‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 17 sur 304 · LXXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXXIV INTRODUCTION

que celle des Indes. Les mines s’épuisent, au lieu que les pêches sont inépuisables.» La guerre avec l'Angleterre et avec les Froquois n'étoit pas d’ailleurs favorable pour se procurer ces avantages. Cependant Champigny avait obtenu un beau succès en 1694 en faisant envoyer du blé en France, dans le temps de la disette. Le ministre l'en avait félicité, mais ce n'étaient que des promesse pour un avenir plus ou moins prochain, et qui ne faisaient encore que s'indiquer. Le Ministre faisait donc bien d'y pousser ainsi qu'à l'exploitation des bois, à la cuiture des chanvres. dont il pouvait y avoir grand débit en France. Mais il failait de l'argent pôur établir des pécheries, de même que la cherté de k main-d'œuvre s'opposait encore à la construction de navires au Canada.

Il en était donc résulté naturellement qu’à Montréal surtout, « même à Québec, on avait porté les yeux vers les Pays d’en Haut, et l'on ne pouvait guère, ce semble, empêcher les habitants d'aller chercher leur vie, là où elle leur était le plus aisée. Sans | doute, l'examen des inconvénients, qui en résultaient et que j'a signalés, avait porté Colbert à fixer les trois villes principale: du Canada, Québec, les Trois-Rivières et Montréal, pour y re- # cevoir les Sauvages des pays éloignés, en défendant aux Français d'aller dans les bois au delà du chiffre de 25 canots; néanmoins. vers cette époque même, la liberté de la traite avait trouvé un avocat dans M. de Meules. Cet intendant, plus intelligent mais » + d'apparence moins correcte que M. de Champigny, faisait observer que, si les Outaouas étaient venus quelquefois au nombre de 200 canots, c'était tout au plus si vers 1684 l’on en voyait jo ou 50, et alors le peu de profit, que l’on faisait dans les trois foires, tombait entre les mains de quatre ou cinq gros marchands, qui traitaient en vingt-quatre heures toutes les pelkteries, et ainsi peu d'habitants profitaient de cette traite. « le trouve plus à propos, écrivait-il, que 200 canots Françoi aillent chez les Sauvages, plus tost que 200 canots sauvages viennent à Montréal, parce que, dans ce nombre de canoits. il y a au moins 4 ou 500 François qui sont occupés et tous en état, par le petit profit qu'ils espèrent y faire, de se bien établir M dans le pays ct, cestant fatiguez de ces voyages, d'emplove

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INTRODUCTION. LXXXV

eurs profits à bastir des maisons et à faire des habitations. Cela mploye mesme beaucoup de fainéans, qui ne sçavent que faire ct Mont toujours à la charge de leurs familles. Ce qui nous rendroit es maistres, par succession de temps, de tous les Sauvages, et ke grand nombre des François qui seroïent dans les bois détoureroit nos voisins d'attirer à eux la traite des Sauvages ou de la aire eux-mêmes dans les bois et d'aller chercher les pelleteries omme font les François. »

M. de Meules pensait encore que, cette traite étant libre sans ‘on en eût acheté la permission 12 ou 1500 livres, les Franhis vendraient aux Sauvages à bien meilleur marché, « ce qui rait que ceux-ci tiendraient bien plus grand compte de nous ». L'objection, présentée autrefois, que les voyageurs français cauaient un tort considérable aux nations de Missilimakinak, qui étaient faites les commissionnaires de nos marchandises parmi ès peuples les plus éloignés, n'avait plus de fondement, car nous e connaissions pas, en ce temps-là, une multitude de peuples qui Baient devenus nos alliés et se montraient plus fidèles que les Dutawas. Or, si l'on enlevait aux Français la liberté d'aller dans Bs Pays d'en Haut, Missilimakinak continuerait de faire le pmmerce, mais le castor irait à Orange et chez les Anglais. Ainsi, relativement au comme.ce des Pays d'en Haut et aux byages, qui devaient rendre nécessaire l’établissement de postes d'entrepôts, il y avait eu de tout temps des idées contradictoires. n tout cas, si le commerce des pelleteries offrait tant d'avantages la colonie, il n’y avait qu’une raison de le limiter, c'était qu'il t reconnu excessif et qu'on n’en trouvât plus le débouché en ance.

Certaines gens, il était vrai, pensaient que l'on en était arrivé à point.

D'après un mémoire de 1696, la sortie des castors pour la tropole et autres pays, qui autrefois pouvait s'élever à 80 milrs, devait avoir été portée à plus de 150 milliets par an, sans prendre ceux de la Baie d'Hudson qui tirait, bon an, mal an, milliers. Or, de l'avis de certaines gens, le Royaume ne pout ni consommer ni débiter à l'étranger l'extrême quantité qu'on recevait des Coureurs de bois, ceux-ci ayant obtenu encore

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