‹ Première amoureuseChapitre 5 sur 28 · | 2 PREMIER V · texte numérisé non relu

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honteuses de sa vie vagabonde et maudite ! vers lesquelles elles se retourne aux heures du recueillement et de la pensée régénérée, et qui sont la religion de son esprit sans foi ni respect ! — Alphonse est tout cela pour moi. Il est à part de ma vie, de mes froids raisonnements, de mes implacables dédains pour tout ce qui tient aux amours et aux amants. — Ceci posé, revenons à vous.

Je vous porte, chère enfant, un intérêt sympathique ; je voudrais vous le prouver d'une victorieuse façon. Mais l'impuissance CSt là.

Devant la passion, l'esprit le plus clairvoyant n'a aucun

AMOCREUS E

succès. Je ne veux pas ergoter avec vous comme un pédagogue et chercher à vous extirper la folie amoureuse qui envahit aujourd'hui tout votre être ; je n'y réussirais pas, je le sais d'avance ; à quoi bon alors ? Seul, le temps guérit d'aimer. Mais il nous est donné de souffrir, de souffrir longtemps avant de guérir. Les illusions tombent une à une, et si lentement qu'on est bien vieille quand le cœur en est vide. C'est un débarras qui ne se fait pas tout d'un coup. Mais le mieux, croyez-moi, se fait tous les jours. Tous les jours, sans que vous vous en doutiez, vous venez à moi.

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