‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 9 sur 304 · INTRODUCTION. XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXIII

plupart des gens »; et il s'était livré à ceux que ses sentiments religieux lui indiquaient comme semblant mériter le plus de déférence. Peut-être l'influence de sa femme y entra-t-elle pour quelque chose. La Marquise, que Rouer de Villeray, au nom du Conseil Souverain, était venu complimenter de ce qu’elle avait osé braver la mer, avait dû porter son mari du côté où s'était rangé naturellement le nouvel évêque, Lacroix de Saint-Vallie, , qui fit d'elle un portrait fort enthousiaste. Il résulta très probablement de cette agrégation qu’un jour, le Gouverneur, « après s'être consulté plusieurs fois devant Dieu », avait demandé le renvoi de l’Intendant, qui, suivant lui, faisait le commerce. Je veux croire, dit le baron de La Hontan, qu'il ait pu faire quelque commerce couvert; cependant il n’a fait de’tort à personne ; au contraire, il a procuré du pain à mille pauvres gens, qui seraient morts de faim sans son secours. En tout cas, le Marquis de Denonville aurait dû n'être pas aussi sévère, puisqu'il ne l’était pas pour tout le monde, «t, tout d’abord, disait-on, pour sa femme, laquelle avait tenu, en 1687, boutique de marchandises dans le château de Québec et mettait ensuite en loterie le rebut'. Concilier cette assertion et le jugement de Saint- Simon sur Mre de Denonville avec son portrait fait par l'Évêque?, c'est ce dont je ne me charge pas.

1. Madame la Gouvernante, qui est d'humeur à ne pas négliger l’occasion du profit, a fait, jusqu'à la fin de l’hyver dernier, tenir dans le château de Québec une chambre, pour ne pas dire une boutique, pleine de marchandises, et trouvé moyen, après cela, de faire une loterie pour se défaire du rebut qui lui était resté, et qui lui a produit plus que sa bonne marchandise,

Pour ce qui est des intrigues de Monsieur son mary, bien des gens disent qu'il profite de l'e.casion, mais je n’en dis rien, n'avançant q'e les choses dont j'ay une parfaite connoissance. (Lettre du 30 octs5ce 1688.) Arch. des Colenies.

2, À la tête de toutes les bounes œuvres, toujours présente aux messes de paroisse, aux processions, aux saluts et à toutes les dévotions publiques, tantôt dans une église, tantôt dans uneautre, elle a mis les actions de piété à la mode dans Québec, parmi les personnes de son sexe qui se font honneur de la suivre partout, même dans les hôpitaux, où elle sert les malades de ses propres mains, et ans les maisons des pauvres honteux, qu'elle assiste selon leurs diver: besoins en santé et en maladie ; eile les instruit, elle les console, elle panse leurs playes, elle leur propose des remèdes, elle fait leurs lits, et tout cela d'une manière si aisée et si naturelle qu’on voit bien qu’elle yest accoutumée..… Elle passe une partie de sa vie dans les monastères de filles, où on a cru devoir lui accorder une libre entrée pour

sa propre consolation et pour celle des Religieuses, qu'elle édifie beaucoup par sa conversation et par sa conduite,

XYXIV INTRODUCTION.

Le rappel de M. de Meules, devait donner au parti, déjà maître du Gouverneur, un Intendant tel qu’il l’entendait. Ce fut Jean Bochart, seigneur de Champigny, Noroy et Verneuil !; et il était fils d'un ancien Intendant en Limousin et depuis en Normandie, frère d’un archidiacre et chanoine de Rouen, qui fut nommé en 1687 évêque de Valence. Celui-ci, au dire de Legendre, était un gros garçon, qui aimait la joie pourvu qu'il ne lui en coùûtàt rien, et qui, à force de révérences, s'était entin mis en place. — L'Intendant du Canada, tâchant, comme lui, de

plaire aux puissances, — cominença par se recommander en apportant un buste en bronze du Roï, qu'il fit élever à ses frais le de. 6 novembre 1686, sur la place de la basse ville de Québec, en sh grande cérémonie. Mais, ce qui était mieux, on le disait encore } pen parent de l'ancien évêque M. de Laval, créature des Jésuites. | que Un d'eux même, qui avait été son régent, le Père de Carheil, bit lui faisait encore la leçon en 1702. au Ainsi, sous le gouvernement de M. de Denonville et durant et L l'intendance de M. de Champigny, la Compagnie de Jésus avait parv régné dans la colonie, et l’on comprend par là comment les an- Miss ciens adversaires de Frontenac et de Cavelier de La Salle jouis- quel saient enfin des positions et des avantages qu'ils avaient enviés. ves On avait vu même Nicolas Perrot?, qui avait tenté d'empoi- que sonner l’illustre Découvreur, devenir un des chefs de poste de mots l'Ouest. Cavelier de La Salie, du reste, n'avait pu obtenir D qu'une demi-réparation contre ses spoliateurs. M. de La Forest milid était bien rentré dans le poste de Catarocouy, mais M. de De- \ l'il nonville demandait que le Roi en retirât la propriété au 1,50d

Découvreur et laissât la traite libre aux habitants. Les Pères ha Jésuites, malgré les ordres du Roi, étaient aussi restés dans ce poste comme dans celui des Illinois, où nous avons vu le 4

La pd l'état

Père Allouez, embarrassé et inquiet, ne vouloir pas demeurer, | Color | lorsqu'il lui avait été dit que La Salle allait arriver 3. Enfin, les K oail : RR. Pères obtenaient, en 1686, le rer octobre, une concession amis | 1. « Beau-frère de M, de Vannouis, conseiller au Parlement de Paris, intendant 4 ette

| de Mme de Longucville et qui a force amis, étant très habile et très intelligent Deint dans son métier, » É 2. Premier volume, page 370.

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