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SYMPTOMES CONSÉQUENTS

On doit se rappeler que nous désignons ainsi les symptômes plus ou moins éloignés de la partie malade, qui sont la conséquence des affections qui les produisent et ne sont ni symptômes locaux, ni circon-

21 k CHAPITRE VII. DE LA SYMPTOMATOLOGIE.

voisins, ni constitutionnels, quoique souvent ils soient conséquents avec leur cause, ni sympathiques, parce que ceux-ci ne le sont jamais.

C'est à cause de cet ensemble de caractères que l'analyse m'a forcé de les distinguer, et d'en faire un groupe particulier. C'est, en effet, malgré moi que j'ai créé ce groupe ou ce genre de symptômes. J'y répugnais surtout, parce qu'ils sont moins nombreux que les autres symptômes, et n'en diffèrent, pour ainsi dire, que par des caractères négatifs. Enfin, nous devons le dire, quoique moins nombreux peutêtre que plusieurs des autres, les phénomènes qui nous occupent maintenant ne nous semblent pas pouvoir être passés sous silence, surtout en pathologie générale, où tous les genres de symptômes doivent au moins être mentionnés. En agir autrement serait proclamer l'impuissance de la science a comprendre la production de ces phénomènes et leur nature, et, de plus, les laisser dans l'ombre ou dans l'oubli, ce qui n'est pas plus propre à éclairer qu'à grandir la science.

Parmi les symptômes conséquents les plus Remarquables sont ceux qui se groupent en systèmes , comme ceux de la pléthore, de l'embonpoint, de l'anémie, de la consomption, parce qu'ils sont conséquents avec le mal qui les produit et les uns avec les autres. Les symptômes conséquents, isolés dans les affections diverses où ils se montrent, ne peuvent avoir de relations logiques* qu'avec leurs causes immédiates, ainsi qu'on va le voir dans un instant.

La pléthore est caractérisée, tantôt par le besoin d'agir et de dépenser en activité un excès de force et dévie; tantôt par un sentiment de pesanteur, de plénitude, de chaleur générale, d'oppression des forces qui invite au contraire à l'inaction et au re^os du

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corps, e-t de l'esprit,; souvent, par des étourdissemetUs. des bourdonnements d'oreilles, des hémorragies eî. des inflammations ; par le soulagement, qui résulte de l'action musculaire porléejusqu'àune grande fatigue, et des pertes qui l'accompagnent; par le soulagement que procurent la diète, les purgatifs et surfout la saignée; enfin, très-probablement, par l'excès dn sang dans l'économie et certainement par sa richesse en globules et en fibrine. Or, tous ces symptômes sont parfaitement conséquents avec la pléthore du sang admise. Ils le sont même avec les causes les mieux avérées du mal : la bonne nourriture, des pertes peu considérables et une fatigue du corps et de l'âme modérée ou nulle.

Dans L'anémie et. la consomption, qui sont deux états opposés à la pléthore, les yeux perdent leur éclat, sont languissants, la peau est pâle, l'affectivité obtuse ou exaltée, mais incapable d'une attention forte et soutenue; les chairs sont molles et la museuhîion est affaiblie, la voix est cassée ou éteinte, l'appétit léger ou nul, la digestion paresseuse, les sécrétions sont peu abondantes ou excessives, .la nutrition languissante et peu réparatrice, la génération fatigante, défaillante ou impossible; il y a des insomnies sans douleurs, de ia somnolence sans sommeil, des rêvasseries sans songe, et le sang est pauvre en globules, en fibrine, et décoloré.

Ces symptômes, conséquents les uns avec les autres, le sont aussi avec les réparations alimentaires insuffisantes ou nulles, auxquelles on oblige les malades, avec les pertes qu'ils font par les sueurs, les selles, les urines, ou les glandes salivaires, qui les amaigrissent, les altèrent, les épuisent. Nous verrons plus bas, que la mort commence par l'arrêt d'une première fonction qui entraîne ensuite l'arrêt de

toutes les autres, et l'extinction de la vie; eh bien! ces phénomènes successifs sont autant de phénomènes morbides conséquents les uns avec les autres.

