , qui , toujours en habits de deuil , et puisant toutes leurs idées au pied des catafalques, ne cessent de nous importuner de leurs tristes rappels de temps qu'ils ne connaissent guère , et dont ils ne voudraient point pour leur compte. ~ Qu'ils disent ce qu'il y a de commun entre nos pacifiques et patriotiques réunions, et les

(ri.)

états de 16 1 4, dont la moitié se consuma à concilier les prétentions de quelques moines, et les états de Blois scellés du sang des Guises, et les états d'Orléans divisés entre les maisons de Lorraine et de Condé, et les états de Tours occupés à partager le pouyoir entre les oncles avides du jeune fils de Charles V. C'est en remontant ainsi dans le passé que nous apprendrons à connaître la valeur du. présent à à nous attacher à nos institutions, à ne pas les sacrifier à des images dont la réalité ferait reculer d'horreur. » •".-

Que l'oamesuf e si Koé jteut, par la pensée 3 tous les biens dont les gejJine&sont renfermés dans les institutions dont nous jouissons. EH e^ nous ont coûté cher, ileét 2 vrai ; "iroud les aurions eues sans frais, ou du moins à bien moindres frais, sans lte douille. vertige*" qui fît rejeter, par l'asseqnbléé constituante , l'institution dé Ja pairie.) ^Uquilui fit accepter la non réélection de ses membres. Mais ^ enfin, elles nous sont acquises eoA institutions; nous les avons ; avec eiles nous pouvons prétendre à tous les genres de bonheur ; .il y ra-'plttà >

nous pouvons , par notre exemple seul , -faire celui de tous les peuples : avec elles , nous répondrons à l'attente de l'Europe qui nous suit des yeux , pour se modeler sur nous , si nous savons remplir une destinée , dont ia décision est dans nos mains. N'en doutons p$s : l'Europe n'est point assea forte pouf résister aux deux tribunes de France et d'Angleterre , s'il n'en sort que de la vérité et dtt bonheur : car, s'il en sort des lois polir ces deux pays, il en sort de l'enseignement pour lé?

monde. Ce qui peut s'y opposer n'est pas en état de lutter à la fois contre les vœux secrets et bientôt éclatant des peuples et contre l'exemple du bonheur des autres peuples. Celui-ci est le plus grand séducteur qui existe sur là terre. Il a pour auxiliaires toutes les fibres dtt cœur humain. Il n'a fallu que la voix d'un illuminé, pour précipiter, pendant trois cents ans , tout l'Occident sur les tombeaux de l'Orient 5 il ne faut plus que la voix de là raison et l'exemple du bonheur , pour ramener l'Orient de l'Europe vers l'Occident de cette contrée ; le temps des conquêtes

C 2 7) militaires est passé , celui dés conquêtes ci* viles l'a remplacé ; les peuples sont plus que conquis , ils sont mêlés ensemble. La publicité des discussions , et la communication établie entre tous les peuples , sont les véhicules irrésistibles de ce mélange , et pendant que des soldats ou des mutins ne parlent que d'épées et de molestations contre les gouvernemens , pour nous, mieux avisés, écartons ces instrumens de dommage, appelons du redressement de tous les torts à la publicité > au bonheur que nous pourrons montrer : que tout soit connu et tout sera bientôt redressé, c'est dans l'ombre que se commet et se cache le mal : que l'on soit heureux , et l'on sera bientôt imité. On ne rend pas assez d'honneur à la puissance de la publicité : elle n'a pas d'égale sur la tettè. Quel est l'abus qttî pourrait résister à Une discttssitfh publique ? Qui oserait entreprendre d'aller publiquement contre une vérité démontrée et entrée profondément dans l'esprit d'une nation : autant vaudrait dire que l'Académie des sciences

pourrait se maintenu en opposition directe avec la géométrie.

