‹ Première mission des jésuites au Canada [microforme]Chapitre 17 sur 46 · D ENTRER · texte numérisé non relu

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sis court tourna l'incident en conseil et se delibera d: recevoir l'ayde du vent, à: refouler contremon: riviere, pour la bien recognoistre.

Nous avions advancé jà bien trois lieués, et le flot nous manquant nous estions mis à l’anchre au milieu de la riviere; quand voicy que nous descouvrons six canots Armouchiquois venir à nous. Ils

estoyent 24 personnes dedans, tous gens de combat Is tirent mille tentatives et ceremonies avant que nous aborder. Vous les eussiez parfaictement comparez à une troupe d’oyseaux, laquelle desire d'entrer en une cheneviere, mais elle craind l'espouvantail, Cela nous plaisoit fort, car aussy nos gens avoyent besoin de temps pour s'armer et pavier Enfin ils vindrent et revindrent, ils recogneurent, considererent finement nostre nombre, nos pieces , nos armes, tout; et la nuict venué, ils se logerent à l'autre bord du fleuve, sinon hors la portée, du moins hors la mire de nos canons,

Toute la puit ce ne fust que haranguer, chanter, danser ; car telle est la vie de toutes ces gens lorsqu'ils sont en troupe, Or comme nous presumions probablement que leurs chants et danses estoyent invocations du diable, pour contrecarrer l'empire de ce maudict tyran, je fis que nos gens chantassent

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quelques hymnes eclesiastiques, comme le Salve, Ave Maris stella et autres. Mais comme ils furent une fois en train de chanter, les chansons spirituelles leur :sanquant, ils se jetterent aux autres qu'ils sçavoyent. Estant encores à la fin de celles cv, comme c'est le naturel du François de tout imiter, ils se prindrent à contrefaire le chant et danse des Armouchiquois, qui estoyent à la rive, les contrefaisant si bien en tout, que, pour les escouter, les Armouchiquois se taysoient; et puis nos gens se taysans, reciproquement eux recommençoyent, Vrayment il y avoit beau rire : car vous eussiés dict que c'estoyent deux chœurs qui s'entendoyent fort bien, et à peine eussiés vous pü distinguer le vray \rmouchiquois d'avec le feinct.

Le matin venu, nous poursuyvions notre route contremont. Eux, nous ayans accompagnez, nous dirent que si nous voulions du piousquemin (c'est leur bled), que nous debvions avec facilité prendre droicte, et non avec grand travail et danger aller contremont ; que prenant à droicte par le bras qui se monstroit, en peu d'heures, nous arriverions vers le grand sagamo Meteourmite, qui nous fourniroit de tout; qu'ils nous y serviroient de guides, car aussy bien s'en alloyent ils le visiter.

Il est à presumer, et en avons de grands indices, qu'ils ne nous donnoyent ce conseil sinon en inten-

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tion de nous prendre aux filets, et avoir bon marché de nous à l’ayde de Meteourmite, lequel ils sçavoient

estre ennemy des Anglois, et le conjecturoient l’estre

| | de tous estrangers. Mais, Dieu mercy, leurs embus- :

h | ches se tournerent contre eux.

Cependant nous les creusmes; aussy partie d'eux s'en alloyent devant nous, partie après, partie aussy jl avec nous dedans la barque. Neantmoins Monsieur

de Biancourt se teñoit tousiours sur ses gardes , et

souvent faisoit marcher la chaloupe devant avec la

sonde, Nous n'avions pas faict plus de demy lieue ,

| quand, veous en un grand lac le sondeur nous crie :

| « Deux brasses d'eau, qu’une brasse, qu’une brasse

partout, » Aussy tost : Ameine, ameine, lasche l’an-

chre. Où sont nos Armouchiquois ? où sont-ils ?

point. lis nous avoyent trestous insensiblement quit-

tés. O les traistres! à que Dieu nous a bien aydés !

| Ils nous avoyent conduicts aux pieges. « Revire, revire,» Nous retournons sur nostre route, Cependant Meteourmite ayant csté adverty de | nostre venue, nous courroit au devant, et quoyqu'il nous vist tourner bride, si est-ce qu'il nous poursuyvit. Bien valut à Monsieur de Biancourt d'etre plus sage que plusieurs de son esquipage, qui ne crioyent lors que de tout tuer. Car ils estoyent en grande cholere et en non moindre crainte ; mais la cholere faisoit plus de bruit.

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l’eux aussy sieur es, et rec la ieue , crie : prasse e l'annt-ils ?

