CHAPITRE V. — NATURE ET CLASSIFICATION, ETC
n'est pas peu embarrassé pour retrouver toutes les diverses appellations bizarres, ridicules ou absurdes qui ont été proposées pour désigner la même affection et depuis oubliées. A mon sens, ici comme partout, il ne faut citer que ce qui mérite de l'être. Assurément il est bien plus facile de citer tout sans critique et sans chois. Pour un pareil métier, l'esprit n'est pas nécessaire et le jugement est inutile. Mais comment empêcher eeux-ià de citer pour être complets, ceux-ci pour paraître savants, et d'autres pour plaire?
Citez pour éclairer, jamais pour éblouir ; Tout citer est absurde, il faut savoir choisir.
Natas&'e et ds&ssifleatioBî «les BBialadies.
La nature ou l'essence des maladies, est leur manière d'être appréciable par le jugement éclairé par l'observation des sens.
Il n'y a rien de plus vague pour la plupart des esprits que l'expression de nature ou d'essence des choses; il n'y en a point, par conséquent, sur lesquelles il soit plus nécessaire de bien s'entendre.
A chaque instant on répètequela nature des choses, leur nature intime est cachée ; que c'est perdre son temps que de chercher à la connaître, parce qu'elle est impénétrable.
S'il en était ainsi, autant vaudrait effacer du langage une expression dont le sujet serait inconnu et dont nous ne pourrions avoir aucune idée nette. Mais
il n'en est pas ainsi : l'esprit déduit irrésistiblement la nature des maladies del'ensemble des connaissances qu'il en a, comme il se fait irrésistiblement une idée de la nature des choses, d'après les notions qu'il en possède. Si, après avoir bien observé deux maladies, il trouve que leurs caractères importants sont les mêmes, il en conclut avec raison que leur nature est analogue si elle n'est identique; si leurs caractères sont différents, il conçoit que leur nature est différente, et il a raison.
Mais si, par nature intime, on veut entendre une chose dont on n'a pas d'idée et sur laquelle on n'en peut avoir, on n'a besoin d'aucune espèce de mot, car les mots ne sont faits que pour représenter des idées.
En conséquence, lorsque nous dirons que deux maladies ont une nature différente ou semblable, nous entendrons par là que leur manière d'être, appréciée par leurs caractères manifestes, est différente ou semblable.
Envisagée en elle-même, sous le point de vue le plus élevé et le plus général, la nature des maladies n'est réellement qu'un phénomène, car c'est un changement d'état des organes vivants. Ainsi, les douleurs rhumatismales ou nerveuses qui ne sont accompagnées, ni de gonflement, ni de chaleur, ni de rougeur, ni d'accélération dans le pouls, ni de changement matériel appréciable par les sens, sont assurément un changement d'état des organes qui souffrent. Il en est de même des lésions dites organiques, où il y a une altération matérielle qui s'est établie lentement dans les tissus, de même des lésions mécaniques, comme les plaies, où l'on observe une autre altération matérielle qui est la suite immédiate et instantanée d'une violence physique. Toutes les maladies,
sans aucune exception, ne sont donc bien réellement que des phénomènes, des états passagers plus ou moins durables. A l'école de Paris, où nous sommes ultra-matérialistes, nous disons volontiers que les maladies sont toujours des altérations matérielles appréciables ou non appréciables, mais cela n'empêche pas que ce ne soientdes phénomènes. On croit cependant que les phénomènes qui accompagnent les maladies tiennent toujours, en définitive, à une lésion matérielle; qu'il ne peut pas en être autrement, et, si vous en demandez la preuve, on vous répond qu'il n'y a pas d'effet sans cause. Ce n'est là qu'un préjugé et un raisonnement inexact qui, pour être généralement répété et accrédité, n'en est pas moins faux. En effet, 1° il est impossible de prouver que toutes les maladies consistent primitivement, comme les lésions physiques ou mécaniques, dans