‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 34 sur 304 · CXV: INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXV: INTRODUCTION

faire fournir, Sur Jeur solde, tout CE qui serait nécessaire à leur à leur habillement. A la même date, les Jésuites

subsistance et étaient autorisés à aller dans les profondeurs des terres tantaux Oualement quelques

taouas qu'ailleurs, mais le Roi leur imposait ég autions. Ils pouvaient mener avec eux à leurs missions un ou deux domestiques; qui, une fois ou deux par a; leur porteraient leurs besoins, en les soumettant à certaines mesures pour éviter les soupçons de commerce. Il Jeur était aussi ordonné de déclarer au sieur de Champigny les pelleteries dont les Sauvages Jeur auraient fait présent, et qui devaient ensuite être remises dans les magasins du Roi pour être vendues à son profit. Le Comte de Frontenac était autorisé enfin à conserver le poste de Catarocouy, S'il le croyait convenable au service, pourvu que l'on ne fût pas obligé à une plus grande dépense qu’à celle qui

se faisait pour Rivières.

Lorsque le Comte et l'Intendant reçurent cette gèrent à prendre des arrangements En conséquence. Mais il y eut d'abord à s'occuper des dispositions nécessaires dans le cas où les Anglais attaqueraient Plaisance et Québec. La colonie fit les plus grands efforts à cet effet. Des partis allaient en

même temps du côté des Colonies anglaises, et l'on attendait l'arainsi que

rivée de Lamothe-Cadillac avec le convoi des Outaouas, les trois cents Sauvages qu'il avait engagés à le suivre sur les exhortations du chevalier de Callière. Ce renfort aurait fort incommodé Îles ennemis, en tenant la campagne, Si l'on avait eu alors l'occasion de reprendre contre New-York et Boston les anciens projets de M. de Callière en 1689. Le Comte de Frontenac comptait alors sur l'utilité, dont pouvait être l'ancien guide de M. de La Caffinière. Il demandait pour Cadillac un brevet de n rappelant ses plans de Boston et de

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INTRODUCTION. CXVIL

Tout d’abord la venue des Sauvages donna lieu de reconnaître ce qui arriverait des mesures prises par la Cour relativement aux postes éloignés.

Les Outaouas, après avoir félicité le Comte de Frontenac de le voir en si bonne santé à son âge, lui exposèrent leurs affaires, disant qu'ils ne venaient pas en traite, n'ayant pas de castor, mais seulement pour l'écouter. Ils lui demandèrent,entre autres choses, ce qu'il fallait faire des Miamis. r :! se vantaient de savoir faire de la poudre ainsi que des armes et pourraient bien introduire les Anglais. Mais si les Miamis voulaient détruire leurs cabanes et brouiller la terre, comment les Outaouas les repousseraient-ils, dans l'abandon où on les tenait? Ce fut là, de leur part, un grand sujet de plaintes.

«Autrefois, dit le chefdes Kiskakons, parlant pour tous, vous nous fournissiez la poudre et le fer pour vaincre nos ennemis ; aujourd’hui tout nous manque. Nous avons été contraints d'abandonner nos corps pour battre ceux que nous venons de détruire. Ils ont la poudre et le fer. Comment pouvons-nous nous soutenir, si nous n'avons que nos casse-‘te? Ayez donc compassion de nous, et considérez qu’il n’est pas aisé de tuer des hommes avec du bois. »

Onanguissé, le chef des Pouteouatamis, s'exprima sur le même sujet plus vivement encore.

