‹ PrémicesChapitre 14 sur 32 · LE VIEUX SOLDAT · texte numérisé non relu

LE VIEUX SOLDAT

La guerre, on croit la connaître,

Cette sans-pitié, Quand depuis vingt ans peut-être

C'est votre métier.

je suivais la vagabonde

Presque sans répits Aux quatre coins de ce monde,

Pour notre pays.

De loin je l'aimais, je pense, Comme vous de près ;

Je souffrais pour cette France, Qu'alors j'ignorais.

La patrie a son visage

Pour tous différent, C'est une ville, un village

Moins encor souvent,

Un chêne, un sapin, un orme Au coin d'un hameau ;

Pour moi c'était l'uniforme Et puis le drapeau.

Mourir pour un peu de rouge

De blanc et de bleu, Pour une étoffe qui bouge

Sous le vent, c'est peu !

Pour un toit rouge qui penche

Sous un ciel d'azur Au bord d'une route blanche,

Périr est moins dur.

Quand on meurt pour une terre

Où tout vous est cher, En gardant une frontière,

Il fout être fier.

J'ai reçu, dans la bataille.

Ma balle en plein cœur.

Comme on reçoit la médaille Ou la croix d'honneur !

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