DATES DU DÉPART DE BLOIS ET DE L'ARRIVÉE DU CONVOI A CHÉCY
L'affirmation formelle du Journal du siège, que Jeanne arriva à Chécy le jeudi 28 avril, qu'elle |y passa la nuit du 28 au 29, et qu'elle entra dans Orléans le vendredi 29 à huit heures du soir, paraît fixer d'une manière incontestable au mercredi 27 la date de son départ de Blois, que plusieurs historiens, sur la foi du chroniqueur allemand, Eberhard de Windecken, voudraient retarder au jeudi 28.
Les dates des 28 et 59, précisées par le Journal du siège, ne peuvent être mises en doute. L'arrivée de la Pucelle, que, du haut de leurs murs, les Orléanais pouvaient facilement apercevoir, était pour eux un événement de si haute importance, qu'ils n'ont pu se tromper de jour, dans le récit qu'ils nous ont transmis de son trajet d'Olivet à Chécy, et de Chécy à Orléans.
Il semble donc acquis que Jeanne arriva à Chécy le jeudi 28 au soir..- Or, la distance de Blois à Chécy est de 17 lieues (67 kilomètres). Quelle qu'ait été, à cette époque, la célérité de certaines marches militaires.
il paraît impossible d'admettre que ces 17 lieues aient pu être franchies dans la seule journée du 28, par un convoi de voitures et de bétail, dont la marche était ralentie par l'appareil religieux déployé à la traversée des villages et par le mauvais état des chemins, fort mal entretenus en ces temps de désordre administratif.
Un retard d'une durée quelconque eut lieu, de plus, devant Saint- Jean-le-Blanc, pour attendre le changement de vent, et faire remonter les bateaux à la voile.
Pour arriver le 28 au soir à Chécy, le convoi dut donc nécessairement partir de Blois le 27.
L'aumônier, Fr. Jean Pasquerel, qui faisait partie de l'expédition, déclare d'ailleurs d'une manière précise, dans sa déposition au procès de réhabilitation, qu'on coucha deux îî ui7s en route : Et jacuerunt illa die in campis, et etiam aliâ die srquenie, et lertiâ die applicuerunt propè villam Aurelianensem... (Quicherat, t. III.)
Le témoignage de Louis de Contes et le récit de Jean Chartier confirment impHcitement la déclaration de Jean Pasquerel.