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Monsieur de Biancourt se reprima , et ne faisant pas autrement mauvaise chere à Meteourmite, apprit de luy qu'il y avoit une route par laquelle on pourroit passer ; qu’à celle fin de ne la pas faillir, il nous donneroit de ses propres gens dedans nostre barque ; qu'au reste vinssions à sa cabane, il tascheroit de nous donner contentement. Nous luy crusmes, et pensasmes nous en repentir; car nous passasmes des haults et destroicts si perilleux que ne cuidions quasi jamays en eschapper. D’effect, en deux endroits, aucuns de nos gens s’escrierent miserablement que nous estions trestous perdus. Mais, Dieu mercy, ils crierent trop tost.

Arrivés, Monsieur de Biancourt se mit en armes, pour en cet arroy aller veoir Meteourmite. Il le trouva en son hault appareil de majesté sauvagesque , seul dans une cabane bien nattée le haut et bas , et quelques quarante puissans jeunes hommes à l'entour de la cabane, en forme de corps de garde, chacun son pavois, son arc et flesches à terre au devant de soy. Ces gens ne sont point niais, nullement, et qu'on nous en croye.

Pour moy, je receus, ce jour là, la plus grande part des caresses ; car, comme j'estois sans armes, les plus honorables, laissans les soldats, se prindrent à moy avec mille significations d’amitié. Ils me conduysirent en la plus grande cabane de toutes;

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elle contenoit bien 80 ames. Les places arinses, je me jettay à genoux, et ayant faict le signe de la croix, recitay inon Pater, Ave, Credo, et quelques oraisons; puis, ayant faict pause, mes hostes, comme s'ils m’eussent bien entendu, m'applaudirent en leur facon, s’escriant A0! ho! ho! Ie leur donnay quelques croix et quelques images, leur en donnant à apprehender ce que je pouvois. Eux les baysoient fort volontiers , faisoyent le signe de la Croix, et, chacun pour soy, s’efforçcoyent à me presenter ses enfans , à ce que je les benisse et leur donnasse quelque chose. Ainsy se passa cette visite, et une autre que je fis depuis.

Or Meteourmite avoit respondu à Monsieur de Biancourt , que pour le bled , ils n’en avoyent pas quantité ; mais qu'ils avoyent aucunes peaux, s’il luy playsoit de troquer.

Le matin doncques de la troque venu , je m'en allay en une isle voysine avec un garçon, pour là offrir l’hostie saincte de nostre reconciliation. Nos gens de la barque, pour n'estre surprins, soubs couleur de la troque, s’estoyent armez et barricadez, laissans place au milieu du tillac pour les Sauvages; maisen vain, car ils se jetterent tellement en foule et avec si grande avidité , qu’aussy tost ils remplirent tout le vaisseau, jà peslemeslés avec les nostres. On se mit à crier : Retire, retire-toy. Mais

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à quel profit? Eux aussy crioyent de leur costé.

Ce fut lors que nos gens se penserent estre veritablement prins, et jà tout n'estoit que clameur et tumulte. Monsieur de Biancourt a souvent dit et redit, qu’il eut maintes fois le bras levé et la bouche ouverte pour en frappant le premier crier, « Tue, tue »; mais que cette seule consideration, ne sçay comment , le retinst, que J'estois dehors, et par consequent que si l’on en venoit aux mains, j'estois perdu. Dieu se servit de cette sienne bonne volonté, non seulement pour ma sauveté, mais autant pour celle de tout l'esquipage. Car, comme tous recognoissent bien à cette heure, si la folie eust esté faicte, jamais aucun n’en fust eschappé, et les Françoys eussent esté descriés pour jamays en toute la coste.

Dieu voulut que Meteourmite et quelques autres capitaines apprehenderent le danger, et ainsy firent retirer leurs gens. Le soir venu, et ja tous estans retirés, Meteourmite manda aucuns des siens pour excuser l'insolence du matin, protestant que tout le desordre estoit venu non de soy, ains des Armouchiquois ; que mesmes ils nous avoyent desrobé une hasche et une gamelle (c'est une grande escuelle de bois), lequel meuble il nous renvoyoit; que ce larcin lui avoit tant despleu qu’aussitost aprés l'avoir descouvert , il avoit congedié les Armouchiquois ; que pour luy, il avoit bon cœur, et sçavoit bien que

ER | ee nous ne tuions ni ne battions point les Sauvages de par deçà , ains les recevions à nostre table, leur faisions souvent tabagie, et leur apportions plusieurs bonnes choses de l'rance, pour lesquelles vertus ils nous aymoient. Ces gens, croy-je, sont les plus grands harangueurs de toute la terre; ils ne fontrien sans cela.

