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à l’avenir aux fautes passées, pourvu qu'on veuille en convenir de bonne foi.
Deuxième objection de M. de Champigny. — C'est une pure vision de vouloir establir des Sœurs et des Ursulines dans les bois, et cela est impraticable.
Réplique de M. Lamothe. — M. de Champigny prend mal le sens de ce projet. On ne prétend pas establir des filles incessamment dans les bois, on veut establir un poste proposé ct les y appeler ensuite.
M. de Callières confirma la réponse de Lamothe, et s'adressant à M. de Champigny, il luy dit : « Pour achever un establissement, il faut commencer premièrement, et si on ne commençoit jamais, jamais aussi on ne feroit aucune entreprise,
Motif de M. de Champigny pour rendre le projet odieux. -— « L'auteur du mémoire a raison de dire qu'il empeschera,
pendant deux années, qu’il ne descende point de castor; il
est assez habile homme pour prendre le soin lui-mesme de le ramasser et de le mettre tout en sa main. »
Cela fit faire un mouvement à l’assemblée qui donna aisément dans ce panneau et en parut eflarée.
Réponse de Lamothe. — De tout temps on a empoisonné les intentions les plus pures, et la vérité mesme est sujette à recevoir des atteintes par l’erreur et par le mensonge; mais sa force est indomptable, et elle triomphe de tout; c’est attaquer de bonne heure l’auteur du mémoire, puisqu'il re paroist point qu'il soit choisi pour aller sur les lieux. Il y a longtemps qu'on a essayé de le rendre odieux, mais c’est un crachat qui est retombé sur la face de celui qui l’a poussé en l’air.
Paroles de M. de Callières. — 11 y a de très-bonnes
choses dans ce projet; il mérite d'estre examiné attentivement et ceci se fait un peu à contretemps.
On repassa aux propositions de M. Daubenton et il ne fut plus parlé de ce mémoire.
Conférence de MM. de Callières et Lamothe sur ce projet. — M. de Callières fait deux objections seulement, qui proprement ne sont que la mesme chose, l’une estant renfermée dans l’autre.
Par la première, il prétend que, par cet establissement, la guerre pourra être perpétuée à cause de l’ombrage qu'ils en pourroient avoir.
Pour la deuxiesme, que la proximité facilitera à nos Sauvages le commerce avec l'Anglois.
Réponse de Lamothe. — Si les Iroquois ont envie de continuer la guerre, rien ne les en empeschera. Ils en sont fatigués maintenant, et ils ne sont en estat de la continuer que contre nos Sauvages, en cas qu’on les abandonne.
Is n’ont aucun prétexte contre cet establissement. Le poste proposé est sur nos terres et sur celles des Outaouas; aussi ils n’ont aucun droit de s’y opposer ny de s'en plaindre.
L'ombrage qu'ils en peuvent avoir n’est pas un droit pour en empescher l’establissement, mais c'est un moyen pour les mettre à la raison, parce que les forces de tous les Sauvages consistent dans l'esloignement et celles du François dans la proximité. Ces premiers sont des loups des bois; tous leurs coups se font par surprise et leurs jambes sont tousjours les
garans de leur salut.
L'expérience fait voir que l’establissement de Montréal nous a réuni une partie des Iroquois et qu'il en a esloigné l’autre; sans le Montréal, Québec seroit exposé à leurs incur-
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LE DÉTROIT PONTCHARTRAIN. 161 sions ct auroit donné occasion aux Anglois de s’estendre jusque-là.
Le poste proposé, lorsqu'il sera establi, couvrira parcillement le Montréal, parce que si l'Iroquois y fait des incursions, il se trouvera comme entre deux feux. S'il sort de son village, il l'afloiblira et l'exposcra d'estre enlevé par celuy du Détroit, Rien n'est si puissant pour tenir cette nation en respect que l'exécution de ce plan.
