PREMIER SIÈCLE DE LACADÉMIE
nuelles aux affaires du royal service, de se charger de celles de la Société, ayant demandé cl insisté d'être excusé de celles-ci, ainsi que de la viceprésidence, et le comte de Cobenzl ayant trouvé en échange que ce n'était que pour le nom , et pour ajouter à Téclat , que le ministre plénipotentiaire pouvait être président, et que le décorum ne permettait pas qu'il se chargeât de tous les devoirs de la présidence, et qu'il tînt toutes les séances chez lui.
Dans cette disposition des choses , la société ne fut ni bien suivie ni bien soutenue, ni encouragée : après la mort du comte de Cobenzl, elle n'eut même pas d'endroit pour pouvoir s'assembler, les séances ne purent par conséquent point être fréquentes ; il ne se présenta que Irès-peu de personnes pour y être admises; les membres admis auparavant, et déjà déconcertes de ce qu'ils avaient aperçu du vivant du comte de Cobenzl, en perdant courage, commencèrent à regretter d'avoir fait partie de la société, et le public, qui avait d'abord goûté et applaudi à l'établissement, vil a regret l'état de décadence où il se trouvait pour ainsi dire dans les premiers momens de sa naissance. En effet, on aurait eu de la peine à engager les membres de la société à continuer, ou plutôt à reprendre ses assemblées, si le prince de Starhemberg n'avait point pris, peu après son avénementau ministère dans ces pays-ci, le parti de les tranquilliser sur leurs craintes, et de les encourager, en les faisant assurer par le secrétaire de la Société, de l'attention qu'il apporterait à cet établissement, ainsi que des soins qu'il se donnerait pour le relever, le porter à sa consistance et le perfectionner. Cette assurance encouragea les membres ; mais elle ne fut et ne put être que générale, attendu que ce ministre devait être mis à portée, avant tout, de connaître l'état des choses , et de discerner ce qui était convenable et praticable, pour les porter au point ou degré d'utilité qui avait déterminé Votre Majesté à seconder l'idée d'une société littéraire.
Pour en juger avec connaissance de cause, le ministre crut devoir commencer par charger Tabbé Needham, directeur actuel de la Société, de s'expliquer sur les voies et moyens de donner à cet établissement une forme qui pût le rendre utile. Celui-ci s'en acquitta au moyen du mémoire ci-joint sub litl. i4 ,sur lequel le prince de Starhemberg crut convenable de demander l'avis et le sentiment du comte de Neny. Cet avis se trouve dans l'écrit d'observations ci-joint sub lilt. B, et le ministre s'étant entretenu sur le contenu de l'un et l'autre, avec le secrétaire de la société , il chargea celuici de coucher par écrit des observations analogues au résultat de cet entretien, et ce dernier, pour remplir les ordres dont il était chargé à cet égard, forma l'écrit des remarques ci-joint sub litt. C.
Comme au moyen de ces pièces, la matière s'éclaircissait et se préparait
PAR M. A. QUETELET
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h recevoir une détermination, le prince de Starhemberg, qui, dès lors, vu réloignement qu'avait marqué le comte de Neny, d'ailleurs en effet chargé de plusieurs affaires importantes, indépendamment de celles qui sont inséparables de son étal de chef et président, avait jeté des vues sur le chancelier de Brabant, pour lui donner une influence direcle dans ce qui concerne la société, prit le parti de demander sur l'ensemble l'avis de celui-ci, qui y satisfit au moyen de l'écrit ci-joint sub litt. Z>.
Comme l'analyse de ces différentes pièces, que j'ai cru de mon devoir de porter à la connaissance de Votre Majesié, deviendrait longue et mènerait , à l'égard de plusieurs articles à la répétition, j'ose espérer que Votre Majesté daignera permettre que je prenne la liberté de m'y rapporter, et de me borner ici uniquement à ceux des articles de ces pièces qui peuvent, à l'heure qu'il est , demander une disposition.
Ils ont nommément pour objet :
i^ L'expédition des lettres- patentes pour établir en forme une société littéraire;
2" L'émanation d'un règlement pour cette Société;
5" Quelques faveurs à accorder à cet établissement, et
4» L'éUiblissement dans cette ville d'une bibliothèque publique.
