‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 33 sur 304 · Lett · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION. CXV

«Ceux qui obtiendroient des congés, écrivaitl'Intendant, feroient leur traite dans l’un des postes, où ils seroient envoyés et partagés également, afin d'être en état de résister aux Iroquois etaux Anglois, s'ils osoient y venir. On attireroit les Sauvages à ces deux postes et on leur feroitcomprendre qu'on s’y établissoit seulement pour les protéger contre leurs ennemis, que les marchandises qu'on y apporteroit ne seroient que pour entretenir les François et les garnisons. On leur feroit connoître que le Roi ne vouloit plus que les François profitassent de la traite, que l’on pouvoit faire dans les pays les plus éloignés, et qu'il en laissoit tout le bénéfice aux Sauvages, lorsqu'ils viendroient apporter leurs pelleteries dans la colonie. »

M. de Champigny pensait que ce moyen suffirait pour se les attacher et les empêcher de se donner aux Anglais. IL espérait en outre que ces dispositions arrêteraient les murmures des habitants, et, pour tâcher en même temps de ramener à lui le Gouverneur, il songeait à lui faire une concession relativement au poste de Catarocouy, qu’il prétendait n'être cher au Comte que parce que celui-ci y faisait faire le commerce, et, puisqu'il y avait dans ce poste des vivres et des munitions pour deux ans, il admettait qu'on le conservât encore un certain temps, pendant lequel on pourrait connaître s’il était utile ou non:.

L'épreuve, qui en avait été faite depuis longtemps, suffisait, ce me semble, mais c’était pour cela même que M. de Champigny en poursuivait la suppression, pour faire plaisir aux créateurs de Michilimakinak et du poste Saint-Joseph.

Ce projet, patronné par le P. la C. (le Père Lachaise ?}, avait été accepté par la Cour, qui, à la date du 27 avril 1697, permettait la conservation de ces postes, si le Comte de Frontenac n'en avait pas retiré les détachements qui y étaient.

Toutefois, comme ce n’était que dans la seule vue de contenir les Sauvages, et d'empêcher qu’ils ne prissent entre eux des résolutions préjudiciables au bien de la colonie, le Roi interdisait le commerce, sous quelque prétexte que ce fût, aux officiers et aux soldats {27 avril 1697), et il ordonnait à Champigny de leur

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