Réponse à la deuxiesme difficulté de M. de Callières.— La proximité ne facilitera point le commerce de nos Sauvages avec l'Anglois; au contraire, elle les en détournera, parce que si ce poste n’est point estably, les Anglois et les Sauvages s'y establiront et y viendront négocier sans aucun empeschement. Au lieu que, par cet establissement, on ménagera toutes les nations par les voies ordinaires, c'est-à-dire en engageant dans nos intérests les principaux par quelques présens et le reste par les alliances des soldats avec leurs filles, lorsqu’elles seront instruites, et les missionnaires, à l’envi les uns des autres, y contribucront par leur application à l’instruction des enfans qui gouvernent toujours l'esprit de leurs parens.
Cette conférence se termina de la sorte. M. de Callières a jugé que le restablissement des vingt-cinq congés est plus nécessaire que l'exécution de ce mémoire, et on a dit que M. de Champigny a esté du mesme sentiment,
Lamothe a bien sçu que M. de Champigny a escrit à la cour d’autres diflicultés contre ce mémoire ; mais il n’ignore point qui sont ceux qui les luy ont suggérées et quel est leur motif, et sans perdre le respect qu’on doit à un Intendant, on peut dire qu'il s’est laissé surprendre et qu’il n’a pas escrit
sur cette matière avec toute la droiture dont il est ordinairement rempli.
Observation à faire. — Personne n'a contesté que le poste proposé ne soit le plus convenable pour le commerce pour l'abondance de la chasse et de la pesche, pour la fucilité des terres ct pour la beauté du climat.
On n’a pas impugné non plus l'exemple propos dans le projet au sujet des Sauvages convertis par les Anglois, sur lequel Lamothe prend son modèle,
On a esté forcé d’avouer la faciité que les Sauvages ont pour apprendre le françois.
On a reconnu que les Sauvages ne peuvent rien déterminer en particulier et en secret, ce qui met les François hors de danger d'estre insultés.
En un mot toutes les objections sont les symptômes d'une agonie; en voici une que M. de Champigny donna à toute extrémité,
Objection finale de M, de Champigiy. — Les Sauvages sont si libertins que les Jésuites eux-mesmes n'en ont pas pu avoir pour en faire des domestiques et qu'ils sont contraints de se servir de François.
Réponse de Lamothe. — Cette objection ne sort point du sac de M. de Champigny; il ne l’a faite que pour s'en estre rapporté de bonne foy à ceux qui veulent destruire ce projet. Il n’est pas naturel que les Jésuites se soyent mis en devoir d’avoir des Sauvages pour domestiques, parce que cela est contraire à leurs vues :
1° Parce qu'ils prétendent que la langue françoise ne doit pas estre enseignée aux Sauvages, à cause qu'elle les rend
plus desbauchés ;
trois bauc tort l’a VO dans devrc hors On mais Sa va On parce veut b Lan
raison
Scigne Par voudro leur ré Par ] soient ; Scroient conséqu
plusieur
29 Que tout commerce, que toute fréquentation entre les Sauvages et les François est dangereuse et corrompt leurs mœurs ;
30 Qu'il n'y a que l'esloignement des habitations francoises qui les préserve ct les garantisse de cette corruption.
Réponse de Lamothe. — Ce sont plutost trois illusions que trois raisons; car si la langue françoise rend les gens desbauchés et corrompt les mœurs, les rois de France ont eu tort de s'en servir et sont responsables d'un si grand mal pour l'avoir souffert et permis en Languedoc, en Guyenne cet dans toutes les autres provinces. Suivant cette maxime, on devroit défendre d'imprimer, ni de lire ni escrire en françois, hors de l'Isle de France.
On sait bien que les mauvaises sociétés sont dangereuses ; mais il ne s'ensuit pas de là que tous les François et tous les Sauvages sont meschants pour cela.
On ne dit rien contre ce dessein d’esloigner les Sauvages, parce que cela engagcroit trop avant dans la matière et on veut bien avoir de la discrétion dans cette rencontre.