Quant au premier point, qui est l'expédition des lettres-patentes, j'observerai que le chef et président est du sentiment que la chose, vu l'incertitude du succès de la société littéraire, serait encore prématurée. Je sens très-bien le motif qui dirige sur ce point le sentiment du comte de Neny, et sil n'y avait déjà pas eu un antécédent à l'expédition des lettres-patentes, que tous les avisans, à l'exception du chef et président, proposent, je serais aussi tenté de croire qu'il conviendrait de retarder cette formalité ou cet éclat, mais outre que l'essai a déjà été fait, et que ce que nous avons vu annonce qu'on aurait pu, si la chose avait été bien soutenue et suivie, compter sur le succès, il est à remarquer qu'on se trouve dans une position qui ne laisse point d intervalle entre la chute et la conservation de l'établissement, la première paraît inévitable et prochaine, si on ne la prévient point par des patentes en forme, les membres parmi lesquels il se trouve des sujets distingués se décourageant et n'y ayant point d'espoir d'augmenter le nombre , ni même de conserver ceux que l'on a , à moins que l'établissement ne soit rendu solide par un acte en forme. En échange, on parviendra à maintenir la chose, à la perfectionner et à la rendre utile, dès que son sort aura été confirmé par une marque publique de la protection de Votre Majesté : c'est à cette époque, et ce ne sera qu'alors, qu'on pourra espérer que des savans et des lettrés s'annonceront pour faire partie, ou pour concourir aux progrès d'un établissement qu'on ne connaît
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jusqu'ici que par des annonces réduites à Tessai, et qui, sans solidité ci sans consistance que des lettres-patentes seules peuvent procurer et assurer, ne sera jamais capable de fixer Taftention du monde littéraire.
On pourrait objecter peut-être que la dignité de Votre Majesté serait cornpromise si la société venait à crouler dans la suite; mais quand même ces lettres-patentes ne seraient pas expédiées, le public n'en est pas moins informé que la société, sur le pied qu'elle subsiste , a été établie par ordre et autorisation de Votre Majesté : c'est sur ce pied qu'elle a été annoncée par le feu comte de Cobenzl, et au moyen de ce qui en a été dit dans les feuilles publiques, elle est d'ailleurs connue cliez l'étranger, de manière que, si la considération de l'impression pouvait être regardée comme obstalive à l'expédition des patentes, on pourrait y opposer que l'impression existe déjà , et que, si la chose telle qu'elle est et a été entamée, croulait, elle ne ferait pas moins impression, n'étonnerait pas moins, et ne donnerait pas moins une opinion défavorable de l'état des choses dans ces pays-ci, relativement aux arts et aux sciences; au moyen de quoi il ne paraît pas que la considération dont il s'agit, w)it ou puisse être un argument décisif contre l'expédition des patentes, tandis qu'il parait assuré que des savans étrangers et même ceux qu'il peut y avoir dans le pays, éviteront de s'exposer à se faire admettre ou inscrire dans un corps qui, sans patentes, ne tient pour ainsi dire à rien; que ce n'est ainsi que pour autant que l'établissement sera solennisé par des patentes, qu'on pourra en espérer le soutien et le succès, et qu'en ne le soutenant pas par le seul moyen qui peut le soutenir etqui paraît seul pouvoir et devoir donner des espérances fondées, on s'expose, en perdant ce qu'on avait entamé, à étouffer le peu de goût qu'ont en général les gens de ces pays-ci pour les sciences et la littérature, goût que l'annonce de l'établissement avait déjà relevé d'une manière qui présentait une belle perspective, et qu'il convient de soutenir et d'encourager.
Telles étaient déjà, l'année dernière, les observations elle sentiment du ministre, comme on peut le voir d'une lettre que, de mon agrément, il a écrite au chancelier de cour et detal de Votre Majesté, le 3 août de ladite année, et dont les détails étaient liés avec le projet d'établir en cette ville une bibliothèque publique, et l'idée de confier au chancelier deBrabant les fonctions et devoirs de président de la société. Le ministre est du même sentiment encore, et les raisons sur lesquelles il se fonde me portent d'autant plus à être d'avis qu'il convient de décider, pour l'affirmative, la question s'il faut autoriser ou confirmer maintenant, par des lettres-patentes en forme, l'établissement de la société, que l'on voit que c'est le seul moyen de parvenir à quelque chose de bon et de solide; qu'en le faisant on a raison de se flatter de succès et de progrès^ et qu'en ne le faisant pas, l'édifice,
PAR H. A. QUETELET
entamé pour provoquer l'étude des sciences et belles-lettres, croulera et entraînera avec sa chute l'ensevelissement du penchant déjà trop borné, qui restait encore pour celte partie dans ces pays-ci.
Apaisé sur cette question, et ayant trouvé d'ailleurs dans la réponse du prince de Kaunitz, du i4 du même mois, des dispositions qui s'accordaient avec la façon de penser du ministre et la mienne à cet égard , il ne s'agissait plus que des projets des patentes et du règlement à émaner pour notre société; et comme la même réponse renfermait d'ailleurs une disposition générale en faveur des vues que le ministre lui avait développées, j'ai cru avec celui-ci que dans l'intention de charger le chancelier de Brabantde la présidence de l'établissement, le meilleur serait de confier à celui-ci la rédaction des projets dont il s'agit.
