‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 35 sur 304 · MANS ETES ET LETTRE · texte numérisé non relu

MANS ETES ET LETTRE

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CXXIV INTRODUCTION

affaires a la Cour a été de prendre les devants pour y donner de méchantes impressions contre ceux qui m’étoient affectionnés et dont ils croyoient que je pouvois me servir pour en rendre un compte fidèle, afin que l'on n’adjoustast pas foi à leur témoignage» (19 Octobre 1698). Il.défendit en conséquence Cadillac, qui de son côté écrivait : « Si les Jésuites n’avoient pas entrepris de me susciter de mauvaises affaires, M. de Champigny seroit entièrement dans mes intérêts ; mais, parce que j'ai banni les abus que les Missionnaires y avoient introduits, je n'ai pas servi le Roi à son gré. »

S. l'on ne poussa pas les choses aussi loin que le demandait le délégué de l’Intendant, celui-ci en fitassez pour afficher Cadillac. A cet effet, un sieur Moreau et un sieur Durand intentèrent un procès à l’ancien commandant de Missilimakinak.

Ces deux individus avaient été engagés par la femme de ce dernier, en Avril 1696, pour lui mener des marchandises. Maïs, trouvant que le congé, qu’ils avaient reçu du Gouverneur pour un canot, pouvait, avec de l'adresse, s’augmenter d’un autre, ils avaient excédé le chiffre convenu pour Cadillac, et les deux conducteurs avaient ajouté des marchandises pour leur propre compte ou tacitement pour Cadillac.

Or, la vigilance du sieur de La Touche, en allant visiter les canots qui montaient à Missilimakinak, avait surpris celui qui passait en fraude, et il avait fait saisir le peu de marchandises qu'il y avait dedans, parce qu'il n'était pas encore chargé complétement. Malgré cette saisie, il était parti deux canots et demi ou trois pour Cadillac à Missilimakinak, et la vente avait été faite de 7,000 francs de marchandises, par l'intermédiaire de Moreau et de Durand.

Mais, un mois après cette vente, Durand ayant été emprison ‘é, par ordre de Cadillac, pour avoir refusé de payer le chien d’un Sauvage, qu'il avait blessé, Durand avait fait dire au commandant qu'il ne voulait point tenir le marché qu'il avait fait de ses marchandises, et Moreau, n'ayant pas voulu s’en charger seul. avait été mis en prison sous prétexte qu'il avait voulu faire évader Durand. Là n’était pas le plus grand mal, au dire de leur placet. Pendant que tous deux étaient prisonniers, Lamothe avait fait

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INTRODUCTION. CXXV

enlever de leur cabane non seulement les marchandises qu'ils avaient achetées de lui, mais encore celles qui leur appartenaient à eux-mêmes, outre leurs armes, vivres et hardes, et une cassette, dans laquelle Lamothe trouvait des factures de marchandises, dont ils ne lui avaient pas tenu compte et qui étaient en dessus de 100 livres permises par le congé. De telle sorte que Moreau et Durand s'étaient trouvés sans ressources lorsqu'ils avaient été élargis, et ils avaient été obligés d’emprunter pour vivre. C'était la raison pour laquelle ils venaient, dix mois après, exposer leurs prétentions.

Ils réclamaient principalement les 200 livres de leurs gages, tous les effets que Cadillac leur avait enlevés, selon leur valeur, et le montant de leurs billets et obligations. Le commandant de Missilimakinak leur ayant ainsi retiré le moyen d'en être satistisfaits par les débiteurs, lorsqu'ils étaient dans lesdits lieux, et les ayant retenus depuis sans les représenter, s'en étant peut-être même fait payer, ils réclamaient le tout avec dépens, dommages et intérêts, sans que le sieur de Lamothe pût rien prétendre contre eux pour avoir porté des marchandises au delà de roo livres chacun, dont ils avaient eu la permission, à laquelle ils disaient avoir même droit.

De son côté, Cadillac préicndait que les profits provenant des marchandises portées par eux au delà des 100 livres permises lui appartenaient, que Moreau et Durand lui redevaient ce qui manquait des marchandises qu'il leur avait vendues à Missilimakinak, lorsqu'il les avait reprises et qu’il ne devait pas être garant de ce qui était dû à Moreau et à Durand pour les billets et l'obligation dont il s'était saisi.

M. de Champigny, après qu’il eut été plaidé devant lui sur ces contestations et sur les autres qui en dépendaient, avait jugé l’affaire assez instruite pour être portée au Conseil Souverain et jugée.

Il serait inutile d'entrer dans les détails de ce procès. L'exposé qu'on vient de lire sur le mémoire de l’Intendant suffit pour constater que Cadillac avait fait le commerce contre les règlements, et que par conséquent il avait encouru les mêmes peines

qu’encourait en 1700 M. de La Porte-Louvigny, commandant du fort de Catiracouy.

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