DU LAIT
Le lait, produit de la sécrétion mammaire, se montre chez les femmes k l'époque de l'accouchement et dure pendant un temps qui varie de quelques mois k deux ans et même plus. Celui qui est sécrété, immédiatement après l'accouchement, prend le nom de colostrum.
Le lait de la femme, au moment de la sécrétion, est blanc, opaque, d'une teinte légèrement bleuâtre, d'une saveur douce et sucrée; sa pesanteur spécifique varie de 1018 k 1026. Soumis k l'analyse, il donne de l'eau qui tient en dissolution de la caséine, du sucre de lait (lactine), de l'acide lactique, quelques sels (phosphates, hydrochlorates) et une matière grasse désignée sous le nom de crème.
La crème se présente dans le lait à l'état de globules, formés d'une enveloppe qui renferme la matière butyreuse. Ces globules sontde volumes très-variables et à contours nets et bien arrondis.
Abandonné k lui-même, le lait se recouvre d'une couche jaunâtre plus ou moins épaisse, grasse au toucher; c'est la crème formée en grande partie de matière butyreuse. Le liquide qui est au-dessous, plus ténu et d'une teinte bleuâtre, est composé de ca-
séum, de sucre de lait et d'eau. Si on enlève la couche supérieure, la partie restante ne tarde pas elle-même à se décomposer : il s'aigrit, la caséine se sépare sous forme de grumeaux, qui nagent dans un liquide jaune verclâtre, translucide, nommé sérum du lait ou petit lait.
La sécrétion lactée peut être exagérée, diminuée ou pervertie dans son produit; l'augmentation de la sécrétion lactée est parfois une véritable maladie et prend le nom de galactorrhée. Sa diminution ou même sa suppression se produit sous l'influence de causes très-variables, la colère, la peur, une maladie aiguë survenant pendant la lactation, etc.
Les altérations du lait sont peu connues, et, jusqu'ici, la plupart ont échappé à nos moyens d'analyse. On sait que certaines substances, prises par les femmes, passent dans le lait dont elles modifient nécessairement les propriétés. Ainsi, l'ail lui donne son odeur, l'absinthe le rend amer, la garance le colore en rouge. Plusieurs substances médicamenteuses passent en nature dans le lait. Quant aux altérations qu'il subit sous l'influence des émotions vives, et qui se manifestent par les accidents qu'il détermine, souvent, chez le nourrisson : vomissements, diarrhée, convulsions, et même mort, la chimie et le microscope ne nous ont rien appris à cet égard.
Le lait peut varier dans sa composition, c'est-àdire, être plus ou moins chargé de ses principes constituants, dans des circonstances qu'il n'est pas toujours bien difficile d'apprécier. Ainsi, il est ordinairement aqueux, pauvre en principes nutritifs, chez les femmes chétives, lymphatiques, étiolées, vivant dans la misère, etc. Il est au contraire, très-chargé de crème et de caséine, dans les conditions opposées. L'examen direct permet le plus souvent de constater ces modi-
lîcations à !a simple vue : mais le microscope permettra encore mieux de reconnaître la pauvreté du lait, à l'exiguité et au petit nombre des globules. Teiles sont les notions assurément bien restreintes que nous possédons aujourd'hui sur les altérations dont le lait est susceptible.