Nous sommes donc arrivés à cette époque heureuse dans laquelle toutes nos affaires sont trai ées en public et sous nos yeux. Le successeur de soixante-six rois qui nous gouvernèrent du fond de leurs cabinets, sort de cette enceinte resserrée pour venir s'entretenir avec nous de tous les intérêts de la patrie (i): ce que le besoin arrachait à ses prédécesseurs, la loi le rend doux et facile pour lui , ce qu'il n'était donné de revoir que de siècle en siècle, se remontre d'année en année ,' ce qui fut si souvent Fa vant-coureur de l'orage, n'est plus qu'une garantie nouvelle du calme et de la

(i) Montesquieu ne pourrait pi vis dire:

« Les monarques de l'Asie ne font guère d'édits que pour exempter, chaque année, de tributs quelque province de leur empire j les manifestations de leur volonté sont des bienfaits : mais, en Europe, les ëdiu des princes affligent , même avant qu'on les ait vus, parce qu'ils parlent toujours de leurs besoins , et jamais des noires.

( 29 ) sécurité...., et puis que Fon dise que nous avons perdu le temps.

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Cérémonie religieuse.

Un religieux et honorable usage a toujours, en France, fait précéder les solennités politiques par les solennités religieuses. L'interruption date de l'Assemblée législative. Depuis, sans qu'elles fussent expressément rétablies, elles eurent lieu quelquefois, notamment au retour qui rendit la paix conclue après la bataille de Wagram. L'ancien ordre a repris vigueur, et l'on né peut que lui applaudir à cet égard. Si dans les prières qui n'ont que lui seul pour objet, l'homme ne peut faire parler que sa misère, sa faiblesse, et découvrir ainsi son néant, dans celles, au contraire, où la société tout entière s'adresse à l'auteur de toutes les sociétés, et remonte pour ainsi dire à sa source , la prière acquiert un caractère plus relevé, et change l'attitude du suppliant dans celle de l'entant qui s'adresse à lafUeur

4e son être ; tout, dans les temples, sert d'enseignement à l'homme, en lut retraçant les attributs de celui à l'image duquel il fut formé : il n'est pas une seule de leurs pierres qui ne crie pour ainsi dire contre chacune de ses passions. Il est donc très-bon de remettre sous les yeux des hommes ce qui est propre à épurer leur cœur, et aies fortifier contre leurs prions au moment où ils vont entrer dans la carrière la plus propre à les développer.' Fassç le ciel qu'elles soient restées toutes au pied du sanctuaire et à la porte des assemblées.

I/usage français J'emporte à cet égard sur l'usage anglais , qui n'admet poiqt de solennité religieuse préparatoire à l'ouverture du Parlement : oubli remarquable chez un peuple très-religieux, et qui, sur la simple invitation 4u gouvernement , s'assujettit, dans d'autres circonstances moins graves, à des observances plus rigides.

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Séance d'ouverture.

Ici encore, un usage français parait remporter sur ce qui a lieu en Angleterre. .

Parmi nous le roi trouve les membres des deux Chambres réunis dans la même enceinte, le seul avantage accordé à la Chambre des pairs y est d'être placée à la droite du trône.

Dans les anciens états généraux le clergé > au titre du premier ordre , occupait cette place , Tordre de la noblesse était placé à la gauche, et le tiers-état vis-à-vis le trône.

La division des pouvoirs résultant de 1'adop* tion du gouvernement représentatif/' a dû changer cet ordre de choses.

Les deux Chambres sont égales en juridiction, elles sont inégales en hiérarchie honorifique; une différence dans l'assignation des rangs à dû s'ensuivre.

Cette réunion des deux branches de la législature autour du trône offre un spectacle bien plus régulier que celui qui apparaît en Angleterre à la même époque; là, le Roi ne

trouve pas les communes réunies avec les pairs pour l'attendre, c'est de la Chambre des lords qu'il les fait citer , et c'est à la barre de cette Chambre qu'elles comparaissent.

