‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 128 sur 304 · FAITS AU DÉTROIT · texte numérisé non relu

FAITS AU DÉTROIT

Lettre du Père Joseph Marest à Lamothe Cadillac.

A Missilimakinak, cc 20 octobre 1701.

Monsieur,

La femme de Quarante Sols nous a rendu le paquet de lettres dont vous me parlez dans celle que vous m'avez fait la grâce de m'escrire. Je m'attendois d'y trouver une lettre du P. Chollenec, qui, au commencement de celle qu'il m'a escrit, par nostre F. Louis Le Boëme, me mande qu’il m’a déjà escrit par la voye de Quarante-Sols, qui estoit party devant. Jene sçais pas ce qu'est devenue sa lettre. Si, par mesgarde, elle avoit esté oubliée, on m'obligeroit de me l'envoyer à la première occasion, ne sachant pas ce qu'elle peut contenir. Je vous ay desjà mandé par Koutaouiliboua que j'avois chargé Mikinak des lettres que le F. Louis m'a apportées icy pour vous. Je ne doute pas qu'il ne vous les ait rendues fidèlement. Il vous aura pu dire aussy, et luy et les autres Outaouas qui sont dans vos quartiers, quelle est leur résolution (si pourtant ils en ont une fixe); ainsi il me seroit inutile de vous en escrire. M. Arnaud, qui arriva ici de la

Baye avant-hier au soir, vous pourra dire qu’on n’a jamais , P q )

esté à Missilimakinak, depuis qu'il est habitué, dans une plus grande solitude que nous sommes. Il ne nous a apporté aucune lettre de la Baye; seulement il nous a dit que le P, Nouvel faisoit mission à deux lieues de l'endroit, où vos gens traitoient leur bled. Il vous dira luy-mesme les nouvelles de bouche s’il y en a. Amaioué, qui arriva hier d'en bas avec diverses lettres, ne nous apprend point encore l'arrivée des vaisseaux qu’on attendoit.

On avoit desjà porté aux Miamis ce qu'ils avoient ici en dépost, Tout leur sera rendu fidèlement, indépendamment de vostre billet que je n’ay pas pu encore envoyer au P, Aveneau. Ce fort que vous avez déjà achevé, et les hequx bastimens que vous me dites, plairont beaucoup à nos Sauvages, mais ce qui leur plaira plus que tout le reste, c'est le bon marché des marchandises que vous leur voulez procurer, surtout si c'est pour tousjours. Je vous ay desjà mandé qu’apparemment je ne ferois aucun mouvement cet automne. Je ne suis pas mesme dans le pouvoir de le faire. Je puis bien dire la mesme chose du P. de Carheïl, qui m'a prié de vous marquer qu'il est aussi, avec respect, ce que je suis et veux estre tousjours, Monsieur, vostre très humble et très obéissant

serviteur.

Signé: JosepH J. MaAREsT.

Note de Lamothe Cadillac. — Cette huitième lettre est du P. Marest, elle prouve le contraire de ce qu'il a écrit à M. de Lamothe dans la deuxième du 28 Juillet 1701, où il dit qu’il est tout prest de partir dès l’automne de la mesme année, si on le souhaite, et'il paroist qu'il en a esté prié par M. de Callières, aussi bien que le Père de Carheil; mais tout cecy s’est pratiqué pour endormir M, de Lamothe, qui n'en a pas esté d'humeur.

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