‹ Première expédition de Jeanne d'ArcChapitre 17 sur 25 · SEMOY · texte numérisé non relu

SEMOY

L'indication mentionnée dans le Mystère du Siège d Orléans, qu'on passait, durant le blocus, par la petite commune de Semoy, pour communiquer d'Orléans avec Chécy, mérite d'être remarquée.

Ce détail secondaire et tout local, qui ne se retrouve dans aucun autre document contemporain, et qui ne pouvait être relevé que par un auteur très-familiarisé avec la topographie des environs d'Orléans, est en effet d'une parfaite exactitude.

Les larges vallées sises au midi de .Semoy, sur les confins des paroisses de Saint-.Marc et de Saini-Jean-de-Braye, étaient réellement,

comme ou peut s'eo rendre compte sur les cartes topographiques et sur le plan ci-annexé. le véritable et plus sûr chemin pour se tenir, autant que possible, en allant de Reuilly ou de Chécy à Orléans, à l'abri des bastilles anglaises de Fleury et de Saint-Loup.

Dans le poème du Mystère du Siège d'Orléans, fidèle écho de l'histoire, Jeanne rejette dédaigneusement cette timide précaution, qu'elle trouve indigne de son courage. Aussi quand le Bâtard lui dit :

... Anglois ont une bastille Sur nostre chemin, sans mentir, A Saint-Loup, auprès de la ville; Mes nous yrons autre cousté.

De doubte avoir encombrement ; Que s'i savoyent de vérité, Nostre venue aucunement Nous donroyent empeschement....

Jeanne lui répond, avec une rude énergie :

Ne vous en cliaille nullement; Passons hardiment devant eux...

(Vers 11672, page 456.)

« Adonc partiront [pour Orléans], ajoute le poète, et viennent le chemin tout droit... et passeront par devant Saint-Loup, où seront les Anglois en leur bastille, desquels nul d'eulx ne sauldra... »

L'énonciation de ces petits détails locaux, dans le Mystère dxt, Siège d'Orléam, tend à confirmer l'opinion des savants critiques, qui reconnaissent, en ce drame du xv siècle, une œuvre contemporaine et orléanaise, ayant, à ce titre, pour l'histoire d'Orléans à cette époque, un double et précieux intérêt.

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