‹ Première formation d'une chaine de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Mexique (1683-1724) [microforme] (volume 2)Chapitre 121 sur 267 · DR A · texte numérisé non relu

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faisons que pleurer nos chefs, qui sont morts à Montréal. Je n'ay rien à dire maintenant.

Aucune nation de cette terre ne dispose de moy; Onontio seul est mon maistre ct il délibère seul de ma volonté, et je feray ce qu’il voudra.

Miamensa aux Outaouaset aux Kiskakouns, par plusieurs robes de chats et douze peaux de chevreuils. — Voilà ce que je présente à vous, en attendant que nostre nation vienne, en automne, vous danser un calumet.

Réponse de M. de Lamothe à Miamensa par deux couvertes d'escarlatine. — Voilà une couverte pour vous, Miamensa !, en voilà une autre pour la veuve Papalankoua : c'est pour essuyer vos yeux maintenant, en, attendant qu'Onontio ait couvert plus honorablement vos chefs, qui sont morts à Montréal. S'il m'envoye les présens qu'il leur a faits avant leur mort, je vous les feray remettre en main. Soyez fermes dans vos sentimens et laissez à Onontio le soin de vous conduire ; c’est un bon père qui chérit tendrement ses enfans.

Par deux brasses de tabac. — Voilà un peu de tabac pour vous remettre l’esprit; fumez-le tranquillement et rejetez le mauvais discours qu’on vous a fait, lorsqu'on vous a dit que vostre nation n'estoit pas comprise dans la paix générale. Je vous parle par la bouche d'Onontio, je suis icy son cœur, et

je vous asseure que vous estes ses véritables enfans, comme les Outaouas, Hurons, Nepissings et autres nations ; ainsi ne

craignez rien.

Par quatre livres de poudre et huit de balles. — Voilà

1. C'est le père de ce chef qui est mort à Montréal et qui a été reçu à la place du mort. Il est estably icy maintenant, (L. C.)

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de quoy tuer des bestes en chemin pour vivre. Avalez beaucoup de bouillon pour vous nettoyer le gosier ct l'estomac, en sorte que toutes les mauvaises paroles,qu’on vous a dites, ne paroissent plus.

Par deux brasses de tabac. — Ce tabac est pour vous exhorter, Miamensa, à ne point oublier la parole que vous allez maintenant entendre. Je croyois que la Robe Noire, qui est maintenant chez vous, vous avoit annoncé la parole d'Onontio ; mais, comme il ne l’a point fait, et, qu’au contraire, il l’a changée, je vous déclare, de sa part, qu'il veut que toute nation lève son feu et qu’elle l'apporte auprès du mien. Annoncez à vos gens ma parole et n'escoutez personne, si on vous dit autrement ; il n'y a que moy icy, qui sache certainement la pensée du Gouverneur.

Réponse de Miamensa. — Lorsque mon père aura compassion de moy, qu’il me donnera de la terre au Détroit et qu'il me liera icy les bras, je lèverai pour lors mon feu. Je suis bien aise d’entendre cette parole; on ne nous en avoit rien dit, Au contraire, la Robe Noire et M. de La Forest nous ont dit dans le conseil d’estre fermes sur nostre feu, et qu’iss y alloient faire de grands logemens !,

Réponse des Outaouas Koussikouet. — C'est bien tard que vous devez venir nous danser ce calumet, puisque ce doit estre cet automne; ce seroit bien, si vous veniez le danser cet (QUCR

1, On voit qu’il persiste à dire que le missionnaire et même M, de La Forest, qui estoit pour lors aux Miamis, leur ont dit de ne point venir au Détroit, et qu'ils leur ont donné de grandes espérances de faire là un grand establissement, Tout ceci se rapporte au complot du mois de Juillet, fait à Missilimakinak entre les Jésuites de ces lieux et ces deux ofliciers, (L. C.)

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