Lamothe a sapé jusqu'aux racines ces trois mauvaises raisons ou illusions dans le mémoire qu'il a donné à Monscigneur.
Par la première, il proteste que ceux qui les avancent n’en voudront pas démordre, parce qu'ils estiment qu'il y va de leur réputation de triompher tousjours.
Par la deuxiesme, c'est que si toutes les nations se réunis-
soient à une mesme langue, toutes sortes d'ecclésiastiques
scroient reçus à les enseigner ct à les instruire, et que par
conséquent les gratifications seroient divisées et partagées en plusieurs mains et en différens ordres.
Par la troisiesme, ils ne seroient plus si nécessaires aux gouverneurs, qui se trouvent forcés d’avoir recours à eux pour scavoir ce qui se passe parmi les Sauvages, ou pour mieux dire qui ne le scavent jamais, estant contraints de s’en rapporter à ce qu'on leur dit.
Et par la quatriesme, c'est qu'un motif n'empesche pas l'autre, et peut-cestre cette raison est la plus forte.
Enfin, Monseigneur, voilà tout ce qui s'est passé dans l'assemblée, où mon projet fut lu, ou dans la conférence que j'eus avec M. de Callières.
Voilà comment ce passage de l'Escriture qui remplit tant de volumes et qui fait tonner les chaires, que « /a moisson est grande et le nombre des ouvriers petit », n’est qu'une chanson.
Jésus-Christ n'a pas dit à son lieutenant : Je te donneray la clef du royaume des cieux; il Iuy a dit les clefs, pour luy faire entendre que, tout habile pescheur qu'il estoit, il auroit besoin d'aide et de secours pour faire sa pesche, et que tous les autres apostres et disciples seroient autant de passepartout qui ouvriroient la mesme porie du royaume; c'est ce qui est confirmé par cet autre passage : « Allez ct enscignez toutes les nations ». Ce terme est général et n’a rien de par ticulier. Pourquoy donc y aura-t-il de la préférence d’un Jésuite à un autre prestre et de ce prestre à un autre moine ? C'est une vigne qui appartient au mesme maistre. Tous les vignerons v doivent travailler sans distinction et se haster à l'envi les uns des autres pour consommer ce grand ouvrage
et pour y faire de bonnes vendanges.
Combien de ces àmes payennes coulent en enfer, qui peut-
estre seroient sorties de leur assoupissement, si ces ouvriers
cer!
ient à M eng.
COUR l'exc réus, culte Ve elle « cabal rests carac N':
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ni des de se ad que toutes loisir le tou espere
de luy
du Scigneur #'avoient pas disputé sur la préférence. Les
oens d'esprit ne peuvent concevoir ce procédé; c'est un
abus violent, et il y va, Monseigneur, de vostre gloire de le destruire.
Il résulte de tout cecy que ce plan est bon ou mauvais. S'il est bon, il n’y a point à balancer de le faire exécuter. Il est certain que M. de Callières est tout dévoué à suivre vos intentions; il n'y apportera aucun obstacle; il n’y a qu'à escrire à M. de Champigny de la manière la plus forte et aussi l'y engager en luy donnant wn peu d'encens, car il l'atmr beaucoup. Choisissez ensuite un homme de teste et de main pour l'exécution sur les lieux, et vous pouvez vous asseurer qu'il réussira comme vous le souhaitez, malgré les secrètes difficuités qu’on y pourroit faire.
Vous ne devez jamais espérer que cette affaire réussisse, si elle est mise en délibération sur les lieux. C’es£{ un pays de cabale et d'intrioue; il est impossible de réunir tant d'intérests différents. On est bien aise de contrecarrer, c'est le caractère de ceux qui y habitent.
