‹ Première formation d'une chaine de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Mexique (1683-1724) [microforme] (volume 2)Chapitre 40 sur 267 · HENRY DE TONTY VA AUX ASSINIBOELS · texte numérisé non relu

HENRY DE TONTY VA AUX ASSINIBOELS

Extrait d'une lettre de M. de Champigny au Ministre.

Québec, 6 novembre 1695.

Ce seroit une injustice de ne pas recevoir le castor venant des Illinois, qui ne peut estre défectueux que lorsque le cuir en est mal appresté, ce qui fait qu’on ne reçoit que pour livre et demie tous ceux trop chargez de cuir qui pèsent davantage. Cette précaution engagera les sieurs de La Forest et de Tonty, propriétaires du fort Saint-Louis des Illinois, et qui ont droit seuls de traiter avec cette nation, à exciter les Sau-

ages de bien apprester leur castor.

Permettez-moy de vous dire, Monseigneur, à l'occasion de cette traite qui se fait chez les Illinois, qu’il seroit important de régler le nombre des canots qui y devroient aller tous les ans : car, sous prétexte d'aller traiter chez cette nation, on peut facilement se répandre dans les autres endroits voisins, et par là le nombre des vingt-cinq congez, reglé par le Roy, peut augmenter à proportion. Il seroit aussy nécessaire de renouveler les ordres que Sa Majesté a cy devant donnez pour

faire porter les présens destinez pour les Sauvages alliez, avec les habits et la paye des soldats en garnison dans les postes esloignez, par ceux qui ont des congez pour aller traiter avec les Sauvages afin d'en éviter la despense au Roy, et régler en mesme temps que ceux qui font la traite chez les Illinois por-

teroient les présens pour cette nation avec les habits et solde V. 5

de la garnison de soldats qui y est entretenue aux dépens de Sa Majesté.

Il a esté donné aux sieurs de La Forest et de Tonty un congé pour les indemniser de quelque despense qu’ils avoient faite pour le service du Roy dans les pays esloignez, et, au lieu de le faire exploiter chez les nations où l’on va ordinairement faire la traite, le sieur de Tonty s’est servy de ce congé pour aller, avec deux soldats de la garnison de Missilimakinak et quelques François qui se sont joints, au pays des Sauvages Assiniboëls, qui sont à cinq cens lieues de Missilimakinak du costé du Nord, dans l'espérance de faire de plus grands profits, cette nation n'ayant fait encore aucun commerce avec nous, ce qui ne peut servir qu’à augmenter le nombre du castor, ct faire une plus grande diversion des François.

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