une altération matérielle, et supposer alors une altération inappréciable, ce n'est pas la démontrer-, 2° affirmer que les phénomènes non matériels d'une maladie, comme la douleur, dépendent d'une altération matérielle, c'est affirmer, sans preuve, que ces phénomènes dépendent d'autres phénomènes. En effet, les lésions organiques supposées seraient, elles-mêmes, des phénomènes, des troubles de nutrition dans les dégénérations, d'accroissement dans les hypertrophies et les atrophies, de formation dans les productions morbides; 3° d'ailleurs ces derniers troubles, qui sont des phénomènes vitaux, précédant nécessairement les lésions dites organiques, il en résulte que ces maladies viendraient elles-mêmes, d'abord, d'une lésion phénoménale vitale et non d'une lésion matérielle. Il en est toujours ainsi, pour les esprits non prévenus, à moins qu'il ne s'agisse de lésion mécanique ou physique. Voilà où la logique conduit toujours quiconque veut suivre le
raisonnement jusqu'à ses extrêmes conséquences. Mais on conçoit qu'il ne saurait conduire aux mêmes conclusions les personnes qui établissent que toute affection, tout symptôme dérive nécessairement d'une altération matérielle, qui ne se demandent pas si ces altérations ne dépendent pas elles-mêmes d'une lésion vitale antérieure, et qui arrêtent leur raisonnement avant qu'il ne soit parvenu à son terme naturel, à sa conclusion dernière.
Ainsi les maladies consistent en général, essentiellement, dans une lésion première qui en est l'élément générateur, et dans des lésions secondaires ou consécutives à la première, dont elles ne sont que les effets, les conséquences et les symptômes. Par exemple : dans laphthisie pulmonaire, tuberculeuse, dans le cancer de l'utérus, la maladie consiste réellement et essentiellement dans l'altération vitale qui produit les tubercules, qui fait dégénérer les tissus de Futésus; les lésions organiques ne sont que secondaires, et les symptômes qui succèdent aux lésions organiques ne sont eux-mêmes que des effets, effets tertiaires. On peut bien, pour la pratique, regarder la lésion organique comme la maladie première, il n'en résulte aucun inconvénient, il y a même avantage, parce qu'elle tombe souvent sous les sens; mais on s'éloignerait de la vérité, et on tomberait dans l'erreur, lorsqu'il s'agit de pathologie générale, et qu'on remonte à la réalité des choses, si l'on donnait la lésion organique comme la source primitive du mal, comme l'affection première.
11 n'est pas toujours facile de distinguer l'affection première des effets secondaires et tertiaires; cependant l'inconstance, la variabilité des lésions matérielles et des autres symptômes permettent souvent d'y parvenir. D'ailleurs les effets secondaires et ter-
tiaires sont en général proportionnés à la première, intenses ou faibles, suivant que la première est intense ou faible, et elles disparaissent aussitôt que la première vient à guérir, lorsque, toutefois, elle n'a pas produit des lésions organiques trop graves pour laisser la vie subsister.
Parmi les altérations matérielles il y en a de deux natures fort distinctes. Les unes sont produites par des violences mécaniques, comme les plaies, les fractures, et sont des lésions matérielles primitives; d'autrès se développent peu à peu, sans violence mécanique, spontanément en apparence, comme un squirrhe du sein, par une lésion des facultés de la vie, qui se fait peut-être, par un principe naturel de changement des tissus vivants, par une activité spontanée. Ces lésions sont secondaires.
Les maladies me paraissent offrir bien d'autres différences de nature ; les classes, les ordres, les genres et les espèces de la classification que nous allonsexposerbientôt, et, surtout, l'ensembleque nous en présenterons ensuite, donneront un tableau des natures diverses des maladies, car cette classification est surtout fondée, dans ses divisions principales, sur ces diversités de nature.
