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LA FRANCS A LA VEILLE DE LA GUERRE

Télément ouvrier, dont il voulait faire une clags« propriétaire et indépendante.

Les socialistes français et allemands se réunissaient fréquem...ent dans des congrès, sans avoir jamais découvert l'abîme mental qui les séparait. Le socialisme allemand était un parti demi-gouvernemental, alors que le socialisme français rêvait, non seulement de renverser le gouvernement, mais encore de rebâtir la société.

L'amélioration du sort des travailleurs est évidemment aussi en Allemagne, le but poursuivi; mais on veut l'atteindre sans les révolutions et les bouleversements si chers à nos turbulents démagogues. L'Allemand tâche de s'adapter à la ruche sociale où il vit. Le Français veut d'abord la détruire. Le socialisme allemand est constructeur. Le socialisme latin destructeur.

Le gouvernement allemand considérait les socialistes avec une bienveillance peu dissimulée. Le gouvernement français les tenait en grande défiance, bien que généralement forcé de leur obéir.

Quant au socialisme américain, il ne ressemble pas plus au socialisme latin qu'au socialisme allemand. Notre humanitarisme, à la fois larmoyant et violent, lui est fort antipathique. L'idéal de médiocrité universelle par le nivellement des conditions et la suppression des élites, paraît fort méprisable aux socialistes des Etats-Unis. Ils ne cherchent aucunement à égaliser les conditions par l'abaissement des plus élevés au niveau des plus humbles, mais, au contraire, à exhausser les plus bas placés sur l'échelle sociale au niveau de l'élite. Le socialisme américain est, en réalité, un socialisme aristocratique.

52 PRBMiàRES CONSÉQUENCES DE LA GUERRE

Bien que les définitions théoriques qui précèdent puissent sembler sans intérêt ici, il était nécessaire ie les rappeler pour montrer de quelles prodigieuses atopies vivait le socialisme français.

Devenu uub vraie croyance religieuse, il eût fini, pour propager sa foi, par détruire entièrement la société. Elle se trouvait déjà bien ébranlée, quand la guerre est venue interrompre son œuvre néfaste.

Les leçons de la guerre auront définitivement montré à quel point étaient dénuées de valeur réelle les idées que les socialistes croyaient édifiées sur une logique rationnelle très sûre. Devant les réalités, leurs principes fondamentaux se sont effondrés. Il n'en est rien resté, ni la lutte des classes, ni l'alliance internationale des travailleurs, ni le pacifisme, ni l'évanouissement de l'idée de patrie, ni même la théorie du matérialisme historique d'après laquelle le monde était uniquement conduit par des intérêts économiques.

L'expérience a prouvé aux socialistes que toutes les forces rationnelles qu'ils invoquaient étaient dominées par des éléments affectifs et mystiques dont ils Be soupçonnaient pas la force.

On peut remarquer cependant que la guerre a réalisé plusieurs des doctrines socialistes. L'Allemagne n'a fait avec sa réglementation étroite et ses distrib\itions alimentaires que s'enfoncer davantage dans le socialisme étatiste. L'Angleterre elle-même, pays d'individualisme, s'est vue obligée de sacrifier toutes ses libertés industrielles et commerciales aux profits des intérêts généraux et d'accepter la gestion de l'État. La nécessité y a créé une organisation dont ojï peut dire qu'elle fut socialiste, bien que l'esprit go^aliste ne l'inspira nullement^ Le capitaJi««ae .v 9

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