DE VOULOIR BIEN FAIRE VENIR LES MIAMIS AU DÉTROIT
Paroles de quatre Hurons, députés à M. de Lamothe par Michipichy, leur grand chef, que les François ont nommé Quarante-Sols.
17 Février 1702, Nous venons vous parler, nostre père, ne voulant rien faire sans vostre participation. Michipichy, nostre chef, qui est en
chasse à trente lieues d'icy, part dans deux jours pour aller aux Miamis, et il nous envoye pour vous faire sçavoir le sujet
de son voyage. Nous allons vous raconter ce qu'il leur doit
dire.
Par uncollier, Michipichy doit dire aux Miamis: « Mes frères, je relève vos morts du Montréal : ; je les fais marcher droit, sans que le soleil soit brouillé par aucun nuage. »
Par une grande chaudière. — Cette chaudière est pour embellir leur chemin, afin qu'ils marchent légèrement et sans peine ?.
Par vingt canons de porcelaine. — C'est pour relever nostre feu que nous avions allumé dans votre village, pour le porter au Détroit auprès de nostre père 3.
1. Il les console des gens, qui sont morts au Montréal dans le temps de l'assemblée générale, et les exhorte à oublier leur chagrin. (L. C.)
2, C’est une manière de consoler, comme qui diroit : « Il n’y a plus de remède, prenez patience. Ils sont en repos, » (L. C.)
3, C'est une honnesteté qu’il fait aux Miamis, qui auroient reçu six cabanes de la nation Huronne dans leur alliance, et ce chef les envoie pour les incorporer de nouveau avec ceux qui sont au Détroit. (L. C.)
Pa pour bien afin q modétr
Par depuis ce coll
Pa bouille vostre mange
Par pour c« Par pour ti route p Répo — Je ve sans m’ moy un: chef qu Miamis 1. Les 0:
c'est leur d soin, (L. C 2, Le Hi ct de se rer 3, C'est 1 4. Il con à venir au | 5. C’est-}
sans qu'il er quelques fa:
Par quatre couvertes, trois chemises et un capat. — C'est pour envelopper vos gens qui sont morts au Montréal, aussi bien que les os de vos parens qui sont dans votre village, afin que vous puissiez les apporter avec vous plus commodément !,
Par deux colliers. — C’est pour vous frayer le chemin depuis vostre village jusqu'à celui du Détroit, et j'attache, par ce collier, les deux villages ensemble 2.
Par deux grandes chaudières. — C'est pour faire du bouillon la première journée que vous serez sortis de vostre village, lorsque vous serez arrestés le soir pour manger.
Par quatre haches. — C'est pour faire des crochets * et pour couper du bois pour faire bouillir la chaudière.
Par un fusil, un sac de plomb et un sac de balles, — C'est pour tuer des bestes, pour vivre pendant que vous serez en route pour venir au Détroit +.
Réponsede M. de Lamotheaux Hurons,dur7 Février 1702. — Je vous sçais bon gré de ce que vous ne voulez rien faire sans m'en avertir, c'est le moyen d'entretenir entre vous et moy une bonne intelligence ; prenez courage, et dites à vostre chef que j’approuve fort son dessein de vouloir engager les Miamis de venir ici pour y allumer leur feu 5. S'ils ont de
1. Les ossemens des morts sont, parmi les Sauvages, en grande vénération, et c'est leur donner une preuve de singulière amitié de s'en souvenir et d'en prendre soin, (L. C.)
2, Le Huron prie les Miamis de se rendre avec eux afin de ratificr leurs alliances et de se rendre plus forts. (L. C.)
3, C'est une crémaillère, (L. C.)
4. Il contribue à la dépense et aux frais du voyage pour les engager mieux à venir au Détroit, (L. C.)
5. C'est-à-dire d'y establir, par ce moyen, les Miamis qui seroient tous venus sans qu'il en cust rien cousté, mais on les en a détournés ; il n’en est venu que quelques familles. (L. C.)
l'esprit, ils escouteront sa parole, parce qu'il parle en véritable be homme. Dites-luy d'assurer les Miamis que, s'ils viennent PR. auprès de moy, nous serons un mesme corps. no Par une brasse de tabac. — J'aflermis ma parole dans ma enfan mémoire; ce tabac vous donnera encore de l'esprit. tués’: LE :
du G
réal, <
scroit
cours
CADILLAC clle n ; cas-là, ARRÈÔTE LES EFFETS D UNE FAUSSE NOUVELLE.
les m
Miskoi et dan:
Paroles de Alleouoyré, Huron envoyé par les Outaouas défend à M. de Lamothe. de me
ment É 19 Février 1702. M. d Les Iroquois onttué un Kiskakoun, un Sauteur etun Nepis- tunaud
sing ; le quatrième s’est sauvé, parce qu'il n’estoit point à sa langue
cabane, dans le temps que le coup a esté fait ; les ennemis dire au l'ont poursuivi jusqu’à la nuit. Les Outaouas ont envoyé des blemen coureurs; ils ont trouvé leurs morts, à qui on a levé la teste quois, q leur ch:
Inst Lamot]
profona
tout entière, ce qui a fait croire que le gros de l’ennemi n'estoit
pas loin. Ilsont vu plusieurs chemins des ennemis, qui ont fait
connoistre qu’ils sont grand nombre.
Les Outaouas ontenvoyé leur jeunesse pour sçavoir ce que
c'est, et ils ont envoyé aussi sur tous les chemins, pour tascher Lamoth
d’arrester Aouendando que vous avez fait aller aux Miamis, luy avez
comme estant celuy qui les a tués par sa fourberie. cet auto
is,
Paroles de M. de Lamothe aux Outaouas et Hurons qui estoitent au Détroit et qu'il fit assembler dans le fort, du 20 février 1702. — J'ay le cœur malade, je pleure Îles enfans d’Onontio, s’il est vray que les Iroquois les ont tués; cependant je vous rafraischis la mémoire de la parole du Gouverneur : souvenez-vous qu'il a esté convenu à Montréal, que, si quelque nation en frappoit une autre, celle qui scroit offensée ne se vengeroit point, mais qu’elle auroit recours au bras d'Onontio pour en avoir raison, et que, si elle n’en recevoit pas une satisfaction raisonnable, en ce cas-là, Onontio doit se joindre à tous ses alliés pour venger les morts. C’est à vous, Alleouoyé, Koulako, Negomo et Miskonaki, que j'adresse ce tabac, pour aller par toute la terre et dans toutes les cabanes y répandre ma parole et que vous défendiez de faire aucun mal à Aouendando, mais seulement de me l’amener, en aitendant que ces choses soient entièrement éclaircies.
M. de Lamothe fit partir dans le mesme temps le sieur Gatinaud avec l'interprète Iroquois. Ce premier sçachant la langue Outaouase, il l’envoya dans le haut du Détroit, pour dire aux Outaouas, Saulteurs, et Nepissings de se tenir paisiblement sur leurs nattes, et fit dire la mesme chose aux Iroquois, qui estoient dans le mesme canton de terre et y faisoient leur chasse.
Instructions données au sieur Gatinaud par M. de Lamothe, pour parler aux Iroquois qui estoient dans la profondeur des terres vers le lac Saint-Clair, — M. de Lamothe a reçu les quatre branches de porcelaine que vous luy avez envoyées par M. de Tonty, que vous avez rencontré
cet automne à Niagara; il vous a attendus à la fin de la lune