‹ Première formation d'une chaine de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Mexique (1683-1724) [microforme] (volume 2)Chapitre 241 sur 267 · RES · texte numérisé non relu

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bles à faire au devant de cette ville pour la garantir entière ment des inondations, les terres d'estre mangées tous les ans. Cet ouvrage, une fois fait, luy conserveroit un quay de vingtcinq à trente toises de largeur, des plus agréables et des plus commodes pour les embarquemens et débarquemens. J'ay trouvé les principaux habitans des plus disposez à fournir leurs nègres pour l’exécution de ces travaux,moyennant que la Compagnie leur en accordast ct leur en promist d’autres, sur leur compte, payables en indigo,qui vient admirablement bien dans toutes les habitations. J'en ay veu de magnitique en redescendant à celle de Sainte-Catherine, où j'ay arresté exprès pour faire marché, à la recommandation du Conseil, avec cet habile charpentier de moulins, et l'on peut dire aussi en bardeaux, d'entreprendre d'achever d'en couvrir le grand magasin de deux cent trente pieds de long, élevé à la Nouvelle-Orléans, marché qu'il a accepté pour le prix de cent sols la toise quarrée pour la main-d'œuvre seulement et fournir les lattes. Je ne sçay encore si ces Messieurs l’approuveront, les ouvrages ayant tousjours manqué par des difficultez qu'on y à opposées, qui ont fait eschouer les entreprises proposées et même commencées, ct j'ose dire que, si je n'avois pris sur moy tout ce que l'on peut prendre pour les surmonter, l'on seroit encore à envoyer les vaisseaux dans le fleuve et le siège principal seroit resté au Biloxy, où l'on n'auroit pu se soutenir, comme on fait icy, avec les vivres du pays, par la difficulté de les y transporter de ce fleuve. Il n'y auroit pas là par conséquent un nombre d'habitations qui deviendront florissantes, si l'on envoye des nègres suflisamment pour les cultiver, pour leur sûreté, ceile de

la Colonie et l'établissement de l'Embouchure, où le com-

merce espagnol va à se lier, si l’on sçait le bien ménager, ce lieu estant un endroit de passage avancé dans la mer, que les navires qui vont et viennent de la Havane et de la Caroline à la Vera-Crux, à Campèche et à Tampic, vont venir reconnoistre pour assurer la route, et dont ils s'éloignoient trop par la crainte d'approcher des terres si basses, avant qu’il y eust des maisons élevées et que l'on découvre detrès loing. Les premiers Espagnols qui y parurent vinrent dans un bateau, lorsque j'y arrivay pour l’établir. Je leur envoyay un pilote et en receus gracieusement le capitaine, nommé don Francisco de Valdès, ses officiers et jusqu’aux matelots de son équipage. Il n’avoit que peu d’argent en pignes, de la viande Tassao et de mauvais sucre; je crus qu'il cachoitles piastres. Je regarday cette aventure comme d’un heureux présage pour ce nouvel établissement, et j'engageay ce capitaine espagnol d'aller à la Nouvelle-Orléans dans une voiture que je luy donnay. MM. les Commissaires y estoient arrivant. Il revint satisfait, et je n°épargnay ny le peu de vin que j’avois, y autres dépenses pour le bien traiter avec ses gens. Il me promit de revenir au bout de deux mois. [l a tenu parole et a amené avec luy deux marchands espagnols, que j'ay receu de mesme que la première fois, et mesme à mes dépens, à la Nouvelle-Orléans, estant justement arrivez, dans le temps que j'y ay remonté avec les ouvriers. Ils y ont répandu sept à huit mille piastres, tant dans le public qu'aux magasins de la Compagnie, et ont demandé avec empressement et instance qu'on en fit construire un à l’isie de la Balise, afin d'y venir commercer et de pouvoir profiter pour cela du temps de leurs congez, sans que l'on s’en apercoive en Espagne. La Compagnie, par la situation de ce poste, pouvant tirer seule profit de ce commerce, je me

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