‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 144 sur 304 · LE DÉTROIT RÉGLERA DÉSORMAIS LES DIFFÉRENDS · texte numérisé non relu

LE DÉTROIT RÉGLERA DÉSORMAIS LES DIFFÉRENDS

Conseil tenu dans le fort du Détroit le 7 Décembre 1701 avec les Iroquots.

Aouendando, chef Sonnontouan, parle par quatre branches de porcelaine. — Mon père, ces quatre branches de porcelaine sont ma lettre. J’amène icy les us de trois femmes de la nation des Miamis(c'est-à-dire trois prisonnières). Onontio (c'est M. le Gouverneur général)m'a dit de les amener icy; il dépend de vous d’en faire ce que vous jugerez à propos, et, si vous agréez que je les amène moi-mesme chez leurs parens, je le feray. Vous n'avez qu’à me l’ordonner; je ne serois pas fasché d'aller en personne refaire le cœur des Miamis. Si vous me le commandez, donnez-moy quelque sauvegarde, afin que je sois bien reçu.

Nous regardons ce feu-ci (c’est-à-dire cet establissement :

cela fait voir la nécessité de maintenir ce poste), nous, Iraquois,

poi jou en:

bier déra Allo il fau quel porte des t parce Jay 1 Pa rogu avez à n’auro Pa Aoue Parlez d'ame je l'ay ce qu’ mesme prendr«

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plus fois :

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Iroquois.

comme le plus haut de tous les feux, où toutes les nations viendront pour y parler d’affaires.

Il vient, après moy, un autre chef qui amène des prisonniers pour vous en faire le maistre.

Réponse de M. de Lamothe à Aouendando, du mesme jour. — Demain je vous diray ma pensée ; je me suis resjouy en voyant les os de mes enfans les Miamis; j'espère en voir bientost davantage. Il est vray-que ce feu sera bientost considérable ; toutes les nations les verront de bien loin et diront: Allons nous chauffer au feu de nostre père. C’est donc icy où il faut que vous veniez, nations Iroquoises, et, s’il arrivoit que quelque esprit malfaisant voulust troubler une si belle paix, portez icy vos plaintes, suspendez vos haches dans le temps des troubles, jusqu’à ce qu'Onontio soit informé de tout, parce que sur ce que je lui escriray, il réglera nos différends. J’ay la bouche fermée aujourd'huy, demain je l'ouvriray.

Paroles de M. Lamothe au chef Sonnontouan et autres Iroquois, le 8 Décembre 1701.— Je suis ravy de ce que vous avez amené ici ces trois prisonnières, parce que les hommes n'auront plus maintenant que de bonnes pensées.

Par quatre brasses de tabac.—Ce tabac sera vostre lettre, Aouendando; vous la rendrez vous-mesme aux Miamis. Parlez-leur ainsi que je vais vous le dire: « Onontio m'a dit d'amener vos os au village des François, qui est au Détroit, je l'ay fait. Celui qui y commande a esté le maistre d’en faire ce qu'il vouloit. Je luy ay offert de vous les amener moymesme et de vous les remettre entre les mains ; il m'a dit de prendre courage et de les conduire dans vostre village, vous exhortant d’avoir pour moy les mesmes sentimens et le mesme

cœur, que s'il y estoit venu luv-mesme: il m'a recommandé

aussi de vous dire que nous fumions dans un mesme calumet.» Par deux brasses de tabac ?. — Voylà deux brasses de cou tabac pour fumer le matin en vous levant. Cela vous encou- : ragera pour marcher et vous délassera le soir, lorsque vous et c chaufferez vos pieds devant vostre feu. Z à Par quatre livres de poudre, quatre livres de balles et un os d fusil. — Ce fusil, cette poudre et ces balles sont pour tuer des P bestes pendant vostre voyage, afin d’en boire paisiblement le à tr bouillon. Vous en régalerez aussi les Miamises que vous rame- mais nez chez elles. Voilà un peu de rassade et de vermillon pour moy les décrasser, lorsqu'elles seront aux portes de leur village. j'ay € Paroles du mesme jour du chef Sonnontouan. — J'exécu- ches teray de point en point ce que vous m'ordonnez; voicy ce renve que je diray aux Miamis, en y arrivant: « Je vous prie de je vor vouloir m'escouter, parce que je veux vous informer de tout. » g ‘endu Je parleray par un collier et une couverte blanche aux Miamis salisse et je leur dois dire : Ré «Ce collier et cette couverte blanche sont pour tarir vos que v larmes et pour couvrir le sang de vos morts. Je vois, mes racines amis, que vous avez encore l'esprit chancelant, mais je vous les ren exhorte d'oublier le passé. Je vous prie d’avaler paisiblement beaucoup de bouillon, afin de laver vos cœurs. Je sçais qu'il “3 a vous est difficile de ne point songer à vas morts, mais puisque a la terre est maintenant sibelle, il faut vivre en bonne intelli- : 4. Cela anqu

gence. Regardons tous le village françois, qui est au Détroit; il réglera tous nos différends, s’il en survient 3.»

ë ; 3, C'est une marque de réconciliation. (L. C.) ren 2. Le tabac, parmi les Sauvages, est l'âme de toutes choses et le plus fin régal qu'on leur puisse faire. (L. C.)

3. Cela fait voir encore l'importance de ce poste, tant pour la paix que pour la guerre, et ceci se rapporte à la sixième lettre du Père Vaillant. (L, C.)

let !.»

es de ncou-

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