CHÉCY
Chécy, aujourd'hui simple chef-lieu de canton, était un centre de population fort important au moyen âge.
Il fut nommément assigné en douaire, par Philippe-Auguste, à la reine Ingelburge, et à Marguerite de Provence par saint Louis.
Le cartulaire de Philippe-Auguste nous a transmis les noms des nombreux seigneurs qui, au xii' siècle, possédaient, en cette commune, des fiefs relevant du Châtelet d'Orléans.
On remarque parmi eux : Hervé de Reuilly {Herveus de Ruello), Payen Bourdon [Paganus Bordon), Landry de la Cicogne [Landricus de Ciconia), etc. {Manuscrits de R. Hubeii, à la Bibliothèque d Orléans)
Aux xiii" et XI v« siècles, la haute justice s'exerçait à Chécy.
Dans un acte conservé aux archives du Loiret (fiefs mouvans du Châtelet d'Orléans), et scellé du scel de la prévôté, en date du 23 novembre 1389, on lit que « Guillaume Guerin, dit de Oeuvre, recognut « et confessa tenir, en fié et hommage, du Roy nostre seigneur à
« cause du Chastel d'Orliens sexante arpens de désert, poy plus,
« poy moins, assis en la paroisse de Chécy, au lieu appelé Brandalon, « où solait jadis être assise la Justice (Jieu d'exécution des criminels) « dudit lieu de Chécy »
Chécy posséda longtemps un Hôtel-Dieu, une léproserie et deux églises : l'église Saint-Germain, aujourd'hui détruite, élevée en mémoire d'un miracle opéré en ce lieu par saint Germain-d'Auxerre, lors de son passage à Orléans, vers l'an 435 (1), et la belle église de Saint- Pierre, que tout fait présumer avoir été construite sous les auspices de saint Louis.
Le saint roi avait en effet, à Chécy, un vignoble directement exploité par les officiers de sa maison, et dont les dépenses sont consignées dans les comptes du domaine; il y avait, de plus, un cellier, pour y recueillir et y conserver une partie de ses vins de l'Orléanais.