L'essence d'une maladie offre aussi des différences, sous le rapport de la simplicité et de la complexité de ses éléments, abstraction faite des symptômes qui les accompagnent. Nous entendons par maladies simples les affections qui ne présentent à l'esprit, dans leur essence, qu'un seul élément morbide. Telles sont les douleurs nerveuses, connues sous le nom de névralgies, quand il n'y a dans le nerf souffrant qu'une altération de sensibilité et rien de plus -, telles sont encore les maladies de la perceptivité et de l'affectivité, de l'absorption, des sécrétions,
de la nutrition, de la force formatrice. Nous disons au contraire qu'une maladie est complexe quand le fait qui la constitue, qui en est la lésion principale et fondamentale, présente évidemment plusieurs éléments divers. Ainsi une inflammation est complexe, parce que l'esprit y distingue évidemment des lésions de la sensibilité ou de la douleur, de la circulation capillaire ou de la rougeur, de la chaleur animale, divers troubles de sécrétion, et d'autres encore.
Les maladies offrent, en outre, des différences de nature suivant certains caractères , en apparence étrangers à leur essence. Ainsi elles diffèrent considérablement, suivant que, par leur étendue, elles sont locales ou plus ou moins générales. Quelle distance, en effet, n'y a-t-il pas entre une maladie circonscrite, propre à un organe, à une région, comme une plaie et une affection étendue à une foule d'organes, comme la scrofule, les fièvres graves, et la plupart des affectionsspontanées ! Tandis que la première dépend d'une lésion locale, l'autre tient à une disposition morbide générale et est une diathèse, de SkxtiQ-o'm , je dispose.
La succession des phénomènes qui constituent la maladie est elle rapide, relativement à celle des affections analogues, et à elle-même? on la dit aigùe, et chronique dans les cas contraires, de ^povoç, temps, maladie qui se distingue par sa durée.
Se montre t-elle particulièrement dans une localité déterminée ou plus fréquemment dans ce lieu que dans les autres? on la dit endémique, d'sv&jjxoç, domestique, ou d'sv, dans, et de ârjpoç, peuple, étymologie peu significative. Sévit-elle sur beaucoup d'individus à la fois? elle est épidèmique, dY-rn, sur, Sr,u.oç, peuple.
Survient-elle accidentellement, dans tous les temps, et dans tous les lieux, sur quelques individus, comme
la plupart des diverses maladies? elle est sporadique, de o-TTcs'pco, je sème ça et là, je disperse.
On distingue encore sous le nom d'héréditaires les maladies qui viennent des parents ou des aïeux; de contagieuses celles qui se gagnent par le contact, et toutes ces différences caractérisent différentes natures dans les maladies.
Ces principes posés, présentons un tableau de classification naturelle des maladies pour achever de démontrer, en abrégé, la diversité de leur essence. Il contribuera, d'ailleurs, à rendre plus intelligibles les faits que nous citerons, comme exemples et comme preuves de nos assertions, dans le cours de cette pathologie générale.
L'ensemble des affections, tant médicales que chirurgicales, peut se partager en sept grandes classes, d'après leur nature plus ou moins complexe, savoir : 1° les inflammations ; 2° les mortifications ; 3° les fonctionomorbies ou lésions fonctionnelles simples ou compliquées-, 4° les affections constitutionnelles; 5° les fièvres essentielles; 6° les lésions chirurgicales ; 7° les empoisonnements. Nous ne nous proposons cependant de décrire, dans la pathologie spéciale de cet ouvrage, que celles qui intéressent la chirurgie. Nous nous bornons à renvoyer aux meilleurs traités classiques français de médecine, pour la description des autres, afin que l'élève puisse compléter ses études pathologiques. Ce sont : le Coppendium de médecine, par Delaberge et MM. Monneret et Fleury; les traités de pathologie interne de M. Grisolle ; de M. Valleix ; des professeurs Bouillaud, Piorry, de M. Requin et de MM. Hardy et Behier, qui leur indiqueront d'ailleurs les monographies à l'aide desquelles ils pourront approfondir la pathologie interne.
CLASSE Ire. — DES INFLAMMATIONS.
