CADILLAC LEUR DONNE DES TERRES AU DÉTROIT
Paroles des envoyés des Hurons.
3 Octobre 1701.
Alleyooué et Quarante-Sols. — Ce que les Outaouas vous ont dit, nostre Père, est bien vray : le Père de Carheil nous a dit la mesme chose; mais nous sçavions le contraire, parce qu'Onontio nous a dit à Montréal de venir cabaner auprès de vous; cependant ce mauvais discours a divisé tout le village.
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Le Père de Carheil nous a invités à aller faire nostre feu aux Miamis ; il ne nous a point donné de repos que nous luy ayons promis de le faire et de retourner au printemps à nostre feu de Missilimakinak. Nous luy avons accordé tout ce qu'il nous a demandé pour nous en débarrasser, Ce que nous luy avons dit n’a esté que des leurres; mais nostre cœur est de nous establir auprès de vous, si vous voulez nous le permettre :.
Dans le dernier conseil que nous avons tenu, le Père de Carheil nous a dit de ne point venir au Détroit, que ce n'estoit pas un establissement que vous y faisiez, que vous n'y estiez venu que pour y vendre vos marchandises, après quoy vous deviez vous en retourner à Montréal ?.
Nous luy avons dit, avant de partir, que nous vous rendrions compte de tout ce qui s'estoit passé dans nos conseils, où 1l a tousjours csté; il nous a défendu de le faire. Cela n’empesche pas que nous vous le disions. Nous sommes envoyés pour vous prier de nous donner de bonnes terres et nous marquer près de vous une place pour faire nostre feu *.
Réponse de M. de Lamothe aux députés de la nation huronne, du 30 Octobre 1701 ; Quarante-Sols le Jeune a parlé. — Vous avez bien fait d'avoir obéy au Gouverneur et d’avoir rejeté la mauvaise parole du P. de Carheil, s'il a voulu vous intimider pour vous empescher de me venir voir. Il s'oppose aux intentions du grand Onontio {c'est-à-dire du Roy); mais peut-estre qu'il est paresseux et qu'il regrette sa cabane. Il
1, Get article se rapporte à ce que Otontagan a desjà dit et prouvé qu’un a voulu détourner les Hurons de venir au Détroit, (L. C.)
2. Cet article fait voir les moyens dont s'est servi le Père Carheil pour avilir M, de Lamothe dans l'esprit des Sauvages. (L. C.)
3. Cet article fait connoistre la confiance que cette nation a en M, de Lamothe, disant tout ce qui s'estoit passé, malgré la défense que le Révérend missionnaire leur avoit faite, et en luy demandant des terres proches du fort, (L, C.)
n'a pas eu l'esprit bien fait, lorsqu'il vous a exhorté à aller faire vostre village aux Miamis, puisque le Gouverneur veut que les Robes Noires et les Grises (c’est-à-dire les Jésuites et les Récollets) se cabanenticy pour faire la prière. Vous avez eu de lesprit de n’avoir donné que des leurres; continuez de le faire, lorsqu'on voudra vous détourner d'obéir à la parole d'Onontio et à la mienne.
Puisque le Père de Carheil vous a défendu de me parler de ce qu’il vous a dit dans vos conseils, c'est une marque qu’il craint; celuy qui ne dit pas la vérité appréhende tousjours d'estre repris.
Lorsqu'il vous a dit que j'estois venu icy pour y traiter mes marchandises, peut-estre qu’il l’a cru ainsi; mais il s'est trompé, et vous pouvez voir par le fort que j'ay fait faire ct par les terres que nous avons desjà défrichées que c’est un establissement considérable, que celuy qui gouverne tous les hommes (c'est-à-dire le Roy) y veut faire.
D'abord que vastre nation sera arrivée, je luy donneray un bon canton de terre, et, pour lors, je vous marqueray l’en-
droit, où il faudra que vous fassiez votre fort.
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LA RAISON DE L'OPPOSITION FAITÉ A L'ÉTABLISSEMENT DU DÉTROIT, C'EST QUE CADILLAC Y A CONVOQUÉ LES RÉCOLLETS