‹ Première mission des jésuites au Canada [microforme]Chapitre 13 sur 46 · EN · texte numérisé non relu

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tien. Mais on m'opposa que telle promesse lui avoit esté faicte avant qu’il fut baptisé; et qu'autrement si on l’enterroit en nostre cimetière, ses enfans et amis ne nous viendreyent jamais plus veoir, puisque c’est la façon de cette nation d’abhorrer toute memoire de la mort et des morts.

Je disputay contre , et avec moy M. de Biancourt (car c’est quasi mon unique truchement), neantmoins en vain ; le mourant demeuroit resolu. Le soir assez tard, nous luy donnasmes l’extreme onction, puisque autrement ji! y estoit assez preparé. Voyez l’efficace du sacrement : le lendemain matin, il mande M. de Biancourt et moy , et de nouveau il recommence sa harangue. Par icelle il declaroit avoir de soy mesme changé de volonté; qu’il entendoit d’estre inhumé avec nous, commandant à ses enfans de ne point pour cela fuyr le lieu comme infideles, ains d'autant plus le frequenter comme chrestiens, à celle fin d’y prier pour son ame et pleurer ses pechez. Il recommanda aussi la paix avec M. de Potrincourt et son fils; que de luy, il avait toujours aymé les Françoys, et avoit souvent empesché plusieurs conspirations contre eux. De là à peu d'heures il mourut entre mes mains fort chrestiennement.

C'a esté le plus grand , renommé et redouté sauvage qui ayt esté de memoire d'homme : de riche

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