N'accusez pas sur cela Lamothe d’indolence: il est assez remué sur cette affaire; mais il n’est pas maistre des esprits, ni des puissances du Canada; elles scavent bien luy ordonner de se taire, quand il leur plaist, et c’est à luy d'obéir. Il n’y a que vostre autorité et vos ordres qui puissert aplanir toutes ces mauvaises difficultés. Si Vostre Grandeur avoit le loisir de l'entendre une demi-heure, vous seriez esclairé sur le tout,
Il cest fort désolé de l'impression que vous avez de luy; il espère fort que vous serez dissuadé et que vous continuerez
de luy accorder l'honneur de vostre protection et de vostre
souvenir, comme vous le luy avez promis, puisqu'il est avec un très profond respect, Monseigneur, Vostre très humble et très obéissant serviteur, Signé : LAMOTHE CaAbiLLAcC.
A la Couronne, rue Saint-Antoine.
LAMOTHE CADILLAC RETENU CETTE ANNÉE POUR ALLER KAIRE L'ÉTABLISSEMENT AU DÉTROIT,
EXPOSE SES VUES ET SES lLANS A UN PREMIER COMMIS.
Québec, 18 octobre 1700, Monsieur,
Il est de mon devoir de vous rendre un compte exact de tout ce que Jay fait au sujet de l’establissement du Détroit, puisque le projet vous a esté renvoyé dans le temps que j’estois en France, et dont vous eustes la bonté de m'entretenir.
M. de Pontchartrain l'ayant renvoyé cette année à MM. de Callières et de Champigny pour le mettre incessamment en avant, au cas qu'il y eust des inconvéniens considérables, ils l'ont tous les deux approuvé et m'ont retenu pour faire l'establissement de ce Détroit, qui fait la distinction du lac Huron d'avec le lac Erié.
Il est fort à craindre que l'exécution de ce projet n'ait esté
tiop re glois sc lac On Erié.
Since de gen opposi geux qi on sero que c'e de son C’est pc autre n a Les croyant la guer paix qu cstat de pas de scauroi prompt C’est sistent s'augmc certain « barrasse quelque leurs te
cn tout
trop retardée par les nouvelles que nous avons, que les Anglois se sont fortifiés sur une rivière qui se dégorge dans le lac Ontario, et qu'ils ont continué leurs postes vers le lac Erié.
Si nostre colonie n’estoit pas remplie d’'envieux, de désunion. de gens de cabale ct d’intrigue, on n’auroit trouvé aucune opposition à se mettre en possession d’un poste si avantagcux que, s’il se trouvoit séparé de tous ceux que nous avons, on seroit contraint en peu de temps de tout abandonner, puisque c’est luy seul qui fera l'entière seureté de la colonie, celle de son commerce et la ruine certaine des Colonies Angloises. C’est pourquoy il est très important qu'il ne passe point en une autre main, ce qui seroit inévitable, si on en différoit davan-
a possession.
Les difficultés qu'on avoir fait naistre à contre-temps, en croyant que cet establissement pourroit nous faire perpétuer la guerre avec les Iroquois, sont maintenant levées par la paix qui a esté conclue avec eux. Cette nation n’estoit pas en estat de soustenir plus longtemps la guerre et ne s’y trouvera pas de sitost pour la recommencer. Voilà pourquoy on ne scauroit plus à propos establir le Détroit, qui se fortifiera plus promptement que les Iroquois ne pourront se repeupler.
C’est un fait incontestable que les forces des Sauvages consistent dans l’esloignement des Francois et que les nostres s’augmenteront à leur esgard par la proximité, parce qu'il est certain qu'avec un peu de bled d'Inde, ces gens-là ne s'embarrassent pas de faire deux cents lieues pour venir dérober quelques testes, et, lorsque nous voulons nous transporter sur
leurs terres, nous sommes obligés de nous munitionner
en toute manière ct de faire de grands armemens, ce qui
couste des despenses extraordinaires au Roy, et tousjours fort inutilement, puisque c’est vouloir prendre le lièvre avec le tambour.
Mais, au contraire, lorsque nous serons voisins de cette nation et que nous en serons à bonne portée, elle se tiendra en respect et se trouvera forcée de demeurer paisible, ne pouvant faire autrement sans vouloir se perdre sans ressource.