Ce sont des affections complexes où l'on trouve réunis différents éléments morbides. On désigne aussi ces maladies sous le nom de phlegmasies, de cpAryco, je brûle, parce que les parties qui en sont atteintes présentent, en général, au toucher et au thermomètre une température plus élevée qu'à l'état normal. Souvent les parties enflammées sont en même temps gonflées, plus rouges, plus injectées de sang, plus sensibles que d'habitude et même douloureuses-, les sécrétions qui s'y font d'ordinaire y sont abolies, diminuées, augmentées ou altérées; des sécrétions nouvelles, soit purulentes, soit organisables ou plastiques, des rétractions, des ulcérations, des ramollissements s'y établissent très-fréquemment. Enfin, pour peu que la phlegmasie soit considérable, une fièvre sympathique survient. Cette fièvre est un trouble général des fonctions qui dépend d'une autre affection qu'elle-même, de l'inflammation locale, sans que l'on puisse expliquer cette dépendance par les liens matériels connus, qui unissent les diverses parties de l'économie les unes aux autres.
Ce trouble consiste dans l'altération des sensations qui cause du malaise, des frissons suivis de chaleur et accompagnés de faiblesse musculaire, de perte d'appétit, de soif, de digestion difficile, d'accélération du pouls, de sueur après le frisson, et souvent d'altération des urines et d'autres symptômes encore.
Les inflammations sont de toutes les affections les plus communes, les plus naturelles et les mieux connues.
Leur nomenclature est tirée en général du mot latin, grec ou français, qui sert à désigner la partie enflammée et qu'on termine en ite. Mais il y en a en-
core quelques-unes qui n'ont pas reçu de nom méthodique.
Les inflammations des tissus élémentaires généraux sont celles : 1° du tissu cellulaire ou phlegmon que l'on pourrait appeler cellularite ; 2° des membranes séreuses; 3° des synoviales ou synovialite; 4° du tissu fibreux ou ligamenteux qu'on pourrait nommer ligamentite; 5° du derme ou déraille; 6° du tissu cartilagineux ou cartilaginite ; 7° du tissu osseux ou ostéite 5 8° du tissu nerveux ou névrite ; 9° du tissu musculeux ou myosite que je n'ose pas nier. Ce sont autant d'ordres divers.
Les inflammations des organes appartenant aux diverses fonctions forment des genres et sont, pour les organes du mouvement, celles des os, du tissu ligamenteux, des synoviales, déjà nommées, celles de la moelle des os ou mèdullite, du périoste ou périostite; celle des muscles, déjà indiquée.
Pour les organes des sens, de l'entendement et de l'innervation, les inflammations sont celles de la peau déjà nommée, de la membrane muqueuse de la bouche ou stomatite, des gencives ou gengivite, de la langueouglossite, du palaisoupalatite, du pharynx ou pharyngite, des glandes parotides ou parotidite, sousmaxillaires ou sous-maxillite; celles de la membrane nazale ou narite, au lieu de coryza; celles de l'œil ou ophthalmite, de la conjonctive ou conjonctivite, de la cornée ou cornéite, de l'iris ou iritite, du sac lacrymal ou vésico-lacrymite; celles du conduit auditif externe ou otite externe, de la caisse ou otite interne ; celles du cerveau ou cérébrite, du cervelet ou cérébellite, dumésocéphaleoumésocéphalite, de la moelle épinière ou myélite, celle des nerfs déjà indiquée.
Pour les organes vocaux et respiratoires, ce sont celles du larynx ou laryngite, de la trachée ou tra-
chéite, des bronches ou bronchite, du parenchyme du poumon ou pneumonite, de la plèvre ou pleurite.
Pour les organes circulatoires les phlegmasies sont celles du cœur ou cardite, de sa membrane interne ou endo-cardite, du péricarde ou péricardite, des veines ou phlébite, des artères ou artérite, des lymphatiques ou lymphite, de leurs ganglions ou adénite.
Pour les organes digestifs, les inflammations comprennent celles de l'œsophage ou œsophagite, de l'estomac ou gastrite, de l'intestin grêle ou entérite, du gros intestin ou colite, du rectum ou redite; celles du foie ou hépatite, du pancréas ou pancréatite, de la rate ou splénite.
