IL ALTÉRATIONS DE LA LYMPHE
La lymphe est le liquide qui circule dans le système des vaisseaux blancs ou lymphatiques; elle est transparente, incolore, ou légèrement jaunâtre, rarement rougie par des globules sanguins; de saveur salée, d'odeur légèrement spermatique. Sa pesanteur spécifique paraît varier de 1022,28 (Magendie) à 1037 (Marchand etColberg), et même 10iô (Krimer). Sa réaction est alcaline. Soumise au microscope, elle laisse apercevoir des globules sphériques, incolores ou blanchâtres, mais plus petits et moins nombreux que ceux du sang. — Abandonnée à elle-même, la lymphe se sépare, comme le sang, en caillot et sérosité. M. Lhéritier ayant analysé la lymphe humaine prise
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dans le canal thoracique d'un sujet mort d'un ramollissement cérébral et qui, depuis trente heures, n'avait pris que quelques cuillerées d'eau, y a reconnu les éléments suivants : sur 1000 parties, — eau, 924,36-, — albumine, 60,02; — fibrine, 3,20; — matière grasse, 5,10; —sels, 8,25; — perte, 0,07. La composition de la lymphe est donc analogue à celle du sang.
Passons aux altérations de ce fluide.
C'est là un sujet fort obscur et dont les auteurs ne se sont guère occupés. M. Lhéritier, dans son intéressant ouvrage sur la chimie pathologique, a réuni tout ce que l'on sait sur cette question. De son côté, M. Bouisson (de Montpellier), dans une communication adressée à l'Académie de médecine (15 mars 1 845), nous a fourni de nouveaux documents. Nous en donnerons un résumé très-succinct. Chez les animaux privés de nourriture, la lymphe augmente en quantité et la fibrine devient prédominante. Elle offre les mêmes modifications clans les phlegmasies, et de plus, suivant M. Bouisson, la matière colorante du sang vient s'y mêler (/oc. cit.). Dans les hydropisies, la Jymphe est plus abondante; mais elle contient beaucoup moins de fibrine et de sels que dans l'état de santé. Il paraîtrait que l'on a reconnu la présence du pus, dans ce fluide, chez des sujets qui avaient succombé à des diathèses purulentes, à la phlegmasia alba dokns, chez des individus qui portaient des suppurations anciennes, etc. M. Andral y a reconnu une matière concrète, friable, blanche, analogue à du tubercule. On conçoit très-aisément que, les lymphatiques étant des agents d'absorption , ils peuvent receler les différentes substances qui ont été soumises à leur action. C'est ce qui explique la présence du pus, de la bile, de la matière sanieuse (Lauth), de
divers poisons, etc., que plusieurs auteurs y ont reconnus.