QAR
CXXVI INTRODUCTION
Ce qui faisait ici évidemment le principal intérêt du procès, c'était que l’Intendant, le Conseil Souverain, les RR. PP. étaient fort aises de frapper un homme dévoué au Comte, avec l'espoir de montrer que ‘ui aussi était mêlé au commerce.
Mais ce qu'il y avait de curieux dans cette poursuite, c'était de voir parmi les taons les plus animés du Conseil, M. de Villeray qui, tout en faisant son office très tranquillement, tenait une boucherie dans sa maison, faisait débiter la viande par son valet et recevoir l’argent par sa femme. Cela n’empéchait pas M. de Champigny de lui faire accorder certains avantages particuliers et de faire de lui les plus grands éloges. Il n’y a pas, écrivait-il, de meilleur sujet, qui ait plus d'honneur, de droiture et de fermeté sur ses obligations. Mais l’Intendant, avec plus de loyauté et de justice, aurait dû considérer d'autre part la nécessité de faire une situation meilleure aux commandants de postes, si l’on ne voulait pas qu'ils cherchassent des ressources pour leur propre vie en dehors de leurs appointements.
Un fait, d’ailleurs très important, pouvait les excuser jusqu’à un certain point, c’est que, pendant la durée des Congés, on n'avait jamais envoyé aux officiers, non plus qu’aux garnisons, ce qui leur était nécessaire, d'autant que cela ne se pouvait faire sans causer une forte dépense ni sans envoyer presque un aussi grand nombre d'hommes, qu'il en montait dans les canots accordés pour les congés. Cadillac l'avait prouvé. On avait donc toléré, tacitement mais logiquement, que les commandants de postes chargeassent leurs canots de marchandises et de tout ce qu'ils avaient jugé propre à subvenir aux dépenses nécessaires, tant pour leur voyage que pour leur séjour, et aussi pour résister soit aux entreprises de nos alliés, soit à celles des Anglais et des Iroquois.
Cadillac, lui, pouvait constater qu’il avait fait subsister son poste pendant deux ans, sans qu'il en coûtât rien au Roi ni que l'Intendant envoyât quoi que ce fût pour les garnisons établies.
Maintenant, sans prendre la défense des abus, si dans les marchandises l'on portait de l’eau-de-vie contre les ordonnances, il fallait dire aussi que c'était l'unique boisson qui pût soutenir les voyageurs canadiens, parce qu’elle cuisait le poisson et la mau-
vaisc
Sa Va:
éloig pagn
Da
munc prena bouch n'en p Passail n’ayan
vie éta
Le C qu'imp comme cées des D'abc étaient « service !
400 à achetassé 200, et, d pour se de trois gages, le ils avaie de l'offic du poiss Pour se 30 franc abondant et lorsqu soit par Pouvait «Si vo la peine même a
INTRODUCTION
savaient ce que c’était que d’user de pain et de sel dans ces lieux éloignés, où les missionnaires eux-mêmes prenaient du vin d’Espagne pour dire Ja Messe.
Dans une lettre de 1688, je vois que durant la fatigue, communément les voyageurs Canadiens, pour réparer leurs forces, prenaient le baril d’eau-de-vie, mettaient le goulot dans leur bouche et en buvaient jusqu’à une chopine. Les plus retenus n'en prenaient qu’un demi-setier, souvent à jeun ; après quoi, ils passaient les rapides, puis s'endormaient sans songer à manger, n'ayant d’appétit que sur le soir, lorsque les fumées de l’eau-devie étaient dissipées.
Le Comte de Frontenac, devant la sévérité pharisaïque autant qu'impolitique de M. de Champigny, faisait appel à l'équité comme au bon sens de la Cour, en montrant les dépenses forcées des officiers et des soldats.
D'abord, afin d'arriver dans les endroits auxquels les officiers étaient destinés, ils ne pouvaient se dispenser d'engager à leur service trois Canadiens, à chacun desquels ils donnaient de 400 à 500 livres de gages par an. Il fallait ensuite qu'ils achetassent pour leur voyage un canot, qui leur en coûtait 200, et, outre cela, leurs vivres et autres provisions nécessaires pour se rendre seulement à Missilimakinak, c’est-à-dire à près de trois cents lieues. Là, les hommes, qu’ils prenaient à leurs gages, leur servaient à traîner le bois, éloigné de deux lieues, dont ils avaient besoin pour leur propre chauffage comme pour celui de l'officier. Ils étaient aussi occupés journellement à la pêche du poisson, qui était leur seule nourriture avec du blé d’Inde. Pour se procurer celui-ci auprès des Sauvages, il fanisit payer 30 francs le minot, au prix où il étaï: dans la plus grande abondance. Il en fallait un pour la nourriture de chaque mois, et lorsque la récolte ne réussissait pas, soit par l’effet des brumes, soit par les gelées, comme il arrivait souvent, le minot de blé pouvait valoir jusqu'à 80 livres.
« Si vous voulez, Monseigneur, écrivait le Comte, vous donner la peine de faire attention au prix où tout cela peut monter, même au plus bas, comment est-il possible qu’un capitaine, avec
vaise nourriture, qui leur était trop ordinaire. Les voyageurs ne
A ARR DER Es Su ET A TAE :