Troisième volume, page 480. Journal de Joutel. E. de fer
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INTRODUCTION
de terres et de vingt arpents de front le long de Ia rivière Saint- Joseph, ci-devant dite des Miamis. C’était à cet endroit, comme je l'ai rappelé, que Cavelier de La Salle avait établi un poste “ avant le retour de Jolliet de la découverte du Mississipi, et ce 3 point devait bien être une de leurs missions favorites.
x Je n'insiste pas sur les procédés de cette faction. Il importait À seulement de les indiquer, parce qu'ils expliquent, avant comme ï après, bien des difficultés et des dessous de l’histoire.
k Il était beau sans doute au Gouverneur, d'avoir relevé l’idée d'une chaîne de postes, même sous l'inspiration d’un parti qui devait profiter des avantages contestés par lui, au temps où il les enviait. Maintenant, ces gens qui avaient, contrairement à la pensée du Comte de Frontenac, voulu la guerre contre les [ro- #} quois avaient à prouver qu'ils étaient capables de la mener à Ù bien; qu'ils sauraient triompher jusqu'au bout, et qu'après avoir fondé, outre les établissements commencés par Frontenac à et La Salle, un poste au Détroit du lac Huron, par exemple, ils parviendraient à déblayer le chemin des Lacs et les avenues du Mississipi des hostilités des Iroquois et des Anglais, contre lesquels M. de Denonville se préparait à marcher depuis son arri-
vée. L'auteur du Recueil sur les événements de la guerre déclare que le Père Enjalran était le conseil du Marquis. Je dirai deux mots de cette guerre.
Dans l'hiver de 1687 l’ordre avait été donné aux troupes et milices de se rendre, à la fin de mai, à Montréal pour camper à l'île Sainte-Hélène. Le 11 juin le Gouverneur. ayant reçu 1,500 hommes de France, arnenés par M. de Vaudreuil, maréchal des logis des mousquetaires, partit contre les Sonnontouans. La petite armée, composée des troupes réglées de France, de l'état-major, puis de quatre bataillons et de la noblesse de la AColonie, se complétait par des Sauvages chrétiens, après lesquels \enaient les Outaouas, les Miamis, les Illinois, les Pouteouaamis, les Chaouanons, les Hurons. Les yeux étaient étonnés de ette cohue de nations barbares, nues, matachées, ayant le front peint en rouge ou en vert comme leurs joues, semées de points oirs ou blancs, le nez, les oreilles percés, chargés de joyaux He fer, et le corps couvert de toutes sortes de figures d'animaux.
XXXVI INTRODUCTION
Il était curieux de les voir portant un arc et des flèches dans les mains, des cornes à la tête, des queues au dos, maisl'on n'était pas moins saisi par la diversité des chants, des cris, des harangues en toutes sortes de langages.
Avec ses troupes et toutes ces nations, sous la conduite de Henri de Tonty, remarquable par sa main de fer, de Greyselon Dulhut, de Morel de La Durantais et de Nicolas Perrot,le Marquis de Denonville devait étre supérieur aux Sonnontouans. A la suite des premières attaques, grand nombre de ces Sauvages périrent; leurs blés furent brûlés. Le Gouverneur ne s'était pas ménagé dans cette campagne, où plus de 300 hommes furent estropiés par les roches et les cailloux. Il marchait à pied dans les bois, portant ses vivres dans un havresac, harcelé par les maringouins. I] n'avait jamais eu, écrivait-il, tant de peine depuis trente ans qu'il servait le Roi, ne se donnant pas plus de douceurs que le dernier des soldats. Il avait montré la plus grande bravoure à la tête du premier bataillon, où tout le feu des ennemis s’adressait, et les Sauvages, qui ne savaient combattre que derrière un arbre, l'admiraient, lui et le commandant de Montréal, Hector de Callières, en bras de chemise, l'épée à la main, à cause de la grande chaleur, chacun d'eux, dans son quartier, passant ct repassant dans les rangs pour ranimer tout leur monde.
Mais il ne suffisait pas d'être un colonel valeureux ; il eût fallu à M. de Denonville savoir s'inspirer de lui-même, et il se laissait mener par des gens, qui se croyaient habiles parce qu'ils n'avaient pas de scrupules, et qui firent payer cher à la Colonit une telle habileté en portant les Iroquois à une guerre sans pitié à la suite d’une trahison indigne de militaires. Aussi ne venaitcle pas d'eux.
M. de Champigny, pour que la marche des troupes ne fût pas connue, s'était avisé d’un triste moyen. Précédant l’armée à Montréal, puis au fort de Catarocouy, il avait, chemin faisant, invité tous les Iroquois qu’il rencontrait à un festin, qu'il devaï donner dans ce fort. Il y invita de même les Sauvages cabané aux environs de ce poste. « Pendant ce temps-là, dit un témoin oculaire, il y avait des charpentiers qui disposaient des pièces de
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