‹ Première amoureuseChapitre 19 sur 28 · DE L A N G R E S I 3 I · texte numérisé non relu

DE L A N G R E S I 3 I

à causer. — Langres est très tière d'avoir été brûlée par les Vandales en 407, et rebrû'éc par Attila en 45 1 . Tous les ans, un savant du lieu publie une petite brochure de cinquante pages qu'il tire à vingt-cinq exemplaires, sur les « Lingones y, ou le « tumulus » nouvellement trouvé à la côte d"Orbigny. — A ces petites brochures près, on naît, on mange, on médit et on meurt à Langres à peu près comme dans toutes les villes de province.

Or, en cette petite ville habitait un singulier petit homme, singulièrement vêtu :

chapeau rond à larges bords, carrik gris à trois collets,

L ORGAXISTK

culotte courte et bas noirs, souliers à boucles de jargon, et breloques au gilet.

Ce que la ville de Langres savait el disait de l'Homme au carrili.

L'Homme au carrik était arrivé à Langres quelques jours après la mort de M. Lebeau, l'organiste de la cathédrale, celui qui toucha l'orgue au mariage de mademoiselle Pinel, la demoiselle aux trois cent mille francs de dot.

La place de M. Lebeau avait été promise à M. Du-

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jeune, le maitre de piano des demoiselles Delchez, dont l'oncle était président du tribunal.

L'Homme au carrik en arrivant alla à l'évêché. — On parla beaucoup d'une lettre qu'il remit à l'évêque.

Autour du 15 mars, ce fut une chose officielle que M. Dujeune était «.sacrifié », et que l'Homme au carrik lui avait pris sa place. — M. Mettret qui était au Conseil municipal, en exprimait tout haut son opinion chez madame Delchez, profitant de l'occasion pour dire : C'est encore Paris qui nous vaut ça ! — et parler dix minutes contre la centralisation.

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Au dimanche de Pâques, l'Homme au carrik toucha l'orgue pour la première fois.

Madame Maréchal, qui avait pris à Paris quinze leçons de Quidant, à vingt francs le cachet, dit « qu'il jouait des choses qui n'en finissaient plus, et qu'il faisait de la musique qui donnait envie de pleurer. » — M. Delbneck, qui était président de la Société philharmonique et qui était chargé des comptes rendus musicaux dans le Veilleur de Langres , écrivit dans cette feuille « que le nouvel organiste manquait entièrement de brio », un mot tout neuf à Langres, et qui y fit fortune.

L'évêque ayant recommandé

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