Mais, d'autant que j'ay faict icy mention des Anglois, quelqu'un peut estre desirera de sçavoir leur adventure , laquelle nous apprismes en ce lieu. Il est doncques ainsy, que l'an 1608 les Anglois commencerent à s’habituer en l’une des embouschures de ce fleuve Kinibéqui, ainsy que nous avons dict cy devant. Ils avoyent lors un conducteur fort honneste homme, et se comportoit fort bien avec les naturels du païs. On dit neantmoins que les Armouchiquois se craignirent de tels voysins, et à cette cause firent mourir ce capitaine que J'ay dit. Ces gens ont ce mestier en usage, de tuer par magie. Or la seconde année 1609 les Anglois, soubs un autre capitaine, changerent de façon. Ils repoussoient les Sauvages sans aucun honneur ; ils les battoyent, excedoyent et mastinoyent sans beaucoup de retenue : partant ces pauvres malmenés , impatiens du present , et auguranisencores pis l’advenir, prindrent resolution, comme l’on dict, de tuer le louveteau avant qu'il eust des dents et griffes plus fortes. La commodité leur en fust un jour, que

ages leur eurs s ils ands cela.

des voir lieu.

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RL NE trois chaloupes s’en estoyent allées à l'escart en pescherie. Mes conjurez les suyvoient à la piste, et s’'approchans avec beau semblant d'amitié {car ainsy font ils le plus de caresses où plus y a de trahison) , ils entrent dedans, et au signal donné, chacun choysit son homme et le tua à coups de cousteau. Ainsy furent despeschez onze Angloys. Les autres intimidés abandonnerent leur entreprise cette mesme année, et ne l'ont point poursuy vie depuis , se con: tentans de venir l'esté en pescherie en cette isle d’Emetenic, que nous avons dit estre à 8 lieuëés de leur fort encommencé.

A cette cause doncques , l'excès commis en la personne du capitaine Platrier par lesdicts Angloys

ayant esté perpetré en cette isle d'Emetenic, Monsieur de Biancourt se delibera de l'aller recognoistre, et y laisser quelque monument de revindication. Ce qu’il fit dressant sur le havre une fort belle croix , avec les armes de France. Aucuns de ses gens luy conseilloyent qu’il bruslast les chaloupes qu'il y trouva; mais , comme ilest doux et humain, il ne le voulut point, voyant que c’estoyent vaisseaux non de soldats, ains de pescheurs.

De là, d'autant que la saison nous pressoit, estant jà le 6 novembre, nous tournasmes nos voiles pour retourner à Port-Royal, passant à Pentegoët, ainsy que nous avons prois aux Sauvages.

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Pentegoët est une fort belle riviere, et peut estre comparée à la Garonne de France. Elle se descharge dans le Golfe francois (baie de Fundy) et a plusieurs isles et roches à l'endroit de son embouschure; de maniere que si on ne monte fort avant, on estime que ce soit quelque grand sein ou baye de mer, là où on commence manifestement à recognoistre le lict et cours de riviere. Elle à son large d'environ 3 lieuës à A/et demy degré de l’Equateur. On ne peut deviuer quelle est la Norembegue des anciens, si ce n'est celle cy : car autrement et les autres et 1noy, nous enquestans de ce mot et lieu, n’en avons jama vs peu rien apprendre.

“ous doncques , ayans advancé dans le courant de rette riviere trois lieuës ou plus, rencontrasmes un autre beau fleuve appellé Chiboctous, qui du nord-est vient se jeter dans ce grand Pentegoët.

Sur le confluant des deux rivieres, y avoit la plus belle assemblée des Sauvages que j'aye point encore veue, Ils estoyent 80 canots et une chaloupe, 18 cabanes et bien environ 300 ames. Le plus apparent Sagamo s’apnelloit Betsabés, homme discret et fort moderé ; e:, sans mentir, on recognoist souvent en ces Sauvages des vertus naturelles et politiques qui font rougir quiconque n’est eshonté, lorsqu'en comparaison ils regardent une bonne partie des Fran- Çoys qui viennent en ces quartiers.

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Aprés qu'ils nous eurent recogneus, ils demenerent grande joye le soir à leur accoustumée, par danses, chansons et harangues. Et nous, bien ayses d’estre en pais d'asseurance ; car entre les Etechemins , tels que sont ceux cy, et les Souriquois, tels que sont ceux de Port-Royal, nous ne nous tenons sur nos gardes non plus qu'entre nos propres domestiques , et Dieu mercy nous ne nous en sommes pas encores mal trouvez.