La dissolution de la Chambre des communes n'emporte pas plus de formalités propres à rappeler la dignité et la puissance de la Chambre qui représente plus spécialement la Nation , et qui dispose de ses immenses tributs. Il suffit de l'apparition de l'huissier qui vient enlever la masse placée sur la chaire de l'orateur, et la Chambre n'existe plus

Ce défaut de préliminaires honorables a donné lieu quelquefois à des scènes peu dignes de la gravité d'une pareille assemblée ; on a vu l'entrée de la Chambre défendue contre le porteur du message de dissolution , jusqu'à ce que le bill qu$ l'on voulait prévenir par elle eût été adopté!...

La distance prodigieuse que l'usage a introduit et maintient entre l'état honorifique des deux Chambres anglaises date du temps où, dans toute l'Europe, les communes n'avaient point une existence légale ni bien re-

levée. Les barons avaient fait la grande charte pouf eux, et non point pour la nation; on aperçoit dans cet usage les traces des chaînes qui pesaient alors sur le fonds des nations , un peu plus , un peu moins. . .

Alors la nation politique n'était composée que des prêtres et des nobles; ils étaient tout, et le peuple rien. Le peuple , représenté de loin en loin par les échevins de quelques villes seulement , paraissait humblement à genoux , et dans la posture de supplians. Les affranchissemens , la richesse mobilière et scientifique dont le peuple est aujourd'hui si largement doté, ont changé tous les rapports. Le nouvel usage français représente bien mieux, que ne le fait l'usage anglais, la condition actuelle du peuple $ et nous ne «doutons pas que, si une réforme parlementaire a jamais lieu en Angleterre, cet usage n'éprouve 'des modifications calculées sur l'état actuel des communes /et sur les degrés d'importance qu'elles ont acquis dans FÊtat. Une faut point oublier qu'aux temps anciens, c'étaient les prêtres et les nobles qui fournissaient à la guerre et au

. ( 34 ) trésor , au lieu qu'aujourd'hui , ce sont le» communes qui fournissent à l'un et à l'autre.

Mais nous croyons apercevoir quelque supériorité sur deux autres points dans les usages anglais. En Angleterre > le roi se rend à la Chambre des Pairs > dans laquelle il fait appeler les Communes.

En France, les Pairs se rendent dans la Chambre des Communes.

De quel côté l'ordre hiérarchique , consacré par le gouvernement représentatif ,tst-il mieux observé ?

Pour la plénitude de son accomplissement , ne serait-il point plus régulier que 'les deux chambres se réunissent auprès du roi y sur sa citation , dans un local étranger à chacune des deux Chambres?

Dans un otfdre vraiment hiérarchique, n'estce pas aux degrés inférieurs à se rendre auprès des supérieurs?

En Angleterre, la réunion des deux Chambres s'exprime par un nom collectif , Parlement. Les lois qui émanent du consentement dçs trois branches de législature , s'appellent

( 35 ) actes du parlement. Ce moi parlement est l'ail-* tien nom français de nos assemblées nationa-* les , que les Anglais ont retenu ; et , depuis la conquête , le roi donne ou refuse son consentement aux bills par des formules françaises. En France , nous manquons d'un mol pour exprimer là réunion des Chambres > et désigner les actes qui en émanent. Nous sommes bornés à dire tes Chambres. Les Anglais disent aussi la Chambre haute et là Chambre basse ; mais comment' exprimetoùs-nous la réunion des deux. D'ailleurs , le motChambres corres-^ poùd-il à la dignité des fonctions qu'elles exercent , à celle de leur destination , et de plus à celle d'une aussi grande nation? Nous disons loi , ordonnance du roi, mais nous manquons de l'expression collective qui pourrait dé^ signet à la fois et la loi et la source d'oïl elle provient.

Nous croyons nous Rappeler qu'en i8i4> il fut jeté quelques mots sur l'adoption du moi de parlement. Cette proposition fut écartée par deux raisons : la première , parce que, d'ttit eùié y on craignait de rappeler les dernier

parlemens ; la seconde , parce que , de l'autre côté, on craignait, pour d'autres raisons, de rappeler les premiers.

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