Lesueur. 19 Juin
mec !. C’est par cette rivière que les Sauvages vont à une mine de plomb qui est à cinquante lieues du bord du Mississipy. L'on trouve à dix-huit lieues de là, plus haut en montant, le village des Illinois, à la droite du Mississipy, sur le bord de ce fleuve. Nous y abordasmes à la voile 2, en tirant dix ou douze coups de boëtes, ce qui surprit fort les Sauvages, ct surtout de voir nostre chaloupe, parce qu'ils n’ont que des petits canots, faits d’escorce d'arbres qui leur viennent du Canada, et quelques pirogues comme dans le bas du Mississipy. Ils nous abordèrent à nostre descente, avec plus de trente marchands canadiens venus pour traiter de pelleteries. Les François qui demeuroient avec les Illinois se mirent sous les armes et firent une agréable réception à M. Lesueur, qu'ils avoient déjà veu en Canada. Il y avoit aussy dans le village trois missionnaires françois et, entr'autres, un nommé M. Berger, grand vicaire de Mgr l'Évesque de Kébec, avec deux autres prestres establis dans ce village, nommés MM. de Bouteville et de Saint-Cosme. Il y avoit aussy deux Révérends Pères Jésuites, sçavoir, les RR. PP. Pinet et Limoges. Les Sauvages chantèrent leur calumet de paix à M. Lesueur, qui leur fit des présens considérables. Nous restasmes dix-
1. Lesueur, Mercredi 23 Juin. — Dans cet endroit le fleuve fait deux anses qui luy donnent plus d’une lieue de large. Dans l'anse du costé de l'ouest, il y a une rivière que tous les Sauvages des environs nomment Maramec-Sipy, qui veut dire Rivière à la Barbue, à cause de la grande quantité qui s'y en prend,
2, Lesueur, Vendredy 25 Juin.— Vers les sept heures du matin, aprèstrois quarts de lieue faits au N.-N.-E., quatre Sauvages Tamaroas, dans une pirogue, me vinrent apporter deux calumets de la part de leur chef et me présentèrent à fumer. Une isle couverte de bois, de trois quarts de lieue environ et à peu près
deux lieues de tour. Le grand chenal de l'est vient du N.-N.-E.,ct le petit chenal de l’est vient de l'est, Dix ou douze arpents plus haut, sur une prairie à l'est du
fleuve, le village des Tamaroas et des Caokias, où nous sommes arrivés vers les neuf heures du matin, Les François et les Sauvages ayant aperçu notre felouque, firent deux ou trois descharges, et je fis, pour les remercier, tirer deux coups de boëte...
mine SIPY.
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RELATION DE PIÉNICAUT, 400
sept jours dans ce village, où quatre de nos François nous quittèrent pour s’en aller dans le Canada. Nous en reprismes cinq autres à la place, entre lesquels un nommé Chapongas, qui nous servit d'interprète, parlant fort bien la langue de toutes ces nations.
Devant ce village des Illinois, est une isle qui en cache l'entrée. Il n'y a qu'un petit bras du Mississipy, par où l’on aborde tout à l’entourdu village. Il y a une très grande prairie, au bout de laquelle sont des montagnes qui font une très belle perspective.
Après avoir embrassé toutes les personnes de notre connoissance, qui nous vinrent reconduire jusqu’à nostre bord, nous partismes ! et nous montasmes le Mississipy six lieues plus haut, où nous trouvasmes, à la gauche, l'embouchure d'une très grande rivière, nommée le Missoury?. Cette rivière est d’une rapidité épouvantable, au printemps surtout qu'elle est dans sa hauteur; car en passant par dessus les isles où elle déborde, elle en déracine et emporte les arbres. C'est ce qui fait que dans le printemps, le Mississipy, dans lequel elle se jette, est tout couvert de bois qui flotte dessus, et que l'eau du Mississipy est alors toute troublée de l’eau du Missoury, qui tombe dans la sienne. On n’a pu trouver jusqu'à présent la source du Missoury, non plus que celle du Mississipi ?, Les Sauvages qui sont establis sur le bord du Missoury {le descendent ou le montent+], scavoir, au mois d’Aoust
que les eaux sont basses, et à Noël sur les glaces, lorsqu'ils
1. Lesueur partit des Tamaroas ie 12 Juillet 1700, avec une felouque et deux canots, armés de dix-neuf personnes, ‘Autre relation.)