La même raison me détermina encore sur l'avis du ministre à faire tenir chez le chancelier l'assemblée qui devait y avoir le 16 d'octobre pour la distribution des prix, et à faire saisir cette occasion , pour donner au chancelier l'ordre de former les projets en question , avec l'autorisation de s'entendre sur le contenu comme sur la forme à y donner avec ceux des membres de l'assemblée qu il croirait les plus à même de fournir de bonnes idées sur la matière, et de donner enfin à l'assemblée dont les membres avaient besoin d'encouragement, l'espoir d'obtenir la stabilité qu'elle désirait depuis long-temps. Le chancelier qui s'y était préparé et qui en avait prévenu quelques membres, pour qu'ils s'y préparassent de même, tint en conséquence chez lui l'assemblée dont il s'agit, et, à la suite de laquelle, il adressa au ministre le rapport ci-joint sub lilt. E, et accompagné, outre le résultat de ce qui a été arrêté sur les points qui devaient faire naturellement le sujet delà délibération de l'assemblée :
i* D'un projetxie lettres-patentes , et
2» D'un projet de règlement à émaner à l'imitation de ce qui a été fait pour d'autres établissemens du même genre qui subsistent ailleurs.
C'est, d'après l'exemple des faveurs répandues sur d'autres académies ou sociétés de celte espèce, que le projet de lettres-patentes renferme, entre autres :
1*» Permission à la société de faire imprimer, sans la censure des conseillers fiscaux, les ouvrages qui auront concouru pour les prix, ainsi que les ouvrages des membres de la société qui auront été élus et approuvés par elle ;
2" Faculté de se choisir un imprimeur, et d'avoir un sceau particulier; on y a ajouté, à la vérité, la concession de quelques marques de noblesse personnelle en faveur des membres de la société. Ce point, de l'aveu du chancelier, n'est pas compris dans le cercle des eneouragemens que d'iju-
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très souverains ont accordes a ces sortes d*ctab]issemens; et il se peut que la chose ne soit pas absolument indispensable; mais je ne puis pas me dispenser d'observer aussi, qu'il est apparent que celte faveur fera un objet d'attrait pour une partie do sujets, et produira, par consëquent, un effet avantageux et conforme au but dont on s'occupe. Cette considération me parait agir essentiellement en faveur de la proposition que le chancelier fait à cet égard, d'ailleurs sur de bons motifs, ne pouvant au surplus que soumettre à la décision de Votre Majesté, dans le cas qu'elle ne trouvât pas convenable d'accorder cette faveur dès à présent, si elle ne jugerait pas à propos d annoncer au moins une disposition à Taccorder plus tard, si l'établissement prospère, comme on a lieu de s'en flatter. Ce qui peut au surplus déterminer Votre Majesté à suivre, sur ce point Tavis du chancelier, cest qu'outre que les avantages que la noblesse , sur le pied qu'il le propose, entraînera , se réduisent à peu de chose; il n'y a bonnement que deux voies d'encourager les sujets : l'une est l'utile et l'autre l'honoriGque. Il en est qui préféreront le dernier au premier, et qui auront même de la répugnance à se faire croire accessibles aux impressions de l'intérêt : or, du côté de l'utile, la somme que Votre Majesté a daigné assigner en faveur de l'établissement, et que les circonstances des royales finances ne permettent pas de proposer d'augmenter, n'est pas suffisante pour pouvoir répandre beaucoup de bienfaits ou d'encouragcmcns , et par conséquent pour pouvoir espérer d'attirer de bons sujets par la considération de l'utile; d'où il résulte qu'il convient, que ce qu'on ne peut pas présenter du côté de Futile, soit suppléé ou remplacé par quelque marque d'honneur qui puisse flatter et servir d'appât au moins à quelques sujets, attendu qu'il y en aura certainement d'autres qui, sans considérer l'utile, et, quant à Thonorifique, déjà au-dessus de la faveur, que contient ou qu'accorde le projet des lettres-patentes, ne chercheront d'avoir part à la Société que par le seul désir de contribuer au progrès des sciences ainsi que de la bonne littérature.
Quant au projet de règlement formé par le chancelier, de concert avec les principaux membres de la Société littéraire, il me parait bien fait, étant moulé sur les règlemens de plusieurs académies, et rentrant dans les arrangemens ou dispositions de ce qui avait été statué provisionnellement dans le principe de l'établissement, qu'il s'agit maintenant de rendre solide. 11 y est parlé, entre autres, d'une classe d'associés honoraires, dont le chancelier propose l'admission comme une chose qui ne pourra qu'être convenable et avantageuse, et ajouter au succès et à l'éclat de la société. Le chef et président n'est à la vérité pas de ce sentiment , et il désirerait qu'avant que d'en venir là, les progrès de la Société littéraire eussent pris consistance; cela est conséquent à l'avis, dont le chef et président a été, sur l'article des lettres-
PAR M. A. QUETELET
patentes; mais comme je suis d'opinion avec le ministre, qu'il convient d accorder celles-ci, cette opinion s'étend aussi sur l'admission de membres honoraires, d'autant plus que , comme le dit le chancelier, cela ne pourra qu'opérer des effets favorables pour l'établissement, qui ne sera pas parfait, si, en lui donnant consistance au moyen de lettres-patentes, on n'y ajoutait pas une classe de membres honoraires, à Tinstar de ce qui est établi dans la plupart d'autres académies ou sociétés du même genre. J'ajouterai même qu'il parait y avoir raison de présumer qu'une partie de personnes de la principale noblesse, pourra être portée et avoir même quelque empressement à se faire admettre dans la classe d'honoraires, et à contribuer par l'éclat de leur naissance comme par leur désir d'encourager les savans et lettrés, au succès des vues que l'on a dans toute cette affaire.
