‹ Première formation d'une chaine de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le Golfe du Mexique (1683-1724) [microforme] (volume 2)Chapitre 73 sur 267 · CE POSTE ATTIRERA LES SAUVAGES DE MISSILIMAKINAK · texte numérisé non relu

CE POSTE ATTIRERA LES SAUVAGES DE MISSILIMAKINAK

Extrait de la lettre du chevalier de Callières.

4 octobre 1701.

Les sieurs de Lamothe et de Tonty, capitaines, Dugué ct Chacornacle, lieutenants réformés, sont partis au commencement de Juin dernier, avec cent hommes, soldats et habitans, dans vingt-cinq canots chargés de vivres, marchandises,

munitions et ustensiles, pour aller faire l'establissement du Détroit...

Nous n'avons pas oublié de défendre de la part de Sa Majesté à ces officiers, soldats et habitans, d'y faire aucun commerce, à peine d’encourir la rigueur des ordonnances, et, comme il est nécessaire d’y faire la traite avec les Sauvages, nous y avons envoyé deux hommes de probité, qui la feront au profit de Sa Majesté avec toute la fidélité possible, et nous avons pris les autres précautions nécessaires pour empescher qu’il ne se glisse aucun abus, afin de pouvoir vous rendre, Mon-

scigneur, un compte exact des envoys qui y auront esté faits, quisontdès à présent fort considérables, comme vous le verrez par l’estat ci-joint qu’en a fait faire le sieur de Champigny.

Depuis le départ du sieur de Lamothe, nous luy avons envoyé deux canots, chargés de vivres et de marchandises, dans la crainte que nous avons eue qu’il n'en manquast, ct luy avons en mesme temps donné advis de la conclusion de la paix faite entre nous, nos Sauvages alliés et les Iroquois. Nous avons encore fait partir, au commencement de Septembre, deux canots pour conduire les femmes des sieurs de Lamothe et de Tonty, qui sont allées les joindre sur la demande qu'ils nous en ont faite.

Nous examinerons son mémoire, que vous nous avez envoyé, où il y a bien des choses qui ne sont pas praticables, particulièrement en ce pays-là.

Sa Majesté nous ayant ordonné de mettre en possession de ce poste la Compagnie de la Colonie pour jouir du commerce, qui s'y peut faire à l'exclusion de tous autres, nous sommes convenus, sous son bon plaisir, de le luy remettre, à condition de la rembourser de toutes les despenses qu'elle ya faites, qui consistent tant en marchandises, qui y ont esté envoyées pour la traite, qu'en vivres, munitions, ustensiles, achats de canots pour le voyage, construction du fort qui y est establi et engagés de ceux qui servent à cet establissement, à la charge néantmoins de lui faire déduction de la somme de 15,000 livres que Sa Majesté a accordée pour la construction de ce fort.

Cette Compagnie s'est aussy obligée de faire nourrir les officiers qui y commandent, afin qu'ils ayent leurs appointemens quittes, comme Sa Majesté l'ordonne, de faire porter à raison üe 15 livres par quintal, les vivres et les hardes des soldats, lesquels sans cela reviendroient à une fois autant.

Ils sont encore engagés de distribuer, dès le premier Janvier prochain, aux pauvres familles de condition, la somme de

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