‹ Première formation d'une chaîne de postes entre le fleuve Saint-Laurent et le golfe du Mexique (1683-1724) [microforme]Chapitre 42 sur 304 · CXXXVII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXXXVII INTRODUCTION

Une fille de cette maison avait épousé successivement le Marquis de Thémines, fils du Maréchal de ce nom, et François Annibal d’Estrées, Marquis de Cœuvres, puis Henri-Louis Habert de Montmor, maître des requêtes de l’hôtel du Roi, et l’un des quarante de l'Académie française, s'était marié à Henriette de Buade, la troisième sœur du Comte de Frontenac r. La première, Anne de Buade, était femme d’un neveu de Bassompierre François d'Épinay, Marquis de Saint-Luc, Chevalier du Saint- Esprit et Gouverneur de Guyenne; la seconde, Geneviève de Buade, était unie à Claude de Bourdeille, Comte de Montrésor, confident de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII.

On voit par ces détails le milieu dans lequel vivait le Comte de Frontenac, sans parler des Phélypeaux, auxquels il appartenait par sa mère, une Phélypeaux ‘’Herbaut. Seulement la clause de son testament marquait ses préférences parmi les siens, et ce qui m’er paraît le plus intéressant, c’est qu'à côté de sa vie publique elle révèle, pour ainsi dire à nos sympathies, la vie intime de cet homme dont on voit là les affections brisées, comme celles auxquelles il voulait rester uni jusque dans la tombe.

Par l'effet du triage qu'on fait à mesure qu’on se retire de

la vie, le Comte, cet homme si aimable, ainsi que le qualifie le Duc de Saint-Simon, avait dû écarter avec la tristesse de la désillusion tous les souvenirs des brillantes séductions en compagnie desquelles on le rencontre dans des couplets contemporains. Il n'avait plus guère également avec sa femme, la Divine, que des relations de convenance, s’il faut en croire des paroles qu’on prête à celle-ci; d’un autre côté, ayant perdu le dernier lien qui les unissait, son fils tué jeune à la tête d’un régiment de l'Électeur de Cologne, il semblait que son cœur se fût réfugié dans la famille de sa sœur Henriette-Marie où il retrouvait des tendresses et un dévouement qui avaient commencé dès le plus bas âge, et s'étaient complétés par ceux de son mari et de ses enfants.

1. Il ya un portrait gravé de cette dame avec cette dédicace : Henricæ Mariæ de Buade Frontenac Tibi Henrico Ludovico Haberto de Montmor, uxoris amantiss. effigiem D. D. Mellan. Au rapport de Mariette, Boulle en avait un dessin extrêmement beau. Mellan, artiste fort renommé, avait gravé aussi le portrait du mari, qui avait pour lui une affection toute particulière,

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