LXXXVI INTRODUCTION
depuis peu, sous différents prétextes, la permission d’occuper des postes extraordinairement éloignés de la Colonie; en outre, au dire de M. de Champigny, ceux qui s'étaient jetés du côté du Sul avaient infesté le Canada de tout le castor inférieurr.
Le premier conseiller, qui tenait tête à M. de Frontenac dans le Conseil. Souverain, dont il ne voulait 1e regarder que comme un membre honoraire, Rouer de Villeray, étant agent et contrôleur de la ferme, vint sans doute, en cette occasion, à la rescousse de M. de Champigny, dont il ne cessait de se montrer le champion en diverses circonstances. Aussi l'Intendant le protégeait-il. Mais les opinions mêmes de M. de Villeray pouvaient n'avoir pas toute l'autorité désirable, car, lorsque le Fermiers Généraux voulaient réduire la sortie des castors au chiffre de 50 milliers, des négociants, qui proposaient d'en fair: une compagnie spéciale, établissaient qu’on pouvait pousser li vente au moins à 146 milliers.
L'écart de ces chiffres et de celui des Fermiers Généraux étai trop considérable, pour que ces derniers fussent dans le vrai Les négociants l’attribuaient au manque d'industrie, d’activik de leur administration qui ne s'appliquait pas assez à cherche les moyens d’écouler leurs marchandises. Ils leur reprochaier: de ne pas pousser, par exemple, à populariser l'usage des man. chons; de ne pas empêcher les fraudes dans la confection dé chapeaux, fraudes qui diminuaient la vente du castor de moitk par le mélange de laine, du poil de lapin et autres matièré de mauvais aloi.