La Société portée à ce point de consistance produira non-seulement l'utilité et les avantages qui ont donné le jour à pareils établisscmens dans d'autres états; mais il en résultera un autre bien non moins intéressant, nommément à l'égard de rUniversité de Louvain, où l'étude de l'histoire et des belleslettres est entièrement négligée, pour ne pas dire tombée. Cette université, comblée de bienfaits et enrichie de fondations considérables et nombreuses, ne remplit point ce qu'on devrait attendre d'un corps si bien doté, et composé d'un grand nombre de personnes bien salariées, et dont l'unique occupation se réduit à l'instruction; et on ne voit qu'avec douleur qu'on y néglige tout ce qui excède la routine et les termes ordinaires des écoles. Ce n'est pas cependant qu'on ne se soit point occupé de cet objet : on a fait déjà successivement de bons changemens et de bonnes dispositions à l'égard de plusieurs parties; mais on ne peut pas tout faire ni trop embrasser à la fois, et il faudra du temps encore pour être informé à fond, de l'état des choses, pour pénétrer les causes du mal, pour découvrir les véritables remèdes à y employer, et pour substituer enfin, à la position actuelle de ce qui concerne l'université, un plan véritablement bon et solide. Cela demandera naturellement bien des mesures, des détails, par conséquent beaucoup de temps, et le ministre s'en occupera de concert avec le chef et président; mais dans Fentre-temps , il est toujours fâcheux de voir que les membres de l'université restent ainsi dans l'obscurité, et dans le cercle bien étroit encore de leurs devoirs ordinaires, et qu'ils n'aient au moins généralement pas assez de zèle pour faire plus, et pour s'acquérir quelque réputation. Dans ces circonstances et sans espoir d'apporter aussitôt qu'il serait désirable, un bon changement dans l'organisation, la forme et les études de Louvain, il ne peut qu'être avantageux d'exciter ses membres en rendant solide l'établissement de la Société , de les provoquer par là , pour ainsi dire, et d'établir une sorte de rivalité.
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Du reste, ce qui prouve le peu de penchant des membres de runîversilc h tout ce qui surpasse la mesure journalière de leurs devoirs, cl on peut dire de leur habitude, c'est que le docteur en médecine Van Rossum, homme profond d'ailleurs dans son art, et surtout pour la partie anatomique, après avoir marqué assez d'indifiFérence pour les affaires de la société dont il était membre, a, à la fin , pris le parti de ne plus se rendre aux assemblées, au moyen de quoi la société a perdu un membre qui eût été utile, s'il l'avait voulu, et sur qui elle ne compte plus et ne peut plus compter; les talens et les connaissances n'étant d'aucune ressource, lorsque le zèle et le désir de contribuer au bien de la chose ne les accompagnent point : zèle et désir qui doivent manquer à la plupart des membres de l'université, quoiqu'il y ait beaucoup de sujets fort intelligens, attendu qu'il n'y a que le seul professeur de chimie Vounck qui ait paru souhaiter d'être de la société, et qui y soit encore.