Le jour suyvant, j'allay visiter les Sauvages , et y fis à mon accoustumée , ainsy que j'ay dict de Kinibéqui. Cela y fut de plus, qu'eux m'’ayans dict y avoir quelques malades , je les allay visiter, et comme prestre , ainsy qu'est porté dans le Rituaire, recitay sur eux le sainct Evangile et Oraisons, donnant à un chacun une croix pour se la pendre au col.

Entre les autres j'en trouvay un à leur mode estendu auprés du feu, les veux et visage fort estonnés, suant à grosse goutte de la seule teste, qui à peine pouvoit parler, en un grand acces. Ils me dirent qu'il estoit malade dés quatre mois, et que comme il apparoissoit, il ne la feroit pas longue. Or ne sçay-je quelle estoit sa maladie; si elle venoit seulement par intervalles, ou non, je n’en sçay rien : tant y a que le 2. jour d’aprés , Je le vis dans nostre barque sain et gaillard, ayant sa croix pendue au col, et me fit recognoissance d'un fort bon visage,

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ms TE us me prenant par la main. Je n’eus moyen de luy parler, d'autant que lors on faisoit la troque, et à cette cause le tillac estoit tout remply des gens, et tous les truchemens empeschez. De vray je fus fort ayse que la bonté de Dieu commencoit à faire sentir à ces pauvres et abandonnées nations n’y avoir que tout bien et que toute prosperité au signe de la saincte et salutaire Croix.

Enfin, pour ne redire souvent le mesme ; et en cet endroit et en tous les autres où nous avons pü converser avec ces pauvres gentils, nous avons tasché de leur imprimer quelques premieres conceptious de la grandeur et verité du Christianisme, autant que les moyens s'en addonnoyent. Et pour le sommaire en un bloc, celuy a esté le fruict du voyage : nous avons commencé de cognoistre et estre cogneus; nous avons prins possession au nom de l'Eglise de Dieu de ces regions icy, y asseants le throsne royal de nostre Sauveur et Monarque Iesus Christ, son sainct autel; les Sauvages nous ont veu prier, celebrer, prescher par nos discours, les images et croix, la façon de vivre et choses semblables, (ils) ont receu les premieres apprehensions et semences de nostre saincte foy , lesquelles s’esclorront et germeront abondamment, s’il plaist à Dieu, quelque jour, y survenant un plus long et meilleur cultivage.

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| ste que nous faisions pour encores icy mesmes à Port- | de Royal, jusques à ce que nous ayons appris le lan- (£ yse gage. Cependant cela nous console de veoir ces ME petits Sauvageois, encores que non chrestiens, por- | que ter neantmoins volontiers, quand ils se trouvent | ue icy, les cierges, les clochettes, l’eau benite et autre A chose, marchans en bel ordre aux processions et (l Te enterremens que l’on faict. Ainsy s’accoustument- | pü ils à estre chrestiens, pour en son temps le bien | “ie estre. | Se Il ne seroit besoin sinon que fussions meilleurs me, ouvriers de Nostre Seigneur, et n’empeschassions | our pas tant de graces d’iceluy sur nous et autruy, par | du tant de péchés et indignité. Quant à moy certes, | + j'ay grande occasion d'en battre bien rudement ma hors poictrine, et tous ceux qui ont le zele de charité en | cl debvroyent bien estre touchés au cœur. Nostre f Diité Seigneur, par sa saincte misericorde et par les prie- | ee res de sa glorieuse mere et de toute son Eglise a celeste et militante , en veuille estre fleschy à combles, passion ! | Lee Particulierement je supplie Vostre Reverence et | nÉot tous nos RR, PP, et FF. de vouloir se ressouvenir, | que en vos meilleures devotions, et de nous, et de ces ( ulti-

pauvres ames , esclaves miserablement soubs la | tyrannie de Satan. Qu'il plaise à ce bening Sauveur |

du monde, la grace duquel personne ne previent et

de qui les liberalités sont tousjours par dessus nos

merites, qui luy plaise, dy-je, regarder enfin d'un œil pitoyable ces pauvres nations, et les retirer tost dans sa famille, en l’heureuse franchise des fortunés enfants de Dieu. Ainsy soit-il.

De Port-Royal, ce dernier de lanvier 1612.

Cependant que j'escrivois ces lettres, le navire qu’on a envoyé pour nostre secours, est Dieu mercy arrivé sain et sauf, et dans iceluy nostre Frere Gilbert du Thet. Celuy pourra scavoir l'aise qu'en avons receu et recevons, qui aura cogneu les dangers et necessités où nous estions. Dieu soit beny. Amen.

De V. R. filz et serviteur bien humble en Nostre Seigneur.

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