Les phlegmasies des organes urinaires sont celles des reins ou néphrite, des uretères (ureterite), de la vessie ou cystite, de l'urètre ou urétrite, du gland ou glandite, de préférence au mot balanite, de la prostate ou prostatite.
Enfin celles des organes génitaux de l'homme sont celles du testicule ou testiculite, de l'épididyme et du canal déférent ou épididymite, des vésicules spermatiques ou vésico-spermatite; pour les organes génitaux de la femme, celles de la vulve ou vulvite, du vagin ou vaginite, de la matrice ou métrite, de l'ovaire ou ovarite, des mammelles ou mammite.
Aux inflammations se rattachent diverses maladies qui en sont presque toujours compliquées et presque toujours la suite ; ce sont : la suppuration ou la formation du pus et les abcès qui sont des collections de pus dans les tissus; l'ulcération ou la formation i° d'ulcères, solutions de continuité peu profondes, sans tendance à la cicatrisation; 2° de fistules qui sont des conduits ulcéreux, des ulcères fistuleux plus ou moins profonds.
CLASSE IIe. — MORTIFICATIONS OC NÉCROPATHIES.
Maladies caractérisées par la diminution ou l'abolition des phénomènes vitaux.
Asphyxie générale par privation d'air respirable avec suspension ou abolition de la respiration, de la circulation, du pouls, des fonctions de relation et injection violacée des vaisseaux remplis de sang noir.
Syncope, perte de connaissance, affaiblissement ou suspension de l'innervation par défaut de sang à l'encéphale.
Engourdissement par ébranlement violent ou commotion avec insensibilité ou sensibilité très-obtuse, perte dé connaissance et du mouvement. Engourdissement par le froid.
Gangrène, mort des parties molles avec perte de sensibilité et de circulation. Nécrose, mort des parties dures et particulièrement des os.
CLASSE IIIe. — FONCTIONOMORBIES, LÉSIONS FONCTION- NELLES SIMPLES OU COMPLIQUÉES DES PRÉCÉDENTES.
Affections consistant dans la lésion d'une fonction à phénomène simple (1), qui peuvent se compliquer et se compliquent d'inflammation dans certains cas, notamment à certaines périodes de leur marche et des maladies déjà indiquées. Ces maladies com-
(1) Nous entendons par phénomène simple un phénomène qui, considéré en lui-même et abstraction faite de ceux qui en sont la cause ou les effets, paraissent simples à l'esprit; par exemple: la sensation, abstraction de la transmission sensoriale et de la perception qui la suivent; la contraction musculaire, abstraction faite de l'innervation qui la détermine. Nous entendons, au contraire, par phénomène complexe celui qui se montre évidemment composé de plusieurs actes simultanés, comme le mouvement d'un membre qui, abstraction faite de l'innervation, résulte de la contraction de plusieurs muscles et d'actions mécauiques diverses.
prennent différentes sections et différents ordres. lre section. — Affections nerveuses ou nervosies.
Ordre 1er. — Lésions de sensation ou sensationies. J'y rapporte les douleurs rhumatismales sans inflammation , le rhumatisme inflammatoire et la goutte, quoique la complication inflammatoire l'emporte ici sur l'affection rhumatique et goutteuse; les névralgies ou douleurs des nerfs qui sont précises par leur siège comme les facialgies susorbitaires, susmaxillaires , sousinaxillaires, dentaires, lescardialgies,les orchialgies, les sciaticalgies-, ou qui sont vagues comme les céphalalgies, les thoracalgies ou angines de poitrine, les gastralgies, les entéralgies, les métralgies, les mastaigiesou névralgies mammaires. J'y rapporte encore les perversions et les paralysies des sensations, comme les perversions de la vue, de l'ouïe, de l'odorat, du goût, du tact général, du tact proprement dit, etc.
Ordre 2. — Maladies de la perceptivité et de Vaffectivitè qui sont particulièrement du ressort de la médecine mentale.
Ordre 3. — Maladies de l'innervation (névroses) qui sont compliquées de lésion de perceptivité, d'affectivité, d'innervation, de contractions involontaires ou convulsions, comme l'hypocondrie, l'hystérie, l'épilepsie, l'hydrophobie, la catalepsie, l'extase, le cauchemar.
