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INFLUENCE DES MALADIES DE L'HOMME ET DES ANIMAUX

Il y a des affections qui se transmettent par le contact immédiat des parties affectées avec certaines parties d'un homme sain. La gale, !a syphilis, la morve, la Tariole, la vaccine sont dans ce cas. Ce sont des maladies transmissibles et contagieuses immédiates. Il y en a qui se transmettent par l'intermédiaire de l'atmosphère, et sont transportables et transmissibles par l'individu qui en est atteint; telles sont la morve, la rougeole, la scarlatine, la variole, même le typhus, et peut-être la fièvre jaune et la peste, surtout cette dernière qu'on a vue si souvent transportée au loin par des navires qui n'en étaient pas le foyer primitif. Elles sont donc transmissibles, transportables et médiatemeni contagieuses. Ces maladies se distinguent par leur transmissibilité, des maladies infectieuses et miasmatiques : les fièvres putrides, typhoïdes, les fièvres intermittentes, qui ne sont ni transmissibles, ni transportables, et sont des empoisonnements miasmatiques.

La gale, que nous regardons comme une affection contagieuse, n'en mérite peut-être pas le nom, car elle paraît se développer par le passage de l'acarus du galeux, sur une personne saine, comme se développe ordinairement toute espèce de vermine. Il n'en est pas de même de la syphilis, de la variole, de la vaccine, qui se transmettent par contact immédiat ou par inoculation. Les maladies inoculables, comme la syphilis, la variole, se transmettent par un virus, par une matière particulière qui reproduit sur la personne contaminée une maladie semblable à celle d'où elle vient elle-même. Ce virus peut même, comme les venins, se transporter desséché ou par l'intermédiaire d'un

Zj74 CHAPITRE X. — CAUSES DES MALADIES.

solide qui est imprégné de ses éléments essentiels, et communiquer, par inoculation, la maladie qui l'a engendré, à de grandes distances de temps et d'espace.

Si l'on s'en rapportait à Fracastor {de Contagion., lib. 1. Genève, 1621), le père des théories sur la contagion, la transmission aurait lieu, dans certains cas, par l'intermédiaire d'un virus spécial et d'une subtilité merveilleuse, pouvant se transmettre à distance, se conserver dans les vêtements pendant plusieurs années, etc. Les auteurs modernes, beaucoup plus sévères que les anciens dans l'examen de ces questions, ont fait justice d'une foule d'anecdotes merveilleuses où l'imagination avait plus de part que l'observation rigoureuse. Cependant on ne peut contester que la contagion ne puisse s'exercer des trois manières qu'avait établies Fracastor, par contact immédiat, par l'intermédiaire de l'air (contagion médiate), et par divers intermédiaires (fomjtes)1 tels que les bardes, le linge. Mais il y a bien peu de maladies dont la transmission par ce troisième mode soit incontestable. C'est possible, à la rigueur, pour la gale et les maladies virulentes ; mais pour la fièvre jaune et la peste, ce n'est pas démontré.

Une maladie peut-elle être contagieuse dans certaines circonstances, sous l'influence d'une épidémie, dans telle ou telle localité, et ne pas l'être dans des conditions différentes? Cela n'est pas prouvé; mais le contraire ne l'est pas non plus. D'ailleurs, il est possible qu'une maladie soit transmissible à un individu et pas à un autre. Il ne suffit pas qu'une maladie soit contagieuse pour se transmettre, il faut qu'elle agisse sur une personne contagionable. Or, tous les individus le sont très-inégalement, et la puissance contagieuse est elle-même très-inégale. Ainsi on voit des gens coucher impunément avec des galeux, se

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