« Puisque nous manquons de tout ce que vous nous envoyiez autrefois pour nos besoins, comment voulez-vous que nous fassions ? La plupart de nos femmes, qui n’ont qu’un castor ou deux, les enverront-elles à Montréal pour avoir leurs petites commodités ? En chargrront-elles des ivrognes, qui en boiront le prix et ne leur rapporteront rien? Ainsi, n'ayant dans notre pays aucune des choses qui nous sont nécessaires, comme vous nous aviez promis, l’année dernière, de nous les fournir, que, celle-ci, on ne porte encore quoi que ce soit, et que les François ne viennent plus nous visiter, vous ne nous verrez plus, mon père. Je vous le dis, si les Français nous quiitent, c'est la dernière fois que nous viendrons vous parler. »

La harangue du Pouteouatamis, et la hardiesse avec laquelle il la prononça, fermèrent la bouche à tout le monde, et les plus

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CXVIII INTRODI'CTION,

déclarés contre le castor, unique soutien du commerce du pays, ne purent, dit Frontenac, s'empêcher de laisser voir leur étonnement malgré leur dissimulation naturelle.

Le Comte se borna à répondre que, cette année, de grandes raisons l'empéchaient d'envoyer dans leur pays sa jeunesse en aussi grand nombre qu'il le ferait sans les grands desseins qu’il formait contre ses ennemis et les leurs. «Jene puis pas, terminait-il, vous ouvrir mon cœur sur les entreprises que j'ai résolues; lorsque les feuilles seront rouges, peut-être les apprendrez-vous. Je travaille toujours à détruire l’Iroquois. Je médite sa perte, et bientôt vous trouverez la terre aplanie de ce côté-là. »

Il avait néanmoins préparé les envois dans les Pays d’en Haut, avec les réserves, commandées par le Roi, que les Français n'auraient précisément que ce qui leur serait indispensable pour leur subsistance, le commerce leur étant expressément interdit.

Au printemps, d'Ailleboust d'Argenteuil avait eu ordre de se mettre à la tête des soldats qui devaient mont-r à Missilimakinak, et le sieur Bissot de Vincennes était commandé pour aller aux Miamis.

La même recommandation de ne pas emporter de marchandises était faite aux quatre-vingt-dix voyageurs, descendus, en 1696, sans pelleteries, pour venir à l'expédition d'Onnontagué.

Ils étaient alors autorisés à aller chercher leurs pelleteries, mais sans, prendre avec eux plus de 250 livres de marchadises en monnaie du pays, ce qui était tout juste le nécessaire pour vivre pendant leur hivernement. Enfin, Alphonse de Tonty, capitaine réformé, frère cadet d'Henri, le lieutenant de Cavelier de La Salle, s'était tenu, par ordre du Comte de Frontenac, près de Mu:.:réal, pour parcir incessamment après l’arrivée du sieur de Lamothe et ‘'evait commander à Missilimakinak, si celui-ci ne voulait pas y retourner, ce qui eut lieu. Il avait exprimé là-dessus nettementson refus à cause des Missionnaires, gens, disait-il, qui veulent être maîtres partout où ils sont, qui ne peuvent souffrir personne au-dessus d'eux, et encore moins des inspecteurs sur leurs intérêts.

Le Gouverneur ne tarda pas à profiter de la présence de cet officier pour discuter ce qu’il était à propos de faire relative-

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INTRODUCTION. CXIX

ment à plusieurs affaires, concernant les pays éloignés, et sur les précautions à prendre pour en faire revenir les Français et empécher, à l'avenir, d'y faire la traite.

Le Comte de Frontenac réunit à cet effet chez lui, le 11 Scptembre, MM. de Vaudreuil, Provost, le marquis de Crisafi, Galiffet, Subercase et Lamothe Cadillac, auxquels se joignit naturellement M. de Champigny. Le gouverneur leur demanda de classer, par écrit, ce qu'ils pensaient sur la conservation ou l'abandon des forts de Missilimakinak et d’ailleurs. Une lettre de Lamothe-Cadillac, datée du 20 Septembre 1697, donne parfaitement les raisons présentées par cette assemblée.

