‹ Première mission des jésuites au Canada [microforme]Chapitre 30 sur 46 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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l'usage de ces lettres à, f, {, m, p, q, x, y ; ils ont fort la lettre et le # en usage, ce sont les deux lettres qui donnent de la peine pour la prononce. Ils ont quasi tous plus d’esprit en leurs affaires, discours, gentillesses, rencontres, soupplesses et subtilités, que les plus advisés bourgeois et marchands de France. Ils règlent les saisons de l’année par les bêtes sauvages, par les poissons, les oyseaux et plantes de la terre; ils nombrent les années, les jours et les mois par la lune. Ils n’ont point de police du tout : ce que les capitaines ont de pouvoir est à peu près comme les crieurs et trompettes ; ils crient à pleine tête par les carrefours. Le ton qu'ils gardent en leur harengue est justement le ton des prisonniers du petit Chastelet de Paris. La jeunesse est impudente jusques à non plus, aussi grands maîtres les uns que les autres. Les mariages sont libres. Ils n'ont qu’une manière cle justice pour les torts, qui est que tout le bourg doit satisfaire par présens. Un grain de blé d'Inde quelquefois rapportera cent grains pour un. La famine , cette année, est assez grande; mais davantage en la nation neutre, où l’on vant les enfans comme esclaves pour avoir du blé, Nous sommes icy des Nôtres dix, en deux Residences, l’une de la Conception de Notre-Dame, l’autre de saint Joseph : elles sont éloignées l’une de l’autre de cinq à six lieues. Messis quidem multa ;

; ils ont [eux letnce. Ils es, diset subtirchands > par les seaux et ées , les le police oir est à ls crient gardent sonniers t impulitres les ores. Ils rts, qui ens. Un ra cent

est assez où l’on u blé, x Resi- -Dame, l’une de multa ;

operari autem pauci: nous espérons du renfort, l’an qui vient. Bientôt. nous nous esperons faire une troisième Résidence en la nation du petun, sans préjudice des missions volantes, Nous avons avec nous douze françois qui sont à nos gages; car pour d’autres il n’y en a point. Nous sommes logés et vivons à la façon des sauvages; nous n'avons point de terre à nous, sinon un petit champ d'emprunt, où l'on recueille du blé françois justement pour faire des hosties pour la sainte messe : nous laissons le reste à la divine Providence, qui nous envoye plus de blé que si nous avions des bonnes terres; l’un nous apportera trois épis de blé, un autre six, l’autre une citrouille; un autre donnera du poisson, un autre du pain cuit sous la cendre. Nous vivons joyeusement et contents de la sorte. Pour leur present , on leur

donne des petits canons de verre, des bagues, des

halènes, des jambettes, de la raçade : c’est là toute nôtre monnaie. Pour les douceurs de France, nous n’en avons point icy ; la sauce ordinaire des viandes c’est l’eau pure, le jus du blé ou citrouilles; les rafraichissements, qui viennent de France, ne montent pas plus haut que les Trois-Rivières; tout ce qu’on peut envoyer, c’est quelques ornemens d’eglise, du vin pour la messe (on en met seulement quatre ou cinq gouttes dans les calices) et quelques habits, quelques pruneaux et raisins pour les malades du

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bourg : le tout court grand risque par les chemins. Nous avons perdu cette année deux de nos pacquets, Nos plats, quoyque de bois, nous coûtent plus cher que les vôtres; ils sont de la valeur d’une robe de castor, c’est-à-dire cent francs. |

Le royaume de Dieu s’avance grandement en ces contrées. Nous avons icy une nation étrangère refugiée , tant à cause des hiroquois leurs ennemis, que pour la maladie qui encore les fait icy mourir en grand nombre; ils se font presque tous baptizer avant la mort. J’en ai baptisé quelques uns, et nos Pères n’ont pas une petite occupation matin et soir d’instruire et visiter ces pauvres malades, qui semblent n’avoir fui la mort cruelle de leurs ennemis, que pour mourir de la belle mort des prédestinés. Je vous laisse à penser, si ce n’est pas bien de la consolation pour ceux qui contribuent et leurs prières et leurs travaux, à la conversion de ces pauvres âmes, que Dieu veut sauver icy, si nous n’y mettons de l’'empêchement de nôtre côté. Je demande et implore à ce sujet l'assistance des prières de V.R., et celle de tous ceux de ma connaissance ; je les salue tous de cœur et d’affection : je crois qu'ils ne me les denieront pas.

