‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 11 sur 304 · INTRODUCTION. XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXVII

assigné, ces malheureux, à leur arrivée, étaient arrêtés et, comme il n'y avait point de logements pour servir de prison, on les mettait au nombre de quarante-cinq hommes aux ceps, chacun un ‘ed à la coche, et un piquet leur servant de dossier, où une corde les attachait par le cou et leurs bras étaient serrés par des liens. Dans cette situation, ils chantaient à pleine tête leurs chansons de mort !. »

Aprés cette belle équipée, M. de Champigny repartait pour Montréal, d'où il envoyait en France, aux galères, les malheureux qui avaient cru pouvoir se confier à sa parole. On leur adjoignit Oreaoué, le fameux chef Goiogouen, qui, du temps de M. de La Barre, avait fait retirer de son village le Père de Carheil, ancien régent de M. de Champigny. Ce chef était l’un des deux plus considérables de sa nation. Les Anglais de New-York s'étaient servis de lui pour empêcher William Penn d'acheter la terre des Andastogués, défaits par les Iroquois et les Anglais du Maryland.

Ce fut alors que, sous l'excitation produite par l'acte perfide de l’Intendant, se réalisa la prévision d'un Sauvage nommé Atarhéa. Le Marquis de Denonville et ses conseillers avaient cru, d'après ce qui s'était passé sous M. de Tracy, qu’une campagne heureuse découragerait les ennemis, qu’il contiendrait, du reste, par les postes qu'il allait former. Mais Atarhéa, qui avait comparé, devant le Gouverneur, les Iroq'ois à un nid ue guépes, n'avait eu que trop raison de dire qu’il n'y fallait pas toucher, si l’on n'avait pas le moyen de les écraser toutes à la fois. Les Jésuites seuls, conseillers de M. de Denonville, avaient empêché d'écouter ce Sauvage 2.

Quoique vainqueur, le Marquis fut obligé de reconnaître l'erreur de sa conduite et redemanda les Iroquois envoyés aux galères. Déjà, le 6 juillet 1688, il avait écrit au commandant de Niagara d'abandonner ce poste, ordre que celui-ci avait exécuté le 15 septembre, de même que le 27 août le baron de La Hontan avait brûlé le fort Saint-Joseph du Détroit.

M. de Denonville allégua à cette occasion la difficulté de soute-

1. Recueil de ce qui s'est passé au sujet de la guerr*+ depuis 1682. (Archives de la Marine.)

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