Les symptômes conséquents isolés dans les différentes affections où on les observe sont, par exemple, les insomnies causées par la douleur, l'aggravation de beaucoup de maladies, par la déclivité, la sécheresse de la bouche, la formation d'enduits colorés sur la langue par la respiration buccale, le coucher sur le ventre dans les coliques qui sont soulagées par la pression, le coucher sur le côté correspondant à un épanchement des plèvres, ou sur le côté opposé à une douleur pleurale très-vive, ou sur le dos lorsque l'épanchement est double; l'attitude assise et plus ou moins inclinée en avant et, quelquefois, de côté dans les anévrismesducœur et de l'aorte, qui gênent probablement davantage la dilatation des poumons par leur poids, dans cette attitude. Cette attitude ne peut pas être regardée comme un simple phénomène de voisinage, puisque la station assise ne change pas beaucoup les rapports de contiguité du cœur, de l'aorte et des poumons.

Le mutisme, dans la surdité de naissance; des sécrétions altérées par suite d'altération du sang dans le diabètes, dans l'albuminurie, dans les fièvres graves, dans une foule d'empoisonnements, sont tous autant de symptômes conséquents avec les maladies qui les déterminent, et distincts des phénomènes locaux, circonvoisins, sympathiques ou diathésaux, dont j'ai exposé plus haut les différents caractères.

Marche «les maladies.

Elle consiste dans la succession des lésions matérielles et des phénomènes qu'elles présentent, depuis le moment où elles commencent à troubler la santé ou une fonction quelconque de nos organes, jusqu'au moment où la santé et cette fonction sont parfaitement rétablies dans leur état primitif.

On l'a déjà partagée en plusieurs phases, que l'on désigne sous les noms de ï° phénomènes ou symptômes précurseurs, 2° début ou invasion, 3° accroissement, 4° état, 5° déclin, 6° terminaison, 7° phénomènes consécutifs et convalescence, 8° rechutes et récidives. Toutes les maladies, cependant, ne présentent pas autant de phases, soit parce que dans les unes plusieurs phases ne sont pas assez évidentes pour qu'on puisse les distinguer nettement, évidemment, soit parce qu'elles manquent réellement dans les autres.

Les phénomènes précurseurs sont des troubles de fonctions très-vagues, inconstants, passagers et variables, qui gênent et même font souffrir le malade sans qu'il offre de maladie déterminée; qui, par leur caractère vague et inconstant, ne permettent pas d'afnrmer qu'il surviendra réellement une maladie. Autrement une véritable affection aurait déjà commencé. Dans les épidémies, cependant, les symptômes précurseurs suffisent souvent pour qu'on puisse en annoncer l'invasion avec certitude.

Les lésions physiques, proprement dites, manquent toujours de ces symptômes avant-coureurs.

L'invasion ou le début de la maladie est. le moment où elle éclate réellement, c'est-à-dire, où ses symptômes deviennent assez prononcés pour qu'il n'y ait plus de doute sur l'existence d'une maladie quelconque. Néanmoins, ces phénomènes sont loin d'être toujours assez clairs pour qu'il n'y ait plus de doutes sur l'espèce de la maladie, et le vague des symptômes précurseurs peut s'étendre au début de beaucoup d'affections aigué'^ et spontanées.

L'invasion est souvent évidente et brusque dans les lésions chirurgicales, dans les nervosies. Il n'eu est pas tlemème dans les lésions constitutionnelles, ni dans les lésions organiques. Dans les affections nerveuses et traits les maladies mentales, elle est parfois si faible, si peu prononcée dans ses symptômes, qu'on ne soupçonne même pas que ce soit !e début d'une maladie. Les symptômes alors pourraient être pris pour des phénomènes précurseurs, mais ils s'en distinguent en ee que ce sont, des troubles de l'innervation, de l'intelligence ou de l'affectivité^ qu'ils ont déjà les caractères des maladies auxquelles ils appartiennent, el qu'ils les conservent dans leur variété et leur apparente inconstance.

Bans les inflammations aiguës et les fièvres, la maladie éclate très-souvent par une fièvre particulière. Nous la nommons fièvre d'invasion parce que ses symptômes sont les mêmes, ou du moins se ressemblent tellement, quelle que soit l'espèce de maladie qui doive lui succéder, que souvent il est impossible de la prédire avec certitude, même pendant plusieurs jours de l'observation la plus attentive; parce que, d'ailleurs, celte fièvre est essentielle et non sympa* îifoïquement développée par aucune maladie locale fjei n'existe pas encore ; parce qu'enfin la fièvre d'invasion a une marche, une durée assez régulière de

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