Ordre 4. — Convulsions ou contractions involontaires, fixes et toniques, comme le trismus ou serrement des mâchoires, les tétanos antérieur, postérieur, latéral ou général; mobiles et chroniques comme la chorée, le tic de la face, le tremblement partiel, de la tête, des mains.
Ordre 5. — Paralysie de la contractililè seule ou
compliquée de celle d'une ou de plusieurs sensibilités différentes.
2e section. — Affections de l'absorption sans phlegmasie, car alors elles n'en seraient que l'effet et s'y rattacheraient.
Ordre 6. — Hydropistes ; telles sont les hydropisies du crâne et du rachis ou hydrocéphale et hydrorachis, de poitrine ou hydrothorax, du ventre ou hydropéritonie, du péricarde ou hydropéricarde, de la tunique du testicule, hydrocèle ou hydrotesticulie ; des membranes synoviales ouhydarthroses, du tissu cellulaire de tout ou presque tout le corps, anasarque ou mieux hydrosarque, du tissu cellulaire d'une partie du corps seulement, œdème ou hydrosarque partiel.
3e section. — Affections de la circulation capillaire passives, que je considère comme des phénomènes morbides simples, ne connaissant pas précisément et positivement les actions qui s'y passent.
Ordre 7. — Congestions locales ou hyper èmies , d'ùirsp qui signifie augmentation, et de àjfjwc, sang.
Ordre 8. — Hémorragies ou écoulements ordinairement capillaires de sang : du nez, rinoragie ; des bronches, bronchoragie -, de l'estomac, gastroragie; de l'intestin, entéroragie-, des reins, néphroragie; delà vessie, cystoragie; dans l'intérieur des tissus, sarcoragie; dans l'encéphale, encéphaloragie; dans le parenchime pulmonaire, pneumoragie, etc.
4e section. — Affections des sécrétions ou sécrétionies.
Ordre 9. — Lésions de sécrétion liquide par excès et quelquefois avec altération des fluides, ou flux sans inflammation, autrement il faudrait les renvoyer aux phlegmasies, car alors le vice de la sécrétion dépend toujours de l'inflammation. Ces maladies sont rares et mal connues. Tels sont certains flux des bron-
ches ou bronchorrées, quelques flux intestinaux ou diarrées, les salivations mereurielles ou sialorrées, les flux bilieux ou choléorrées, la polyurie ou flux considérable de l'urine, le diabète ou glucosurie, la leucorrée ou flux vaginal, la spermatorrée ou écoulement de sperme.
Ordre 10. — Sécrétions gazeuses morbides ou pneumaloses. Maladies mal connues.
4e section. — Affections de nutrition ou nutritionies.
Ordre 11. — Les lésions organiques de l' accroissement qui ont lieu par excès d'accroissement et sont des hypertrophies, ou par décroissement des tissus et sont des atrophies, ou par perversion de développement et sont des monstruosités ou des anomalies.
Ordre 12. — Les lésions organiques de nutrition et de formation qui sont des dégénérations des tissus normaux ou des formations nouvelles celluleuses, albugineuses, graisseuses ou lipomateuses, squirreuses, cérébriformes, mélanées, colloïdes ou gélatiniformes susceptibles de dégénérer en cancer en s'enflammant, spongieuses ou fongueuses, tuberculeuses, stéatomateuses, polypeuses, enkistées, hydatiques, vermineuses, que l'on rencontre presque toutes dans les affections chirurgicales, et dont plusieurs se compliquent, aussi, d'inflammation à une certaine période de leur marche, quand elles se ramollissent, s'ulcèrent, suppurent et dégénèrent secondairement.
Toutes les maladies que nous venons d'indiquer sont ordinairement locales, circonscrites, mais les lipomateuses, les tuberculeuses peuvent être générales et affecter la plupart des tissus, des organes, comme les diathèses, les dispositions morbides générales de l'économie dont nous allons parler.