Je ne m'arrête point particulièrement à la faveur de l'exemption du port de lettres, que propose le chancelier, non plus qu'à la médaille à distribuer selon son avis, à chaque assemblée entre les membres qui y assisteront. Il est à présumer, sur le premier point, que le prince de la Tour v concourra avec facilité, et, en tout cas, il reste la ressource de faire adresser, sous l'enveloppe du secrétaire d'état et de guerre, tout ce qui sera destiné pour la société. Quant au second point, il dépend absolument de la volonté de Votre Majesté. Les vues qu'a le chancelier en le proposant paraissent bonnes, et ce serait même une sorte d'encouragement, surtout après que Ton ne défraie point, et que même on ne saurait bonnement entrer dans le détail de défrayer les membres non résidans qui se rendront en ville pour assister aux assemblées; mais je ne puis que soumettre à la décision de Votre Majesté, si elle daignera permettre que l'on pourvoie à cette dépense, qui d'ailleurs n'est pas considérable, hors des deniers du trésor royal, indépendamment de la somme de 2,400 florins qu'elle a déjà assignée en faveur de la société. Le chancelier parle aussi de l'encouragement efficace que l'on accorderait, en assurant des pensions aux membres qui se distingueront le plus par leurs talens et leur travail : j'entre parfaitement dans les vues qui le déterminent à faire cette ouverture, et il n'est pas douteux que ce moyen ne concourût parliculièrcment à l'émulation; mais outre l'clat des finances et la favcïir que Votre Majesté a déjà faite en assignant une somme annuelle de 2,400 florins, je n'oserais rien proposer à cet égard dans le moment présent, d'autant moins qu'au moyen de la somme dont je viens d'avoir parlé, on se trouve à même d'accorder au moins quelqu'encouragement à ceux qui se seront distingués par quelque bonne production, ou par quelque travail utile, et que, dans le cas où il
PAR M. A. QUETELET
s'agirait d'un sujet véritablement d'un génie transcendant, ou qui par des efforts particuliers aurait mérité une récompense fixe ou stable, il pourra toujours y avoir moyen de le consoler, ou par quelqu'emploi à sa portée, ou par quelque bénéfice, s'il est ecclésiastique, ou enfin, au besoin, par quelque pension; n'étant du reste aucunement d'avis de répandre parmi les membres de la Société des pensions imposées sur des évêchés ou abbayes. Cette ressource pourrait être bonne en faveur des membres ecclésiastiques, mais tous les sujets de la Société ne seront et ne pourront pas être de cet état, et il ne serait pas même convenable de les prendre tous ou d'en admettre trop de cette classe. Quoi quil en soit, ne croyant pas pouvoir adopter les vues développées par le chef cl président sur cet article, ni proposer, d'un autre côté, d'ajouter à la charge déjà imposée, du chef de la Société, sur le trésor royal , je me réserverai de faire à Votre Majesté, dans des cas particuliers ou extraordinaires, des propositions particulières, et il ne sera peut-être pas impossible de trouver ou d'indiquer des moyens d'encouragement ou des ressources indépendantes des pensions dont le chef et président fait mention, et non à charge aux royales finances.
11 me reste à parler de deux articles : l'un, le |)résident à donner à la Société, et l'autre, d'établir une bibliothèque publique.
Quant au premier, persistant dans les vues indiquées à cet égard par le ministre, dans son rapport au prince de Kaunitz, du 5 août de l'année dernière, je crois toujours que, n'étant pas possible que le chef et président, non plus que le trésorier-général, tous deux chargés d'affaires à la fois nombreuses et importantes, s'occupassent des détails des affaires de la Société, qui d'ailleurs confiées à eux seraient certainement dans les meilleures mains possibles. La personne la plus convenable pour la qualité de président serait le chancelier de Brabant qui, avec du goût pour cette partie, animé du désir de concourir au progrès de l'entreprise, déjà instruit de nos vues, et employé d'ailleurs dans celte affaire, regarde et regardera ce qu'on lui destine comme une occasion de se faire mérite , et attachera même un prix à la confiance qu'on lui marquera en remettant ces détails à ses soins. C'est dans ces dispositions que le chancelier a' répondu au ministre sur l'ouverture qu'il lui avait faite à cet égard. La considération que son emploi lui donne ne peut qu'ajouter à ce que je me promets d'ailleurs de son zèle et de son attachement pour le bien de la chose. Il fera avec plaisir la dépense que pourrait occasionner la tenue des assemblées, et la réception des membres, et la disposition que Ton ferait à son égard, disposition que le public a prévue par la commission qui lui a été donnée pour la tenue de la dernière assemblée qui, sur cette simple annonce, a été généralement applaudie, même par les ordres les plus relevés, serait agréable d'ailleurs
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PAR M. A. QUETELET
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aux membres de la Société, et il sera d'autant plus à portée de suivre l'objet •le près, qu'il est des temps où il pourra, avec moins d'inconvénient se dispenser d'assister aux délibérations du conseil, qu'il ne serait possible aux tliefs des corps du gouvernement de se détacher de leurs affaires, pour suivre celles de la Société.
Quant au projet de rendre la bibliothèque publique, l'exécution de ce projet me paraît si nécessaire et si essentiellement liée avec le bien de la société, que je ne puis que proposer à Votre Majesté d'y donner les mains sur le pied que le chancelier le propose.
Il serait désirable, sans doute, que l'on pût ajouter au fonds de la bibliothèque, que l'on trouve déjà dans les restes de l'ancienne bibliothèque de Bourgogne, échappés à l'incendie de l'an 1 731 . quelque somme annuelle destinée a l'enrichir successivement, le chef et président avait déterminé une gradation à suivre pour les fonds à assigner dans cette vue : le total en est fort modéré, et l'objet auquel ces fonds seraient destinés mérite une attention favorable; mais, sans oser proposer cette nouvelle déj.ense à Votre Majesté, je crois au moins pouvoir la supplier de m'autoriser à saisir les occasions où il y aurait à faire, pour la bibliothèque, des emplettes convenables quant a l'espèce d'ouvrages, et avantageuses quant au prix. Selon le rapport du ministre du 3 août, dont j'ai parlé plus haut, il s'agissait de destiner a l'acquisition de livres une iiartie de la somme de 2,400 florins lorsqu'on ne serait pas dans le cas de la répartir et absorber par des gratifications; et il y aura des cas ou des années où cela pourra avoir lieu encore, mais l'épargne qu'on a déjà faite sur cette somme qui se dépose annuellement chez le secrétaire de la société, ne pourra pas êti-e employée à cet objet, ayant eu une autre destination non moins nécessaire, et qui était même préalable à l'exécution de l'idée dont il s'agit.