Les Canadiens, écrivait-il, discontinuant de voyager, et tant de postes, depuis si longtemps soutenus, se trouvant sans officiers etsans soldats, le pays serait naturellement ouvert aux Anglais, qui n'épargneraient rien pour l’occuper. Prenant à partie les idées émises par M. de Champigny, Cadillac estimait le projet de maintenir les postes de Missilimakinak et des Miamis comme tout à fait impraticable. Ce n’était, suivant lui, que le feu d'une opinion peu réfléchie qui ne pouvait se soutenir, puisque la situation des pays ne permettait pas la continuation des vingtcinq congés, sans le concours des garnisons, et qu'on ne pouvait y maintenir les forts sans l'appui des voyageurs.

Lamothe-Cadillac apportait là-dessus diverses raisons : « S'il y a, écrivait-il, un commandant à Missilimakinak et vingt soldats, il s'agit de les y entretenir; il faut leur faire apporter ce qui est nécessaire à leur subsistance. Or, l’on n'ignore point qu'il faut apporter cette solde à trois cents lieues de Montréal, et si l'on va jusqu'aux Miamis, à quatre cent cinquante lieues. Il est incontestable que pour munitionner le fort Frontenac, qui n'est qu'à six journées de nos habitations, il faut ordinairement un convoi de six cents iommes pour n'être point battu par l'ennemi. A plus forte raison, un plus grand nombre est nécessaire pour les Outaouas, à cause des plus fréquentes occasions, qu'on a, de rencontrer les Iroquois sur cette route. L'on va au fort Frontenac et partout ailleurs en bateaux. Pour aller aux Outaouas, il faut de grands et bons canots. — Les bons soldats savent voyager aux environs de Montréal, — mais, pour aller chez les nations éloignées,

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CXX INTRODUCTION

il faut l'élite des Canadiens. Les plus vigoureux et les plus expérimentés y sont toujours embarrassés. Mais il ne suffit pas d'y aller, il faut que ce convoi revienne. Ce sont de nouveaux frais. Un fonds, par conséquent, doit exister à Missilimakinak pour s'équiper de nouveau, pour y avoir des vivres et des canots. On a besoin d’autres hommes, car ceux qui sont arrivés ne sont point ordinairement en état de descendre, leur fatigue est trop grande. Si l’on veut alléguer qu'il suffit de détacher trois ou quatre canots pour ce voyage, il faut conclure aussi qu'ils ne passeront jamais que par miracle ou, pour mieux dire, que par un pur hasard, parce que les ennemis, ayant connoiïssance de tout ce qui se passe parmi nous, se posteront en cent endroits différents, par petits partis, et trouveront par ce moyen, toutes les années, de quoi se munitionner eux-mêmes et faire des grillades de nos soldats.

« Mais quand bien même, terminait Cadillac, la Cour pourroit envoyer en sûreté la solde des soldats dans ces postes, quel moyen trouvera-t-elle de les y maintenir et de les conserver? On alléguera peut-être que les Iroquois ont rarement attaqué des forts, et qu’ainsi ces garm®isons-là ne sont point trop risquées. Ce n’est pas non plus dans ces vues que la Cour les y doit entretenir. Ce ne doit être que pour s'en remettre aux soins d’un commandant et à sa capacité, pour retenir tous nos Sauvages alliés dans nos intérêts, pour accorder les différends et les querelles qui s'engagent journellement de nation à nation, ou bien pour les désunir entre elles, si la politique et la nécessité le requièrent. C'est dans ces fâcheuses conjonctures qu’on est obligé de se renfermer dans les forts st de prendre les armes contre nos Sauvages, qui font souvent de puissants efforts pour attirer chez eux les Anglois, dont le commerce les chatouille sans cesse, et si la Cour

ne s’embarrasse point que l’Anglois s’y établisse, n'est-il pas de la prudence qu'elle en retire ses garnisons, sans les exposer à la honte infaillible d'en estre chassées par ses ennemis ou plutôt d'en être ecrasées par nos alliés mêmes? Quelle sûreté peut-o1 trouver parmi des peuples qui n'ont ni foi ni loi, ni aucune subordination ? »

Tous ces raisonnements, appuyés par des officiers qui avaient

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INTRODUCTION. CXXI

vu de près les choses, détruisaient les projets donnés par des hommes qui ne voyaient que de leurs bureaux, à commencer par l'Intendant.

