‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 40 sur 304 · CXXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXXXIV INTRODUCTION

qui n'avaient pas de passion contre eux, MM. de Beauharnais et de La Jonquière, répétaient les mêmes accusations. En 1749, ce dernier se plaignait que le Père Marcol, supérieur de la Compagnie de Jésus en Canada, cherchât à faire tomber sur le sieur Douville, commandant du Sault-Saint-Louis, l'accusation du commerce de contrebande que le Père Tournois, missionnaire de ce poste, faisait en réalité lui-même avec les Anglais par l'intermédiaire des demoiselles Desauniers et des Sauvages. Il est inutile d’en dire davantage.

Frontenac montrait encore que la présence des Français dans les pays éloignés ne les exposait pas à des risques aussi grands qu'on le disait, à cause des précautions que prenaient les commandants. Ils ne se dispersaient ni ne s'éloignaient des postes pour faire leur traite sans donner avis à ces derniers du lieu où ils allaient. Il ajoutait que cela ne leur avait jamais été permis que dans les temps où les Sauvages se séparaient eux-mêmes pour aller à la chasse. Or, la coutume des Français était toujours de se rendre des premiers dans les postes fortifiés, et l’on avait toujours pris de justes mesures pour les y faire entrer en nombre

suffisant au Printemps, saiscn durant laquelle les Sauvages se rassemblaient.

Tous ces détails, comme ceux qui remplissent les chapitres précédents, paraîtront importants sans doute pour l'histoire des éclaireurs de ces pays éloignés et l’intelligence de la vie qu’on y menait. Ils font apercevoir les premières ébauches de société que le Comte de Frontenac se préoccupait d’étendre et de fortifier. Ainsi, dans les dernières lettres qu’il écrivit, il insistait encore sur la nécessité de poursuivre les entreprises de Cavelier de La Saile. Déjà, l'année précédente, il avait envoyé le mémoire du sieur Laporte-Louvigny sur ce sujet, et, le ro Octobre 1698, il le recomimandait de nouveau. Quelques jours après, le 15 du même mois, il annonçait le départ pour l’Arkansas de

qui y portent de très grosses sommes en marchandises, qui montèrent, l’an dernier, à plus de 16,000 livres sans leurs autres commerces, tellement que, bien loin de donner aux Coureurs de bois un exemple qui les engage de revenir, cela les confirme dans la rébellion, n'estimant pas devoir être exclus d'un commerce que les Jésuites font publiquement et qui leur devroit être encore moins permis qu’à eux, »

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et de” M. L'I Paris e à Chag sortaier du côté Sioux.

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INTRODUCTION. CXXXV

M. de Montigny, des Missions Étrangères, en qualité de vicaire général de l'Evêque de Québec; mais, ce qui était plus grave, il ne cessait, depuis quatre ans, de protéger Pierre Le Sueur, qui avait formé dans le haut du Mississipi un établissement à un endroit où il y avait, disait-il, des mines abondantes de cuivre et de plomb, dont Le Sueur avait envoyé des échantillons à M. L'Huillier, fermier général, qui en avait fait faire l'essai à Paris en 1696. Venu en France, il avait demandé qu'on formât à Chagouamigon un établissement pour que les Anglais, qui sortaient partout de leurs limites, du côté d'Ouabache comme du côté de la baie d'Hudson, ne nous devançassent pas chez les Sioux. Le Sueur exprimait, à ce propos, l'idée qu’ils pourraient bien unir le dessein de s'emparer du Haut-Mississipi avec celui d'occuper le bas du fleuve, dessein que leur faciliterait la possession de la Jamaïque.

Le Premier Commis, qui avait reçu les projets de Le Sueur, n'avait trouvé là que les visions à la faveur desquelles, écrivaitil en note, le sieur de La Salle avait proposé à la Cour l’armement et le débarquement d’un nombre considérable d'hommes qu'on avait laissés à l'embouchure du Mississipi, où Le Sueur proposait de s'ouvrir une communication par les terres et de bdtir des vaisseaux. « En un mot, ajoutait cet administrateur, on n'a pas encore proposé de plus grandes folies ni si fort contre les principes sur lesquels le Canada est établi et au préjudice des ordres du Roi pour empescher que la colonie trop étendue ne se divague plus. »

On ne pouvait entrer mieux dans les vues de Champigny qui, continuant de s'acharner contre les postes éloignés, se mit à atta-

quer Le Sueur avec la même violence qu'il avait poursuivi Tonty

et La Forest aux Illinois.

Comme Le Sueur, ainsi que La Forest, venait d'envoyer ses gens à Missilimakinak, Champigny se plaignait du grand nombre d'hommes qu’il employait pour la découverte de ses prétendues mines. « Pour peu, dit-il, que l'on ouvre les yeux afin de pénétrer dans les raisons qu'il a eues de demander la permission d’en mener cinquante, on pensera avec beaucoup de fondement qu'il a eu le dessein, après la suppression des congés (car c’est juste-

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