En effet, le vase de la bibliothèque était très-beau, mais deux cheminées, énormes, des fenêtres prodigieuses par leur hauteur et leur largeur, et des pilastres de pierre multipliées et répandues de distance en distance, enlevaient le terrain ou l'espace, de manière qu'on avait à peine le tiers de la place pour l'arrangement des livres. Il fallait donc de nécessité augmenter le terrain, ou pour mieux dire, tirer parti de celui qu'on avait, pour pouvoir mieux placer les livres; démolir les cheminées, égaliser les murs, borner l'ouverture des fenêtres, faire lier les ouvrages de menuiserie; et tous ces ouvrages, qui sont sur le point d'être achevés, seront paves du fonds de l'épargne qu'on a faite déjà, et qui, quoiqu'on y ail pris liniport de la valeur des bons livres achetés à la vente de la bibliothèque du défunt ministre , suffira à cette dépense, comme on peut le voir de la note ci-jointe sub litt. f ; les ouvrages qu'on y a faits, étant au surjilus ménagés de
manière que, lorsque le bas de la bibliothèque sera rempli, on puisse par des galeries tirer également parti du haut du vase.
Du reste, quant à ee qui touche l'état de la bibliothèque royale, je ne puis que me rapporter à ce qu'en a dit le chef et président aux détails répandus dans le mémoire du secrétaire de la société ci -joint, sub G^ et à ce que le ministre en a touché dans son rapport au chancelier de cour et d'état : j'aurai Thonneur de porter successivement à la connaissance de Votre Majesté, la liste des ouvrages qui y étaient, avec Tiiidication de ceux dont on a fait Templette dans la mortuaire du comte de Cobenzl, et des suppléments à cette liste, à mesure que le zèle des particuliers aura concouru a enrichir* la bibliothèque, ou qu'on aura l'ait des acquisitions, soit au moyen des épargnes, qu'on pourrait faire sur la dite somme de 2,400 florins, et de la vente des livres inutiles, ou au moyen de ce que la générosité de Voire Majesté pourrait permettre qu'on y emploie au delà. Cet objet, véritablement digne d'encouragemens par lui-même, sera non seulement nécessaire et d'une utilité évidente pour la société et l'étude des sciences, mais il pourra être aussi, en bien des occasions, d'une grande utilité pour des affaires du service: ce sera une ressource pour les membres du gouvernement qui n'ont pas tous et ne sont pas à portée d'avoir une bibliothèque assez nourrie pour n'avoir pas besoin quelquefois, et surtout à l'égard de quelques classes d'affaires, de recourir à des secours étrangers, qu'ils se trouveront à l'avenir dans l'établissement qu'il s'agit de former et de rendre public.
Pareil établissement subsiste aussi dans la résidence impériale : il doit son exislencc à la générosité et libéralité des augustes aïeux de Votre Majesté, et à leur amour pour les sciences et l'avantage de ses sujets, et on voit des royales dépêches du 24 novembre 1723, 21 mars et 25 juillet 1725, et 4 janvier 1736, que les fonds royaux d'ici ont concouru pour une somme annuelle de 1,500 florins d'Allemagne, à l'entretien et à la conservation de cet établissement.
Quoi qu'il en soit, en attendant que la bibliothèque puisse être rendue ouverte, le ministre est parvenu à prendre, pour quelques places qui étaient en dessous du vase de la bibliothèque, et qui, d'après un titre qui n'était pas contestiible, appartenaient à un des sermens de la ville, un arrangement aussi utile que convenable. Ce serment les avait aliénées sans permission à l'ancien bibliothécaire Wouters, et l'on avait agi de ce chef à nullité de la vente et à confiscation de l'objet vendu : le procès était même déjà assez avancé, lorsqu'on apprit que le feu minisire lui-même avait verbalement autorisé et même encouragé cette aliénation, et comme d'ailleurs le procès, le serment ayant racheté au moment où on allait l'entamer, ee
qu'il avait vendu audit Woulers, et remis ainsi les choses dans leur ancien ëlal, devenait douteux, au point que le serment avait même annoncé des dispositions à se refuser à un accommodement, le ministre s occupa luimême des moyens de faire cesser le procès et d'acquérir des places dont la propriété, possédée par d'autres, mettait le dépôt de la bibliothèque hors de sûreté, et même dans un danger constant; et tandis que le prix de vente et de réquisition montait à 15;)0 florins de change, le ministre a réussi à engager le serment h se contenter d'une somme de 1,100 florins, pareille monnaie, dont on ne payera l'intérêt qu'à raison de 3 V« p. •/« argent courant, lequel pourra être pris sur la somme annuelle assignée pour la Société.