Ce seroit en vain qu'on formeroit cet establissement, si on ne vouloit se conformer à mon mémoire, parce que, si on n'y entretenoit simplement qu'une garnison, cile seroit sujette aux révolutions qui arrivent ordinairement dans les postes avancés ; elle ne feroit aucune impression dans l’esprit des Iroquois et beaucoup moins encore dans celuy des Anglois. Pour bien réussir, il seroit bon, suivant ma pensée, de suivre les moyens suivans :
1° De s’y aller poster avec cent hommes, dont une moitié soit soldats et l’autre Canadiens, afin de faire cette expédition avec toute la diligence possible, et pour désabuser d'abord les Anglois d'y rien prétendre, ensuite leur oster entièrement l'espérance de lier aucun commerce avec nos alliés, Ces forces sont suffisantes pour la première année, parce que ce nombre m'est absolument nécessaire pour me fortifier et pour prendre de justes mesures pour la subsistance de ceux qui voudront s’y establir subséquemment.
20 L'année d’après, le fort se trouvant hors d’insulte, il est bon de permettre à vingt ou trente familles de s'y establir, d'y emmener leurs bestiaux et autres choses nécessaires, ce qu’elles feront volontiers à leurs frais et despens, ce qui pourra
estre continué, comme il est permis dans tous les autres esta-
blissemens de la colonie,
cents différc In plus q vages postes ce nés mée, « les m:
quois, passé, barque sans fa mens boire € les me que vo M. de cr, po mes set All rentes ecciésia rons qt à la vig
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Monarc
30 [l n'est pas moins nécessaire que le Roy envoye deux cents hommes d'élite, qui soyent, autant qu'il se pourra, de différents métiers ct mesme assez jeunes.
Il n'est pas expédient que j'y fasse aucun commerce, non plus que les autres officiers, soldats et habitans, avec les Sauvages, pour oster tout sujet de plainte à ceux des autres postes establis, sur quoy ils sont fort alertes, mais de joindre ce négoce dans celuy de la Compagnie générale qui est formée, où cile entretiendra un magasin pour y fournir toutes les marchandises nécessaires aux Sauvages nos alliés et Iroquois, en les leur donnant à meilleur marché que par le passé, ce qui se pourra faire facilement par la voiture des barques. Mais comme il me seroit impossible d'y subsister, sans faire aucun commerce et avec mille livres d'appointemens que j'ay seulement, qui à peine sufliront pour faire
boire et manger les principaux des Sauvages à ma table, pour
les mettre par ce bon traitement dans nos intérests, j'espère
que vous aurez assez de bonté pour moy de faire connoistre à M. de Pontchartrain l'indispensable nécessité de les augmenter, pour ne pas tomber dans celle de ne pouvoir continuer mes services avec l'esclat qui est deu à Sa Majesté.
{I faut establir dans ce poste des Missionnaires de diflérentes communautés, comme Jésuites et autres religieux ct ecclésiastiques des Missions Etrangères. Ce sont des vignerons qui doivent estre receus sans distinction pour travailler à la vigne du Seigneur, avec ordre particulièrement d’enseigner aux petits Sauvages la larigue francoise, comme estant le scul moyen pour les civiliser, humaniser et insinuer dans leur cœur ct dans leur esprit la loy de la Religion et du
Monarque. On prend les bestes féroces en leur naissance,
les oiseaux dans leurs nids pour les apprivoiser et affranchir ; mais pour mieux y réussir, il faudroit que le Roy favorisast de ses libéralités et de ses aumosnes ces mesmes Missionnaires, à mesure qu'ils instruiroient chez eux les enfars des Sauvages, sur le tesmoignage que le Commandant ct les officiers en rendront.
6° La troisiesme ou quatriesme année, on pourra y establir des Ursulines ou d’autres filles, à qui Sa Majesté pourra accorder les mesmes grâces.
