‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 167 sur 304 · DE LA NOUVELLE-FRANCE · texte numérisé non relu

DE LA NOUVELLE-FRANCE

Lettre de Lamothe Cadillac à Jérôme Pontchartrain. Fort Pontchartrain, 31 Aoust 1703.

Monseigneur,

J'ay eu l'honneur de vous escrire, l’année passée, bien au long la disposition de toutes choses concernant le poste du Détroit. Je vous escris encore, sans sçavoir quelles résolutions vous avez prises touchant son establisssement.

Vous avez sans doute fait attention au règlement qui fut fait par M. le chevalier de Callières, pendant que j'estois à Québec entre le R. P. Bonnart, supérieur des Jésuites, et

moy, et vous n’avez pas apparemment douté, en le voyant,

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que tout ce qui y est contenu n'ait esté exécuté de part et d'autre part.

Ce règlement prouve avec évidence l'opposition des Jésuites de ce pays pour empescher les Sauvages de s’establir en ce poste, et j'avois eu lieu d’espérer qu'on satisferoit aux promesses qu'on m'avoit faites, y ayant souscrit par une convention si authentique.

Vous avez eu la bonté de m'escrire que le Roy veut que les missions du Détroit soient desservies par les Pères Jésuites, et que leur supérieur de Québec m'en donneroit qui entreroient mieux dans mon esprit que le P. Vaillant n'y estoit entré.

Il semble que vos ordres suflisoient pour engager ce supérieur à pourvoir promptement à cette mission, surtout par la grâce spéciale que vous luy avez accordée de trouver bon que le P. Vaillant reste en ce pays, après s'estre opposé, comme il l'avoit fait, aux intentions de Sa Majesté.

Le règlement de M. de Callières sembloit aussi l'obliger indispensablement de faire pourvoir aux missions, ainsi qu'il y est nettement expliqué.

Vous verrez pourtant que, jusqu’à présent, les Jésuites n'ont rien fait pour l’exécution des intentions de Sa Majesté, que vous avez vraiment expliquées, tant à M. de Callières qu’à leur Supérieur de Québec, dont il vous a plu me donner connoissance.

Je ne sçais si on vous aura mandé qu'il fut convenu, en conséquence du règlement qui avoit esté fait, que la Compagnie de la Colonie payeroïit à chaque missionnaire du Détroit la somme de huit cents livres par an, qu’elle leur feroit porter, à ses frais et despens, les choses dont ils auroient besoin

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