Voicy comme un petit journal depuis mon arrivée. Ayant abordé heureusement la terre des Hurons, après un embarquement de vingt-six jours, dans un

hemins.

acquets, lus cher robe de

ten ces gère rennemis, mourir baptizer , et nos 1 et soir qui semnnemis, tinés. Je la conprières pauvres y metemande ères de ssance ; Je crois

on arriurons,

aans un

— AT — canot ou plutôt berceau d’écorce d’un arbre dit bouleau, le 29 septembre, à une heure du matin, et m'étant mis en chemin pour arriver à temps à quelqu'une de nos Residences, pour y celebrer ce jour là la sainte messe, la pluie et la defaillance causée par la journée precédente, en laquelle nous nous étions mis sur l’eau, depuis une heure du matin jusqu’à douze heures et davantage de la nuit, sans pouvoir reposer, et même l'espérance de pouvoir dire la sainte messe m'avoit obligé à ne rien manger à mon abordement ; la pluie donc et la defaillance, comme aussi la distance du lieu de cinq ou six lieues, et l'ignorance des chemins, me contraindrent de m'arrèter au premier bourg et prendre quelque petite nourriture. J'entray donc dans la cabane d’un capitaine du bourg : le compliment qu’on me fit fut d'un chay en leur langue; c’est le salut ordinaire qui est à dire bonjour, et puis incontinent ils étendirent une natte par terre pour m'y mettre dessus, ensuite, ils prirent quatre épis de blé qu'ils firent rôtir et me les présentèrent, comme aussi deux citrouilles cuites sous la cendre avec un plat de sagamité. J’assure V. R. que ce manger m'etoit des delices; les petits enfants et autres accouroient par. admiration dans la cabane pour m'y voir. Le defaut de la langue me rendoit muet, et leur facon de faire , qui est de ne dire mot, sinon un chay à celui qui arrive

les rendoit aussi muets; seulement ils me consideroient depuis les pieds jusqu’à la tête, et tous vouloient éprouver mes souliers et mon chapeau, chacun mettant le chapeau sur la tête et les souliers aux pieds. Après avoir fait remerciement de quelque couteau, halène , aiguille, à mon hôte, du bon accueil et traitement qu'il m’avoit fait, je le priai de me donner un sauvage pour porter mon sac et me conduire à une de nos Résidences; il le fit et j'arrivay à six heures du soir chez nos Péres, Ils me receurent avec toute sorte de charité et bienveillance : le traitement ne fut pas meilleur que celui du sauvage; car les douceurs de la vie nous sont communes avec celles des Sauvages, à sçavoir un potage de farine de blé d'Inde à l’eau, matin et soir : pour beurre un glaçon d’eau ; quelquefois lessauvages y mettent quelques grumeaux de cendre pour assaisonner la sagamité; d’autres fois ils mettent une poignée de petites mouches d'eau. Ce sont comme des cousins de Provence; ils en font grand état ; ils en forit festin. Les plus sages reservent après la pêche quelque poisson pour le piler dans la sagamité durant l’année; pour quatorze personnes, on met la moitié d’une grosse carpe environ, et le poisson le plus corrompu est le meilleur. Pour le boire, on ne sait que c’est, la sagamité sert de viande et de boisson : on sera six mois sans boire hors de voyage.

conside-

Jus voutu, chaliers aux quelque bon acpriai de ac et me et j'arri- , Is me bienveilrue celui ous sont avoir un , matin elquefois e cendre s ils met- Ce sont nt grand nt après s la saganes, on t le poisle boire, de et de voyage.

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