C'est sur cet objet que roule la note ci-jointe sub litt. II, où il est question aussi d'une autre maison contiguë,à acquérir également pour l'établissement dont il s'agit. On tâchera de porter le propriétaire à des conditions raisonnables, et de convenir, entre autres, de ne payer que les intérêts du prix d'achat, jusqu'à ce qu'on puisse, par la vente de quelque autre maison domaniale, ce qu'il ne sera pas difficile de trouver, en payer le capital; au moyen de quoi il ne résultera de ces arrangemens réellement nécessaires, aucune dépense considérable ni même réelle. Je dis réellement nécessaire, parce que, dans les dispositions où les choses sont, tout annonce que l'idée dont on s'occupe sera vue avec reconnaissance et encouragée, et que nous aurons dans peu une bibliothèque bien montée. En effet, le ministre n'avait fait que lâcher l'idée d'une bibliothèque publique, que nombre de particuliers sont venus faire l'hommage de plusieurs bons ouvrages dont la valeur peut, pour l'ensemble, aller à plus de 5,000 florins comme Votre Majesté pourra le reconnaître de la liste ci-jointe sub litt. /, et cela dans les temps où les vues que nous avions étaient à peine connues. La dépense qu'on a faite, et les autres arrangemens dont je viens d*avoir parlé , étaient et sont donc d'autant plus nécessaires, qu'il n'est pointa douter que les membres les plus di>tingués de la noblesse, voyant qu'on s'en occupe sérieusement, ne s'empressent à en faire autant; à quoi ils seront engagés d'ailleurs par l'exemple que le ministre se propose d'en donner lui-même , et que le désir de donner des marques de zèle pour un objet destiné à l'utilité publique, n'encourage d'autres particuliers à offrir aussi des ouvrages dignes de trouver place dans une bibliothèque, et peutêtre même à suivre l'exemple que nous avons vu dans l'Université de Louvain, qui doit en grande partie la richesse de sa bibliothèque aux legs de ceux qui ont cru ne pouvoir donner à leurs livres une destination ni meilleure ni plus utile à la postérité.
En attendant, ce que nous avons déjà remarqué sur les simples apparences de l'établissement d'une bibliothèque publique, fait un augure favo-
rable pour ce qu'il est question de faire, et relativement à cet objet, et relativement à la société même : cela prouve que le goût pour les sciences et les belles-lettres n'est pas tout-à-fait perdu dans ces pays -ci : qu'en annonçant des dispositions seulement à le nourrir, on s'empresse à les seconder, et que sans sacrifier beaucoup, on peut espérer de tirer cette partie essentielle, cultivée avec succès presque partout, de l'état de léthargie où elle était ici. Et, en effet, quoiquen général le cercle des vrais savans soit assez resserré dans ces provinces , il ne laisse point que d'y en avoir assez qui, faute d'occasions, d'encouragcmens et d'établissemcns convenables, et, dans la crainte de se commettre, en se présentant pour une société ou académie sans consistance et sans solidité, sont ignorés et vivent, pour ainsi dire, dans l'obscurité.
Du reste, il est de toute nécessité d'établir un bibliothécaire zélé et intelligent. Le sujet dont le chef et président parle, serait sans doute propre aux devoirs de cette place; mais comme on ne pourrait l'attirer ici qu'en lui procurant un dédommagement de ce que sa profession lui assure à Anvers, où il est connu, et qu'il fait aller à un objet de 17 à 1800 florins, ce qui serait une charge trop notable, je crois, avec le ministre, devoir proposer à Votre Majesté l'abbé Chevalier, l'un des membres de la Société littéraire et que le chancelier propose également comme le sujet le plus convenable. L'abbé Chevalier est en effet un sujet de mérite, connu dans la république des lettres, et qui a déjà un état, jouissant d'un canonicat du chapitre de Leuze, qui lui a été conféré par le duc d'Aremberg, qui le protège et le tient chez lui. Dans ces circonstances l'abbé Chevalier, d'ailleurs rempli d'ardeur et de bonnes dispositions, et qui, par zèle, a déjà travaillé à l'examen des livres de la bibliothèque et au catalogue qui e4i a été formé, est d'ailleurs d'autant plus convenable, pour la place qu'il s'agit de remplir, que, guidé par le seul désir de se faire un mérite, il Tacceptera avec plaisir pour une simple pension de 600 florins, que je prends la liberté de proposer à Votre Majesté d'assigner sur ces royales finances, pour qui ce ne sera même pas entièrement une charge nouvelle, attendu qu'on pourra faire cesser la pension ou gratification de cent écus accordés à l'oflicier du greffe du conseil des finances Jouen, pour les devoirs qu'il a remplis à la bibliothèque, depuis que le bibliothécaire Woulers s'est retiré.