En présence des impossibilités auxquelles on le condamnait, le Comte de Frontenac ordonna d'abandonner Missilimakinak et les Miamis qui étaient fort éloignés, et il maintenait le fort de Catarocouy, qu’i: envoyait ravitailler contre l'opinion de M. de Champigny; mais, écrivait le Gouverneur le 15 Octobre 1697, il est le seul de son sentiment dans ce pays. L'entretien d’une garnison dans ce poste n'entraînerait guère plus de dépense que celle de sa subsistance dans les postes de l’intérieur de la Colonie. C'était, ajoutait-il, le seul endroit par où, si la guerre venait à recommencer avec les Anglais, l’on pourrait être averti de leurs mauvais desseins et y faire un entrepôt contre eux. Enfin, en temps de paix, ce poste était le meilleur moyen d'entretenir une bonne intelligence avec les [roquois, ce qu’on ne pouvait contester.

Irrité de voir qu'il ne réussissait pas à faire goûter ses projets en faveur des postes, que ses amis avaient leurs motifs de préférer, et que le Comte de Frontenac se maintenait sur le Lac Ontario, malgré toute son opposition depuis plusieurs années, M. de Champigny poussa les choses à l'extrémité. On ne voulait pas lui accorder son Missilimakinak et ses Miamis. Il résolut aussi de faire supprimer le poste des Illinois, que l'ordonnance de 16096 conservait, et 11 s'acharna à ce que le Roi retirât la permission accordée aux sieurs Tonty et de Laforest. Il disait qu’ils feraient le commerce, quoique le Roi le leur eût défendu, que la Déclaration de 1696 ne servirait qu’à leur procurer le monopole des pays éloignés. Déjà, en 1695 (6 Novembre), il avait incrim'né le voyage de Tonty aux Assiniboels. Cette fois, le 13 Octobre 1697, il écrivait que Tonty et Laforest ne pouvaient reste: dans leur fort que pour traiter du castor; autrement il leur causerait une dépense, qu'ils ne sauraient supporter. Ainsi, il fallait s'attendre, ce qui était indubitable, que, s'ils avaient la liberté d'y aller et d'y rester avec des Français, ils feraient seuls le commerce dans les pays éloignés, avec des profits immenses. « Il est bon même de vous informer, Monseigneur, qu'ils ont ac-

