Conditions de fond de l'adoption
i** Dans le dernier état du droit, l'adoptant doit avoir la puberté pleine c'est-à-dire dix-huit ans de plus que l'adopté. — Celte exigence avait-elle toujours existé? 11 est permis d'en douter : Fontéius était plus jeune que Glodius adopté par lui, et Gicéron, qui crilique violemment cette adoption, ne va pas jusqu'à la déclarer nettement illégale. La question était encore controversée^ au temps de Gaius^.
296. — 2"^ L'adoption est interdite aux eunuques parce que l'adoption imite la nature; mais elle n'est pas interdite aux personnes atteintes d'impuissance [spadones) *.
297. — 3** L'adoption, au sens général du mot, (V. infrà, n. 299) est aussi interdite aux femmes, puisque les femmes ne peuvent exercer la puissance paternelle. — Nous avons cependant un rescrit de Dioclétien et Maximien de 291 qui permet Vadoption à une mère qui avait perdu ses enfants; il ne peut s'agir là que d'une adoption restreinte aux seuls effets possibles au profit d'une femme \
1 Cicéron, Pro domo, 13.
2 CicéroQ, Zoc. d^;Gaiu8, 1. 106; Inst.,d0 adopt, 6.
3 Girard, Manuel, p. 170.
4 Gode L. 5, de adopU Inst., de adopU, 14.
298. — Nous aurons, en étudiant l'adoption des personnes sut jtiris (adrogation), à signaler quelques restrictions de plus (V. infrà, n. 302).
299. — Adoption et adrogation : Adoption est le terme général; mais on distingue en cette matière, Vadrogation qui est l'adoption d'une personne ^wî/wm (chef de famille) par un autre chef de famille; — et V adoption proprement dite qui s'applique à une personne déjà placée sous l'autorité d'un paterfamilias (personne alieni jurisY .
§ II. — L'adrogation.
300. — Importance de Tadrogation : L'adrogation présentait une gravité particulière parce qu'elle faisait disparaître une famille en la personne de l'adrogé et, par conséquent, éteignait un culte domestique*.