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d'ayde spirituel ledict Sieur de Biancourt et ses gens; l’autre, pour cognoistre et voir la disposition de ces nations à recevoir le saint evangile. Telles doncques estoyent les causes de nostre voyage.
Nous arrivasmes à Kinibequi, 80 lieuës de Port- Royal, le 28 d'octobre, jour de $, Simon et S. Iude, de la mesme année 1611. Aussy tost nos gens mirent pied à terre, desireux de veoir le fort des Angloys; car nous avions appris par les chemins, qu'il n'y avoit personne. Or, comme de nouveau tout est beau, ce fust à louër et vanter cette entreprise des Angloys, et raconter les commodités du lieu; chacun en disoit ce que plus il prisoit. Mais ‘le là à quelques jours, on changea bien d’advis; car on vid y avoir beau moyen de faire un contrefort qui les eust emprisonnés et privés de la meret de la riviere; item que quand bien on les eust laissez là, si n’eussent-ils point Jouy pourtant des commodités de la riviere, puisqu'elle a plusieurs autres et belles emboucheures bien distantes de là. Davantage, ce qu'est le pis, nous ne croyons pas que de là à six lieuës à l’entour il y ayt un seul arpent de terre bien labourable , le sol n’estant tout de pierre et roche. Or, d'autant que le vent nous contrarioit à passer outre, le troisiesme jour venu, Monsieur de Bian-
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