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d’eau chauffer, et, quand le soleil fut levé, quatre des plus vieux Sauvages, chacun avec un couteau à la main, firent des incisions aux bras, aux cuisses et aux jambes de ces suspendus, dont le sang qui couloit de leur corps tomboit jusqu'au bout des pieds, que quatre vicillards recevoient dans des plats. Ils portèrent ce sang à deux autres vieillards, qui eurent soin de le faire cuire dans deux chaudières, et lorsque ce sang fut cuit, ils le donnèrent à manger à leurs femmes et à leurs enfants. Quand ils eurent mangé ce sang, on détacha du cadre les deux hommes morts, que l’on mit sur une table, où :: les coupèrent. On distribua ces morceaux à toute l’assembiée du village, dont chaque famille en fit cuire dans son pot. Pendant que cette viande cuisoit ils se mirent à danser ; ensuite 1is retournèrent à leurs places et tirèrent cette viande de leurs pots, qu'ils mangèrent.
J'eus si mal au cœur d’avoir veu cet exécrable festin, que j'en fus desgouté pendant trois jours, et mes camarades de mesme que moy ne purent manger, que nous n’eussions quitté ces cruels anthropophages.
Leurs voisins, avec lesquels ils font la guerre, sont les Aquodocez (?), esloignez de dix lieues au sud de leur village, les Cadodaquioux, à quarante lieues au nord et les Nacanes (?), à cent lieues aussy du costé du nord. Toutes ces nations font la guerre à cheval et ont trois ou quatre chevaux dans leur écurie.
Après les avoir quittez, en nous en retournant, nous passasmes par un village de Sauvages, nommez les Yatacez, que nous engageasmes à venir demeurer avec nous aux Nassitoches, où nous les conduisismes avec leurs femmes, enfans et leurs bestiaux, chargez de leurs grains et de leurs meubles.
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RELATION DE PÉNICAUT. 505
Ils y sont présentement establis et ont tousjours vescu, depuis ce tems-là, avec beaucoup d'union parmi les Nassitoches.
En arrivant aux Nassitoches, nous trouvasmes les douze François, que M. de Saint-Denis y avoit fait rester pour la garde des marchandises que nous avions laissées: nous leur desclarames que nous avions ordre de M. de Saint-Denis de l'attendre avec eux aux Nassitoches, Les Tonicas nous quittèrent en cet endroit et s’en retournèrent à leur village.
Pendant cette année, M. de Lamothe fit bastir beaucoup de maisons à l'isle Dauphine, qui se peuploit de plus en plus tous les jours.