‹ Première formation d'une chaine de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Mexique (1683-1724) [microforme] (volume 2)Chapitre 101 sur 267 · SEE · texte numérisé non relu

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l'approuva comme tel; mais les Missionnaires, n'ayant pas trouvé cette élection de leur goust, luy ont suscité des mécontens. Dans son sixième article, il répond au quatrième de la lettre de M. de Lamothe. I1 n'ose pas tout à fait désavouer que le Détroit soit un bon pays, parce qu'il sait que le P. de Carheil et le P. Enjalran en ont eu de bons sentimens, mais il se rejette sur les Sauvages ; et cependant il paroist par toutes les paroles que toutes les nations ont dites à M. de Callières par la bouche de Jean le Blanc, autrement Otontagan, dans l’assemblée générale qui fut faite à Montréal en date du 6 d’Août 1701, qu’elles avoient pris la résolution d'y venir et de s'y establir. ï

Voici les propres termes de ce chef dans le troisième article des responses :

« Nous vous demandons à partir demain et que nous nous en retournions en bonne santé, parce qu’autrement nous ne pourrions aller au Détroit, comme vous le souhaitez et que nous en avons envie. »

Ce qui prouve qu’il n’y a que les mauvais discours qu’on a tenus aux Sauvages, lorsqu'ils ont esté arrivés à Missilimakinak qui les ont fait changer de pensée.

Ce Père poursuit salettre en disant que M. de Lamothe appuie sur la volonté du Roi, qu'il dit que le Roi veut cet establissement, qu'il n’a en vue que son service, mais sur ces mots, ce Père fier et hardi luv respond en maistre et le traite en inférieur.

« Nous sçavons, dit-il, quelle est la véritable pensée du Roi, c’est-àdire, en bon françois, que M. de Lamothe ne la sçait point, ni Monsieur le Gouverneur Général, non plus, qui lui a ordonné, dans ses instructions, d'inviter toutes les nations de venir s’establir au Détroit, dont voici la copie :

« Le sieur de Lamothe enverra avertir toutes nations d’'En Haut, nos alliées, de l’establissement, que nous avons fait faire au Détroit, pour les inviter à y venir chercher des marchandises qu’ils trouveront à un prix raisonnable, aussi bien qu’à s’y habituer, leur faisant entendre que la vue de cet establissement n’est que pour leur procurer leurs commodités et l'abondance pour leur subsistance, tant par le moyen de la chasse que par la fertilité de cette terre, beaucoup plus fructueuse que celle qu’ils occupent. »

Ce Père poursuit en disant qu'ils ne s'opposent point à rien de ce que le Roy veut, que quand on ne servira que luy, il n’y aura point de dispute.

Ce terme insulte celui qui les commande, voulant dire que, s'il y a des discussions entre eux et M. de Lamothe, ‘c'est parce qu'il ne sert pas le Roy. Ils s’establissent ses juges et le condamnent pendant

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que son Gouverneur général luy fait l'honneur d'approuver sa conduite par toutes les lettres qu'il luy a escrites, et les conférences qu'il a eues avec luy.

Enfin, il se plaint que M. de Lamothe, après avoir frappé tous les coups qu'il a pu contre eux, leur fait de belles promesses, surtout après avoir envoyé ses lettres et ses accusations à Montréal, comme s'il a pu se dispenser de rendre compte à Monsieur le Gouverneur général de ce qui se passe dans son poste, et de luyenvoyer une copie des paroles des Sauvages.

S'il en usoit autrement, il pourroit en estre réprimandé, mais il ne les a pas servis à plats couverts, puisqu'il leur en donne avis par sa lettre du 2 May.

C'est une supposition réprimandable qu'il ait envoyé des accusateurs contre eux à Montréal. Il s’en rapporte sur cela à MM. de Callières, de Champigny et de Vaudreuil.

Enfin, il finit cette lettre en disant qu’ils ont mis leurs ressentimens aux pieds du Crucifix ; cela peut estre vray, mais comme sans doute ils y vont souvent, ils sçavent les y retrouver dans leurs besoins, et il y a apparence qu’il y est allé reprendre l’apostille de cette mesime lettre.

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