‹ Première mission des jésuites au Canada [microforme]Chapitre 41 sur 46 · XX V · texte numérisé non relu

XX V

LETTRE ADRESSÉE PAR MESSIEURS LES ASSOCIÉS DE LA COM- PAGNIE DE LA NOUVELLE-FRANCE AU T. R. P. GÉNÉRAL DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS, A ROME. (Copiée sur l’aulographe conservé aux archives du Jésus, à Rome.)

Paris, juin 1651.

Mon TRÈs-RÉVÉREND PÈRE,

Dieu ayant voulu se servir de nous pour l’établissement de la Compagnie de la Nouvelle-France, dite Canada, qui n’a eu d'autre dessein que la gloire de Dieu par la conversion des peuples de ce pays, où nous avôns contribué de ros soins, et de nos biens plus de douze cents mille livres, depuis vingt-deux ou vingt-trois années que cet établissement a commencé , et quoique les Pères de votre Compagnie n'ont pas seulement employé leurs personnes, mais leurs vies qu'ils ont libéralement sacrifiées pour ce saint œuvre, et à présent que cette colonie se forme et se rend nombreuse, nous avons estimé qu'il étoit nécessaire pour la consolation des habitants François et des Sauvages convertis, d'y avoir un Evèque que nous avons supplié

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très-instamment la Reine de nous l’accorder, ce qu'elle à fait, et nième promis d'en écrire à sa Sainteté; et comme l'obligation principale que notre Compagnie et ces peuples ont à vos Pères, nous avons cru qu’il était à propos d'en avoir un d'entre eux pour être Evèque de ce pays. Ce qu'ayant été proposé au conseil des choses ecclésiastiques établi par Sa Majesté très-chrétienne , en présence du P. Paulin, confesseur du Roi, qui a sa place au conseil , il en a été nommé trois, qui sont les Pères Lallemant, Ragueneau et le Jeune, et renvoyé aux Pères de votre Compagnie, pour le choix de l’un des trois, dont sans doute l’on vous écrira, bien que notre dite Compagnie n'aie nommé à Sa Majesté que le P. Charles Lallemant supérieur de la maison de Paris, lequel ayant été l'un des premiers qui s’est exposé dans les périls ordinaires pour la conversion des Sauvages, jusques à trois naufrages qu'il à soufferts en ces voyages, pour lequel M. de Lauzon, gouverneur du pays, et notre Compagnie, avons très-grande inclination, ce qui fait que nous supplions instamment V. P. nous faire la grâce d’agréer le choix de sa personne, dont la naissance, son emploi dans les charges et son mérite le rendent recommandable. V. P, nous pourroit objecter, celui qu'il a présentement de supérieur en la dite maison de

Paris; mais quand elle considérera qu'il faut du temps pour achever cette œuvre, avant qu'elle soit parfaitement établie, et que par ce moyen, il pourroit encore accomplir celui de sa supériorité; cela réussissant selon nos souhaits, le pays et notre Conpagnie vous aurions très-grande obligation de tout le bien qu’il y pourra faire en cette dignité, priant la divine bonté de répandre ses bénédictions abondantes sur l’heureuse conduite de V. P., à laquelle nous sommes,

Mon Très-Révérend Père,

Vos très-humbles et très-obéissants serviteurs, Les Directeurs de la Compagnie de la Nouvelle-France,

DE LA FERTÉ, abbé de la Magdelaine, MARGONNE, ROBINEAU, FLEURIAU, DESPORTES , J. BERUYER.

CHEFFAULT, secrétaire de ladite Compagnie.

De Paris, au mois de Juin 1651.

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