Telles sont les propositions que je crois pouvoir faire à Votre Majesté, sur les objets de la présente très-humble relation. L'utilité publique et le bien des sciences et de la littérature les ont dictées , et si Votre Majesté daigne les agréer, ce sera un nouveau monument de la protection et des encouragemens que, pendant le cours de son glorieux règne, elle n'a cessé d'accorder pour lu prospérité des arts et des sciences.
ria e et Roy le Apostolique, en parfaite santé, Irès-Iongue et heureuse vie De Bruxelles, le 7 avril i 77:2.
Madame, De Votre Sacrée Majesté Impériale et Royale Apostolique,
Le très-humble et très-obéissant serviteur et très-fidèle beau-frère et cousin,
Charles de Lorraine.
Ce rapport est suivi des quatre pièces suivantes qui ont été imprimées dans l^n..«,rede 1841, et que Ton a cru inutile de réimprimer icH
A. Menlo^resur la Société littéraire de Bruxelles, par M. Needham.
B. Observations sur ce mémoire, par M. le comte de Neny •
C. ^«m«r^,es «ir ce mémoire et sur ces observations : Mémoire concernant la bibliothèque royale ou de Bourgogne et sur le projet de la rendre publique, par M. Gérard ; .
D. Observations sur les papiers précédents, par le conseiller de Crumpipen. — Rapport fait par le prince de Kaunitz.
Dépêche de l'impératrice Marie-Thérèse au prince Charles de Lorraine,
L'Impératrice douairière et Reine,
Monsieur mon très^her et très-aimé beau-frère et cousin, par une relation du 7 avril dernier, V. A. R. porte à ma connaissance Télat où se trouve réduite la Société littéraire établie depuis trois ans aux Pavs-Bas, et les moyens que vous jugez les plus propres pour donner à cet établissement la consistance et Taclivité convenables, à quel effet V. A. me propose :
i- D'enger la société en académie par des lettres-patentes en forme;
2° D'agréer le projet de règlement que vous me remettez pour la nouvelle académie ;
3» D'accorder à ses membres quelques faveurs par-dessus celles qui seront exprimées dans les le lires -patentes;
PAR M. A. QUETELET
4* De nommer président à Pacadémie le chancelier de mon conseil de Brnbant Crum pipen ;
Et 5" de rendre la bibliothèque dite de Bourgogne, publique et en même temps propre à l'usage et aux séances de l'académie.
Mon chancelier de cour et d'état in'ayant fait rapport de cette relation ainsi que de la correspondance dans laquelle le prince de Starhemberg est entré d'après vos ordres avec lui sur la matière, je veux bien vous dire par la présente, que j'ai vu avec bien de la satisfaction les soins et peines que le ministre plénipotentiaire s'est donnés pour vous mettre en état de me proposer les mesures les plus propres pour perfectionner cet établissement, et m'occupant toujours avec plaisir de tout ce qui peut contribuer à la culture des sciences utiles, j'ai résolu , pour seconder les vues de V. A. sur un objet aussi intéressant: i** d'ériger la Société littéraire actuelle en académie formelle, en lui faisant expédier à cet effet des lettres-patentes sous ma signature, et dans lesquelles je lui donnerai le titre d'académie impériale et royale des sciences et belles-lettres; je veux bien lui accorder les prérogatives que vous me proposez d'exprimer dans ces lettres, et nommément celle de la noblesse personnelle des académiciens; 2** j'ai chargé mon chancelier de cour et d'état de communiquer au ministre plénipotentiaire quelques remarques sur le projet de règlement que V. A. m'a remis, et me rapporte à ce que, de votre agrément, ces deux ministres concerteront ensemble à ce sujet; en attendant, je vous préviens que j'agrée l'établissement d'une classe de membres honoraires de la nouvelle académie ;5'' j'agrée en général les réflexions que V. A. me présente sur les faveurs et encouragemens qu'on a demandés pour les académiciens; mais au lieu de destiner une somme pour des médailles à distribuer entre ceux qui se trouveront présens aux assemblées, j ai résolu de porter la dotation de l'académie de 2400 florins à 3000, afin que mon gouvernement général soit d'autant plus à même de donner tous les ans quatre gratifications à autant d'académiciens et de faire face aux autres frais de l'Académie; 4** le ministre plénipotentiaire qui se trouvera aux Pays-Bas en sera toujours protecteur, et prendra les ordres de V. A. sur les objets qu'il ne croira pas pouvoir prendre sur lui de décider. Je nomme en même temps président le chancelier actuel de mon conseil en Brabant Cruropipen, sur le pied que V. A. me le propose; 5* j'approuve entièrement l'idée de rendre publique ma bibliothèque de Bruxelles, ainsi que tous les arrangemens que vous avez déjà pris et que vous comptez prendre encore pour adapter le bâtiment où elle se trouve tant à cet usage qu'aux assemblées des académiciens. J'ai vu aussi avec satisfaction que quelques abbés et particuliers se soient empressés d'enrichir la bibliothèque d'ouvrages intéressans et précieux, et j'autorise volon-
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