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CXXII INTRODUCTION

tuellement un magasin à Chicagou, au pays des Miamis, et un autre à Missilimakinak, et qu’ils ont envoyé des canots dans suË d’autres endroits, dont deux ont été pillés par des Sauvages Illi- ext nois, en voulant les faire passer chez les Sauvages nommés Sioux, obl qui sont ennemis des autres. Et. pour vous faire connoître en M. quelles mains et sous quel commandement sont tous les pays pen: éloignés, il est à propos de vous dire que le sieur de La Forest roir commande à Missilimakinak, le sieur de Tonti (Henri), proprié- : que ÿ taire avec lui du fort Louis des Illinois, est allé au pays des sau- Gasc vages Assinibouels, qui est une nation très éloignée dans le Nord, qui, où il y a abondance de castor. Le sieur de Tonti (Alphonse), capi- ; A. taine réformé, son frère, est celui qui est parti de Montréal, à mon vait : insceu, au commencement de Septembre, pour aller commander et qu à la place du sieur de La Forest, à Missilimakinak, et le sieur Je JS partic Liette, petit officier de troupes, cousin du sieur de Torti, <o.. par là mande au poste de Chicagou, pays des Miamis. Tous n’ont qu'un Mons même esprit et qu'un seul intérest, tendant uniquement à la traite. » sieur Cette attaque contre les deux anciens officiers de Cavelier de La ; en ren, Salle était assez vive. Mais M. de Champigny devait avoir encore ; par les muins de ménagements à l'égard de Lamothe-Cadillac, quil été per avait rencontré constamment opposé à ses vues, et qui venait de beauco montrer cymbien était ridicule le projet de l'Intendant «ie faire mothe garder tous les Pays d'en Haut par 28 hommes. Cadillac disait | osé se bien que la jalousie de M. de Champigny contre le Comte de accroir Frontenac devait retomber sur les protégés de ce dernier. Ce- intimid pendant il devait, il faut l'avouer, s'attendre à ce que l’on Île d'arrest voudrait toucher lui-même par ses côtés vulnérables. C'est ce M justice que fit l’Intendant. Plusieurs fois, écrivaii-il, il avait eu avis de F4 Le p plusieurs contraventions du commandant de Missilimakinak aux “% «'tuatio ordres du Roi, et aussi de certaines vexations exercées par lui au , aits préjudice de voyageurs. Chaque fois il lui avait mandé de faire rte-p cesser ses sujets de plainte. Mais toujours M. de Lamothe lui M. de ( avait répondu que ces plaintes n'avaient aucun fondenent, et admon« qu'il l'en convaincrait aisément à son retour. Cadillac soupçon- «Il y a nait là-dessus « les mémoires empoisonnés » des RR. PP. et qui on du P. de Carheil en particulier, de l'avoir desservi. Il allait bientôt en avoir la certitude. 1. His

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INTRODUCTION, CXXIIL

Il était à peine à Montréal depuis un mois et demi, quand le subdélégué de l'Intendant mandait, à son tour, que Cadillac avait extorqué à des voyageurs quantité de castor pour qu’il ne les obligeât pas de descendre, ainsi que le voulait l'ordonnance. M. de Champigny et son subdélégué semblaient portés à faire penser que Cadillac avait le vice qu'Henri IV prêtait à son terroir natal. Un jour le jardinier de ce prince se plaignait à lui que les fleurs qu’il avait semées ne ,renaient pas. « Sèmes-y des Gascons, ils prennent partout », avait reparti le spirituel Béarnais, qui, lui-même, déclarait qu’il eût été pendu, s’il n'eût été Roi.

A l'apoui de ce qu’il avançait sur Cadillac, le subdélégué écrivait : « Jamais homme n'a amassé du bien en si peu de temps et qui ait fait autant de bruit par les torts qu’en reçoivent les particuliers, qui font les avances de ces sortes de traites, les ayant par là réduits à l'impossibilité de faire leur retour en la Colonie. Mon sentiment sur ce sujet auroit été que tout le castor que ledit sieur de Lamothe a fait apporter à Missilimakinak fût saisi pour en rendre une partie à ceux de qui il en a exigé, ainsi qu’il paroît par les déclarations etréquisitoires. On m'a assuré que, si on avoit été persuadé qu'on en eût rendu justice, il se seroit présenté beaucoup plus de gens pour le demander. Mais le sieu: de Lamothe estant soutenu de M. le Comte de Frontenac, le reste n’a osé se plaindre, parce que ledit sieur de Lamothe leur a fait accroire qu’il remonteroit audit Missilimakinak, et cela pour les intimider et empescher de se plaindre. Le remède seroit encore d'arrester les lettres de change, jusqu'à ce qu’il eût satisfait à la justice due aux principaux intéressés, qui sont les marchands. »

Le parti hostile au Comte de Frontenac se hâta d'exploiter la ‘ tuation et de discréditer autant qu'il le pourrait cet homme, qui a” it surtout le tort d’avoir eu trop de fois raison, en se faisant le

rte-parole du Gouverneur, dans des circonstances où l'Evêque, M. de Champigny, le Conseil Souverain, avaient été justement admonestés par le Ministre. M. de Frontenac le pensait ainsi. «Il y a longtemps, écrivait-il, que la grande finesse des personnes qui ont voulu décrier ma conduite en ce pays et me faire des

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