7° Il seroit important qu'il y eust aussi un hospital pour les Sauvages malades cet infirmes, n’y ayant rien de plus pressant pour gagner leur amitié que le soin qu’on prend d'eux dans leurs maladies. Les Hospitaliers de Montréal me semblent fort propres pour cela, parce qu'ils connaissent par avance l'humeur et l’inclination des Sauvages, en ayant souvent chez eux.
$° Il faudroit absolument permettre aux soldats et Canadiens mesmes de s’y marier aux filles Sauvagesses, lorsqu'elles s2ront instruites dans la Religion et qu'elles sçauront la langue françoise, qu’elles apprendront d'autant plus ardemment (pourveu qu'on y travaille avec soin), qu’elles préfèrent tousjours un François pour mary à quelque Sauvage que ce soit, sans que j'en scache d'autre raison que la plus ordinaire, qui est que les estrangers sont préférés ou, pour mieux dire, c’est un secret de la Toute-Puissance.
9° Ces sortes de mariages affermissent l'amitié le ces nations, comme les alliances des Romains ont perpétué la paix avec les Sabins par l'entremise des filles que ces premiers avoient enlevées aux autres.
On trouvera dans l'exécution de ce projet non seulement
la gloi de Die establi qu'elle Jen mes en cution MM. « au con mencer cette ré mon im pour le et que sur ma que tou homme cequin Comn MlkkeM un ordr:
compagr fait, J’es faveur à Comm lonie por traité fai
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la gloire de Sa Majesté estendue avec esclat, mais encore celle de Dieu, puisque par ce moyen son culte et sa religion seront establis au milieu des nations, et les sacrifices déplorables qu’elles font à Baal entièrement abolis.
Je ne sçaurois assez vous exprimer les mouvemens, que mes ennemis se sont donnés pour m'oster l'honneur de l’exécution de mon projet, ce qui semble ne point discontinuer. MM. de Callières et de Champigny ne s’y opposent point; au contraire, ils m'ont retenu pour cette affaire de la commencer au printemps prochain. Lorsqu'on les a veus dans cette résolution, on a fait ce qu’on a pu pour persuader que mon mémoire est impraticable, et jai veu vingt parties faites pour le renverser. J’ose vous asseurer qu'il n'y a rien à craindre et que tout sera favorable à cette entreprise. J'en responds sur ma vie. M. de Pontchartrain n'aura pas plustost décidé que tout je pays y applaudira, suivant la politique de tous les hommes qui sont bien aises de trouver des diflicultés à tout ce qui n'est pas venu de leur sac.
Comme j'emmène mon fils avec moy au Détroit, je supplie M. le Ministre de luy vouloir bien accorder une enseigne ou un ordre pour la première vacance; on a donné celle de ma compagnie au fils de M. de Ramezay, ce dont je suis satisfait. J'espère que vous aurez la bonté de dire un mot en ma faveur à M. de Pontchartrain.
Comme j’ay esté un des dix, qui ont esté choisis par la Colonie pour en regler les iniérestz, nous avons approuvé le traité fait par Pascaud avec le sieur de Rodes; mais nous avons rejeté celuy qu’il a fait avec le sieur Bourlay (?) et ses associés, comme estant trop onéreux et insoutenable pour les
raisons qui en sont marquées ct sur lesquelles vous ferez sans
doute attention, aussi bien que M. Amelot qui est très pénétrant. La Colonie envoye deux personnes pour les aflaires qui la regardent et pour gérer la vente des castors; on leur a donné leurs instructions. Il y a lieu d'espérer qu'elles s’y conformeront et qu'elles feront mieux leur devoir que les premières.
Permettez-moy de vous asseurer que je suis avec un profond respect,
Monsieur, Vostre très humble et très obéissant serviteur.
LauoTHE CabiLLAC.
LA COMPAGNIE FORMEÉE DANS LA COLONIE DEMANDE L'EXPLOITATION EXCLUSIVE DU FORT DE FRONTENAC, DU DÉTROIT ET DES AUTRES POSTES.