‹ Première amoureuseChapitre 17 sur 28 · DE M A G U E L O X X E 1 I · texte numérisé non relu

DE M A G U E L O X X E 1 I

cavales blanches filent à l'horizon comme des flèches d'argent. Pour un passant qui passe, des troupes de taureaux s'effarent. Dans les canaux encaissés qui traversent le marais, de lourds bateaux à dragues dorment, leurs roues à godets immobiles. Plus les chants, plus les cris, plus les joyeux appels de la Provence !

Il fait silence. Le sol vermineûx pullule de scorpions.

L'air charrie des nuées de moustiques et de moucherons.

Par le paysage d'or pâle volent des milliers d'oiseaux aquatiques ; et même parfois les flamants navigateurs, rangés en file, frôlent les plus hauts roseaux, déployant au soleil leurs

ailes flamboyantes, joyeux de cette Egypte retrouvée.

Auprès d'une hutte conique en joncs, wigwam de Huron trempant dans la boue, s'évase une mare où gît, sombrée, la carcasse d'un vieux bateau. Au bord de la mare, pieds nus, jupe rouge et jupe bleue, deux petites filles, l'une accroupie, l'autre à genoux, font de grands jeux dans l'eau. Leurs petits cheveux blonds leur courent gentiment sur la tête ; leurs petites jupes carrées et tombant droit des brassières à la moitié de leurs petites jambes brunies, reluisent au clair soleil qui s'amuse à jeter sur les plis de la vieille cotonnade des pointes de bel outre-

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