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pour l'avenir. Chaque joùr, nous voyons ces espérances se réaliser; le champ de nos travaux devient plus étendu, et nos ouvriers trouveront à s'y employer trés-utilement. Nous avons formé cette année deux nouvelles missions, l’une chez les Algonquins, que nous nommons Nipissiriniens, et qui paraissent bien disposés ; la seconde chez la nation que nous appelons Veutre, où la moisson promet d’être abondante, cette nation se composant d'environ quarante villages, la plupart trèspeuplés.
Cetie mission des Neutres est échue au P.
Chaumonot et à moi. Nous y avons déjà passé cinq mois ; nous y avons beaucoup souffert : si quelquesuns nous ont écoutés volontiers, le plus grand nombre nous a repoussés, injuriés , menacés, etc.; et cependant à notre départ, les principaux du pays nous ont invités à revenir.
Le P. Chaumonot, j'en suis persuadé, est appelé à rendre de grands services. Il a fait des progrès surprenants dans la langue de ce peuple, peu différente de celle des Hurons. (C’est vraiment un excellent cœur, etc.
JEAN DE BRÉBEUF
LETTRE DU P. ISAAC JOGUES, À SON EXCELLENCE MONSEI- GNEUR LE GOUVERNEUR DU CANADA. (Extraile de la vie manuscrite du même Père.)
Du village des Iroquois , le 30 juin 1643.
MonsEIGNEUR,
Voici la quatrième lettre que j'écris depuis que je suis retenu captif au milieu des Iroquois. Le temps et le papier me manquent également, et m’empéchent de répéter ici ce que j'ai dit ailleurs avec plus de détails. Nous vivons encore. Henri, fait prisonnier par les Iroquois auprès de Montréal, la veille de la fête de saint Jean-Baptiste, a été amené ici au milieu de nous. Ila été traité avec plus de douceur que nous; en effet, il n’a pas été frappé à coups de bâton à son entrée au village; et on ne lui a pas coupé les doigts comme à nous. Il est vivant , lui et les Hurons qui ont été amenés avec lui. Craignez sans cesse et partout les embüches de ces hommes ; car des bandes de guerriers quittent chaque jour le village pour aller à la guerre ; et il n’est pas à croire que le fleuve soit débarrassé de ces sauvages avant la fin de l'automne.
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juin 1643.
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Ils sont ici au nombre de sept cents, possèdent trois cents fusils, dont ils se servent avec une grande adresse , et connaissent plusieurs chemins pour arriver à la station des Trois-Rivières. Le fort Richelieu arrète bien un peu, mais n'empêche pas tout à fait leurs incursions.
Si les Iroquois avaient su que le prisonnier Sokoiois avait dù aux français d’être arraché des mains des Algonquins, ils auraient épargné, à ce qu'ils disent, les français qu'ils ont pris et tués auprès de Montréal. Mais on était déjà au milieu de l'hiver, quand cette nouvelle parvint à leur connaissance. Cependant une nouvelle bande vient de se mettre en campagne; le chef est celui-là même qui l'année dernière commandait l'expédition dans laquelle nous fümes faits prisonniers ; ils n’en veulent pas moins aux français qu'aux Algonquins. Ne tenez, je vous en prie, aucun compte de ma personne , et qu'aucune considération ayant rapport à moi ne vous empêche de prendre toutes les mesures qui vous paraîtront plus propres à procurer
la plus grande gloire de Dieu.
Voici, autant que l'ai pu le deviner , le dessein
des Iroquois : prendre tous les Hurons, s’il leur est
possible, faire périr les chefs avec une grande partie
de la nation et former avec les autres un seul peu-
P ple et un seul pays. Je verse des larmes sur le sort
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