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MARCHE DES MALADIES

quelques jours, et se termine ordinairement par une ou plusieurs inflammations locales quelconques, et quelquefois même par le retour à la santé, soit que ce retour si avantageux soit naturel, ou produit par Je traitement.

La fièvre d'invasion est caractérisée par un ensemble considérable de symptômes qui s'observent dans presque toutes les fonctions. Ce sont dans les sensations un malaise plus ou moins prononcé , un sentiment de fatigue et de brisement du corps, accompagné souvent, d'abord, d'un frisson ou d'une sensation de froid plus ou moins manifeste pour le malade ; souvent il y a en outre de la céphalalgie, de la douleur à la gorge, en avalant, lors même que la maladie ne se terminera point par une angine, des douleurs assez vives aux reins, comme cela est si commun dans la variole 5 et même dans d'autres régions. C'est ainsi qu'ayant été atteint de la variole pendant le temps de mes études médicales, je fus, deux jours avant l'éruption, tourmenté par des douleurs si prononcées dans la vessie et le long de l'urètre, que je n'avais rien trouvé de mieux, pour m'en rendre compte, que de me supposer atteint d'un calcul vésical.

Le sommeil alors est pénible, souvent agité, et ne dissipe point la fatigue et le malaise. Les mouvements sont gênés et souvent la musculation est paresseuse et affaiblie. La digestion est plus troublée encore, l'appétit est faible ou nul, quelquefois il y a de la soif. La bouche est mauvaise, le goût altéré, la bouche amère ou pâteuse, la langue blanche ou sale et jaunâtre. La digestion stomacale est pénible et longue, souvent suivie d'indigestion; dans certains cas il y a des envies de vomir, des vomissements, même sans indigestion. Parfois il y a diarrhée ou constipation. Parfois aussi la respiration est un peu gênée; il y a un peu de

toux, même de l'élernuement. La circulation , presque constamment troublée, offre plus de fréquence dans le pouls que dans l'état normal.

A la suite de la sensation de frisson dont nous avons parlé, le malade éprouve de la chaleur, parce que la calorification et la température du corps sont réellement augmentées. A ce phénomène succède souvent de la moiteur, quelquefois même une sueur abondante, surtout à la face qui est fréquemment rouge et gonflée. Dans certains cas, les veux injectés sont larmoyants; la sécrétion bilieuse est accrue et se montre dans les vomissements et les selles qu'elle provoque. Les urines, souvent, rouges, épaisses, déposent un sédiment briqueté , et deviennent promptement fétides par leur décomposition.

Cet orage dure d'un à trois jours environ, puis se dissipe graduellement ou brusquement, et alors parfois la maladie s'éteint; mais le plus ordinairement il succède sans interruption une maladie locale, un phlegmon, un érysipèle, une angio-leucite, une angine, une pleurite, une pneumonite, une fièvre essentielle typhoïde, ou une fièvre éruptive, comme la rougeole, la scarlatine, la variole. Dans les premiers cas, la maladie, de générale et essentielle qu'elle était, devient locale, se localise; dans le cas de lièvre elle reste générale, mais elle se métamorphose, en se terminant par une autre fièvre, à peu près comme une phlegmasie aiguë qui devient chronique.

Tout en commençant une maladie et lui donnant naissance, une affection ne saurait se confondre avec la maladie qui lui succède, pas plus que la suppuration et l'abcès avec l'inflammation qui les précède. Je suis obligé défaire cette remarque parce qu'on fait généralement cette confusion, comme si la succession des faits entraînait nécessairement leur

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